Avec le S’cool bus, aller à l’école, c’est une teuf de ouf et c'est tous les jours. Ou presque. Les petits passagers encapuchonnés et en vêtements bien chauds et tout colorés rigolent bien, font des coucous à tous les passants, qui doivent les trouver bien chanceux d’aller ainsi véhiculés de la sorte rejoindre leur école, leur salle de classe et leur maitre et maitresse.
Service de ramassage scolaire gratuit.
C’est une sorte d’avant et d’après. Quand divertissement et sentiment de liberté riment avec joie et bonheur. Le S’cool bus, c’est pas les gosses qui l’ont trouvé au petit matin de Noel au pied du sapin, non, il sort ou doit sortir tout droit d’un cerveau à l’activité neuronique intense - ou perturbée - d’un quidam néerlandais, puisqu’il écumait les rues de Nimègue, aux Pays-Bas, quand un stagiaire rouennais qui l'avait vu, a eu l’idée de l’importer, et de parvenir à concrétiser son projet et de le proposer aux écoles et donc aux élèves de la ville de Rouen.
Les enfants d'abord.
« J’ai trouvé ça extraordinaire, mais je n’ai pas immédiatement pensé à faire la même chose en France », raconte Amaury, le stagiaire importateur de l'idée. Le déclic viendra en 2012.
De retour dans la cité normande, Amaury cherche à développer un nouveau type de transport durable. « Je voulais pousser les gens à se déplacer autrement, explique-t-il.
Et comme les enfants sont la meilleure cible pour faire changer les comportements, j’ai repensé à ce vélo-bus néerlandais. »
Edouard le chauffeur
Portables rechargeables ici et là en gare et aéroports par pédalage forcené, et souvent disgracieux, de leur propriétaire, l’on se s’improvise pas, si l’on ne s’est pas longtemps entrainé depuis tout petit, reine de la pédale, parce qu’on possède un smartphone.
Le S’cool bus, quatre roues, dix selles et vingt pédales, et assistance électrique pour les montées et cols, c’est écolo, alternatif, hilarant, innovant, durable et ce qui ne gâche bien entendu rien, ludique à souhait. Suffit de pédaler. Et tous les gosses s’y entendent. Et plus de soucis dc cartable trop lourd.
Bien entendu, ses détracteurs trouvent à redire…
" « Il s’agit d’un service de ramassage scolaire gratuit et alternatif ! »
« Moi, j’adore pédaler le matin »" s’enthousiasme Élona, du haut de ses six ans. « Ça fait les muscles, et ça réveille. »
Le S’cool bus s’enfonce dans le centre médiéval.
1,3 mètre de large sur 4 mètres de long et ses 200 kilos tout mouillé, « il passe partout, dans les rues piétonnes comme sur les axes routiers ».
Peu à peu, la petite troupe d’écoliers grossit. Emilio, Gaspard, Aimée, Antoine s’empressent de monter à bord. La ville prend des airs de parc d’attraction, et les ruelles résonnent des rires des enfants. "
" L’association vivote grâce au volontariat… et à la publicité.
Quelques sponsors s’affichent ainsi sur les bus, à renfort de bâches colorées. Sur la Toile, Kiki Lambert, du mouvement Mieux se déplacer, s’agace : « C’est un espace publicitaire propulsé par des enfants qui pédalent vaguement mais n’apprennent pas pour autant à faire du vélo. »
L’équipe justifie son choix par le manque de soutiens publics : « La municipalité traîne des pieds, elle ne nous contacte que pour nous rappeler les interdits », s’agace Chouchou.
Côté mairie, l’élue en charge de la mobilité durable assure soutenir l’initiative : « C’est un principe intéressant, complémentaire à ce qui existe déjà, qui permet d’éduquer les enfants à se déplacer autrement », explique Céline Millet.
Une rencontre avec les porteurs du projet devrait bientôt avoir lieu. "
" À Rouen, la petite troupe de Doudou poursuit son trajet entre les pistes cyclables et les rues piétonnes. À chaque intersection, tous tendent le bras vers la direction à prendre, dans une chorégraphie désordonnée du plus bel effet. « Nous les formons aussi aux règles de sécurité routière et de civilité », explique le chauffeur : ne pas se pencher, ne pas se lever (sauf pour pédaler en danseuse), saluer les passants. « Dans le S’cool bus, je n’ai jamais peur », confirme Baptiste. "
« Quand elle arrive à l’école, elle est rayonnante, sourit le conducteur. Grâce au bus, aller à l’école devient un jeu. »
« Il nous manque des financements, aujourd’hui c’est le flou économique », admet Chouchou.
« C’est sympathique mais éphémère » dit un grincheux. Qu’est ce qui n’est pas « éphémère » ?
Les deux protagonistes de l’affaire S’cool bus
« Sur le principe, nous n’avons aucune limite, tout est à inventer. »
Aller à l’école en vélo, il n’y a rien de mieux 6 novembre 2015