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Un journaliste de Sudpresse a osé l’ouvrir ? L’ouvrir … Au sujet d’une Une qui dut lui sembler un tantinet provocatrice, peut-être peu flatteuse au regard de toute intelligence déontologique, tape à l’œil et bassement mercantile. Et, plutôt pas mal insultante pour l’image du lecteur auquel cette intempestive et très bestiale accroche renvoie.
Un débat en interne qui a, semble-t-il, fait long feu, et, peut se résumer, à l’image de l’esprit de la Une en question, à un très lapidaire et peu explicatif « Viré ».
Le rédacteur en chef des journaux Sudpresse a décidé de licencier ce contestataire, qui devait l’insupporter depuis pas mal de temps, pour avoir poussé la discourtoisie salariale jusqu’à emmètre un doute quant à ce choix éditorial.
Surprise de L'association des journalistes (A.J.P.) qui en reste comme deux ronds de flan, en apprenant que le rédac-chef des journaux Sudpresse, Michel Marteau, a convoqué, mardi matin, son chef des éditions du Centre (La Louvière), Xavier Lambert, pour, deveniez-quoi, lui désigner, de son index déictique de grand Manitou à qui on en la fait pas – The big Boss is the Big Boss – et qu’on ne contrarie pas, et dont on ne discute pas les choix éditoriaux – the big boss connait sa clientèle et sait comment lui causer … - pour lui indiquer la porte.
Seules les modalités du départ resteraient à, plus ou moince .., discuter.
Dans le climat actuel d’atteinte tragique à la liberté d’expression de la presse, devant cette tentative d’ébranler et devant cette volonté planifiée de mettre à bas les fondamentaux de la nation, du pays, de la république, de la sortir de ses gonds, de la coucher à terre et la piétiner mortellement, après l’attentat sanglant et atroce qui a décimé la rédaction de Charlie-Hebdo, le licenciement d’un journaliste qui conteste un choix éditorial, ce licenciement fait sens, surprend, résonne bien lugubrement, jette une ombre inquiétante là d’où elle se doit d’être justement traquée, traquée et dénoncée.
Le chef d’édition en question, dubitatif, on le serait à moins, sur la « Une » s’en était ouvert par un mail qu’il avait destiné aux cadres, exception faite du rédacteur en chef, Michel Marteau et son adjoint, Demetrio Scagliola.
Il proposait que le débat soit ouvert au sujet du choix de cette « une ». Tout en précisant savoir que ce-faisant, il risquait gros.
" Et en effet pour le rédacteur en chef de Sudpresse, la protestation de son chef d’édition contre ce choix de titre relevait non pas de «la liberté d’expression» mais, ni plus ni moins, d’une «tentative de soulèvement de la rédaction» et entraîne, pour lui, une «rupture de confiance ». "
Sudpresse samedi titrait «Justice est faite!», avec la photo des trois terroristes et la mention «abattu ».
La mise en scène de l’épilogue tragique du massacre qui avait eu lieu chez «Charlie Hebdo » n’avait pas plu à tout le monde. Ce type de débat sur les réseaux sociaux n’était d’ailleurs pas une première. Mais enfin, ce week-end, dans le contexte à fleur de peau et meurtri sur la liberté d’expression, les réseaux sociaux avaient enregistré des protestations assez rudes.
« La blogueuse engagée, Anne Lowenthal, avait signé un billet, intitulé : « Sudpresse, le groupe charognard ».
Stephane Vanden Eede, écolo, militant de plusieurs groupes citoyens, annonçait vouloir déposer une plainte devant le conseil de déontologie des journalistes pour cette «une ». Stéphane Vanden Eede avait, par ailleurs, lancé un blog nommé «l’affaire Sud presque » le 28 décembre dernier pour démonter et dénoncer un à un les litiges déontologiques charriés par les journaux régionaux du groupe Rossel.
Contacté, le rédacteur en chef de Sudpresse n'a pas encore réagi.
Quant à Xavier Lambert, il devrait être fixé sur son sort ce mercredi matin. Il ne souhaite pas commenter les événements à ce stade. Ce jeune quadra, trois enfants, a toujours travaillé pour le groupe Sudