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Billet de blog 9 août 2014

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Ouïghours, Manifestation pour protester contre l'horrible tuerie des 27-28 juillet, dans la région de Kachgar – Yarken

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Rebiya Kadeer, Présidente du Congrès Ouïghour Mondial.

Le Turkestan oriental, situé au cœur du continent asiatique, s’étend sur 1,82 millions de km2. Le pays partage une frontière avec la Mongolie, la Fédération de Russie, le Kazakhstan au nord, le Kirghizstan, le Tadjikistan, l’Afghanistan, le Pakistan, le Cachemire et l’Inde dans le sud-ouest.

Cette région est constituée de deux bassins : au nord, le bassin de la Dzoungarie (380 000 km2) et, au sud, le bassin du Tarim (500 000 km2). Ils sont séparés par le système montagneux des Tian Shan, un des plus vastes de la planète. En effet, il couvre 1500 km d’ouest en est, sur une largeur de 200 à 300 km.

Turkestan oriental est aussi connu sous le nom de Région Autonome des Ouïghours du Xinjiang de la Chine. Il est situé au cœur de l’Asie sur la fameuse « Route de la Soie » et il été le carrefour d’échange commercial entre l’Orient et l’Occident pendant plus de 2000 ans. Le Turkestan oriental fut le berceau d’une brillante civilisation.

Avec 1,82 million de km2 et vingt millions d’habitants, le Turkestan oriental est grand comme trois fois la France, mais trois fois moins peuplé.

Depuis 1949, le Turkestan oriental a été annexé comme une province à la suite de l’invasion de la Chine communiste.

Le turkestan fournit un tiers de la production nationale en gaz naturel,  la seconde région productrice de pétrole du pays, avec 27,4 millions de tonnes de brut par an, première productrice de charbon de la République de Chine,  le Turkestan oriental concentre 40% des réserves nationales.

La région est le plus grand gisement d’uranium du pays  (10.000 tonnes) , dans le bassin d’Ili, il recèle également pas moins de 138 sortes de minerais. C’est pourquoi les experts l’appellent  « la mer de l’espoir »  de l’industrie pétrolière de Chine.

Le Turkestan oriental est aussi importante pour la Chine sur le plan géostratégique, pour permettre à Pékin de projeter son influence économique et politique vers les régions adjacentes, en Asie du Sud, en Asie du Sud-Est et au-delà vers le Moyen-Orient, et rattraper la Russie en influence (T. Kellner)

Selon les statistiques officielles des autorités chinoises, 6% de la population en 1949,  les Chinois Han sont aujourd’hui officiellement 42%,  un peu moins que les Ouïghours (45%).

Ürümchi, la capitale économique et politique de la région.

Les habitants

Le Turkestan oriental est la patrie des turcophones ouïghours et autres peuples centre asiatiques tels que les Kazakhs, les Kirghiz, les Ouzbeks, les Tatars et les Tadjiks.

Selon le dernier recensement du gouvernement chinois, la population de la région a atteint les 19,25 millions, les 7,49 millions immigrés chinois illégaux, entrés au pays depuis 1949, l’année de début de l’occupation chinoise au Turkestan oriental. (le nombre des Chinois à l’époque était de 200,000).

Les 9,6 millions d’Ouïghours constituent la majorité de la population. Néanmoins, les sources ouïghoures donnent un chiffre autour de 20 millions pour la population ouïghoure.

La frontière logique du Turkestan oriental avec la Chine est la Grande Muraille. Historiquement et culturellement, le Turkestan oriental fait partie de l’Asie Centrale, non de la Chine. Le peuple du Turkestan oriental n’est pas des Chinois, mais des Turks de l’Asie Centrale.

Les écrits témoignent que les Ouïghours ont plus de 4000 ans d’histoire au Turkestan oriental. Tout au long de l’Histoire, les ancêtres des Ouïghours et des autres peuples indigènes ont fondé des différents Etats et ont gouverné d’une manière indépendante et fleurissante dans cette terre.

Se Situant sur la légendaire Route de la Soie,  les Ouïghours ont joué un rôle très important dans les échanges culturels entre l’Orient et l’Occident et ont développé leur culture et civilisation uniques.

Dans la période préhistorique,  comme la plupart des peuples turkis, les Ouïghours ont adopté le Chamanisme, le Manichéisme et le Bouddhisme.

A partir de 1er siècle avant J.C,  jusqu’à l’arrivé de l’Islam, le Turkestan oriental est devenu le grand centre de la civilisation bouddhique.

Les premiers contacts entre les Ouïghours et les Musulmans ont ont eu lieu au début de 9ème siècle et la conversion à l’Islam commence.

Pendant la période des Kharakhanides, l’islamisation des Ouïghours a été accélérée. Kashgar, la capitale du royaume Kharakhanides est rapidement devenue le centre de l’enseignement islamique.

L’art, la science, la musique et la littérature a été développée avec les institutions religieuses. Les Ouïghours ont connu des centaines de savants-penseurs réputés et des milliers d’ouvrages importants sont écrits dans cette période. Parmi ces œuvres, il y a l’ouvrage du penseur ouïghour Yusup Has Hajip Kutatku Bilig (les connaissances pour le bonheur 1069-1070) et le Dictionnaire des Langues Turques de Mahmut Kashgarie sont les plus importants.

L’invasion manchoue

En 1759, le Royaume de Seyyid, appelé aussi Royaume de Yarkent, est envahi par l’armée manchoue qui régnait sur la Chine et le Turkestan oriental est annexé par l’Empire Manchou. Les Manchous ont utilisé ce pays comme une colonie militaire du 1759 au 1862.

Pendant cette période, les Ouïghours et d’autre Turkestanais ont manifesté contre l’ingérence étrangère dans leur pays. Pour retrouver leur indépendance, ils ont révolté 42 fois contre le régime manchou.

Finalement, en 1864, les Manchous sont expulsés du territoire et les Ouïghours ont fondé l’État de Yettishahar.

Cependant, la joie de l’indépendance n’a pas durée long temps et les Manchous ont envahi le pays de nouveau en 1876.

Après huit ans de guerre sanglante, le Turkestan oriental est annexé officiellement à l’Empire le 18 novembre 1884 et le nom du pays a cédé la place à un nom chinois « Xin Jiang » qui signifie la nouvelle frontière ou le nouveau territoire en chinois.

Régime chionis au Turkestan oriental

Après la chute de la monarchie manchoue, le Turkestan oriental est tombé dans les mains des guerriers chinois, venus dominer la province les dernières années de l’Empire Manchou.

Le gouvernement central chinois n’avait pas la main sur la région, occupé par les communistes d’un côté et par les envahisseurs japonais de l’autre.

Les Ouïghours ont réussi, par deux fois, à fonder leur État indépendant, la République du Turkestan oriental. Seulement, ces Républiques sont écrasées dans le berceau par l’intervention militaire et politique des Soviétiques.

En octobre 1949, l’Armée Populaire de Libération (APL) est entrée au pays et a mis un terme à la République du Turkestan oriental.

En 1955, les communistes chinois ont créé la Région Autonome Ouïghoure du Xinjiang.

Le régime communiste chinois peut être considéré comme les pires chapitres de l’Histoire des Ouïghours et du Turkestan oriental. Sous le régime actuel, l’existence même d’une nation ouïghoure est désormais sous la menace. Le gouvernement communiste a mené des campagnes vicieuses contre les Ouïghours et autres peuples indigènes du Turkestan oriental pour annexer totalement le pays.

Malgré toutes les campagnes brutales et destructives du gouvernement chinois contre l’identité et l’existence, les Ouïghours et les autres peuples indigènes du Turkestan oriental refuse d’être subjugué par la Chine, résistent de génération en génération contre l’occupation chinoise.

Une minorité que Pékin entend, à l’instar des Tibétains, assimiler de gré ou de force, comme l’ont montré les attentats d’août 2008, puis la répression meurtrière de juillet 2009, après de violentes émeutes opposant Ouïgours et Han (ethnie majoritaire en Chine), ainsi que les tous récents massacres de population.

Fille de parents pauvres, Rebiya Kadeer, qui a construit un véritable empire commercial, fut élue au Parlement chinois, où ses prises de position contre l’oppression du régime à l'encontre de son peuple lui ont valu les foudres du gouvernement et cette femme d'affaire, élue au parlement chinois devient  « terroriste, extrémiste, séparatiste ... » et son engagement lui valut sept ans dans les geôles d’Urumqi, la capitale du Xinjiang, dont deux dans une cellule aveugle - sans fenêtre - de 4 m2.

Chers amis,

Nous, Ouïghours de France, faisons appel à votre solidarité, car nous organisons en urgence une  manifestation pour protester contre l'horrible tuerie des 27-28 juillet, dans la région de Kachgar  - Yarken.

Il s'agit d'une manifestation pacifique, à PARIS, autour du Ministère des Affaires Etrangères et de l'Assemblée Nationale.

 Cette manifestation a pour but de protester contre le récent massacre de la population ouïghoure dans la région de Yarkant  ( Xinjiang ), notamment dans trois localités rurales voisines de cette ville : Ilishku, Handi et Noqi.  Plus de 3000 personnes d'ethnie ouïghoure, dont des enfants en bas âge, ont été tuées à l'arme automatique par la gendarmerie et la police, avec le concours de l'Armée de terre chinoise.

Cet incident, d'une extrême gravité, a motivé le bouclage de la région par les autorités chinoises, avec coupure des liaisons téléphoniques et Internet, par crainte des réactions internationales. Les liaisons par satellite fonctionnant encore ont cependant permis d'alerter des médias internationaux comme la BBC, même si les médias français le passent encore sous silence.

Une telle horreur n'est plus tolérable, et nous demandons aux autorités françaises de réagir sans délai et d'alerter les Nations Unies.

ERKIN ABLIMIT

Président de l'Association des Ouïghours de France

23 Rue Greneta, 75002 Paris
courriel : president.aof1@gmail.com

Place  du Palais -Bourbon - Samedi 09 août  2014 à 15h00-17h30

RENDEZ-VOUS DEVANT LE METRO “INVALIDES”

Manifestation à Paris, itinéraire : rue robert Esnault-Pelterie, Quai d’ Orsay

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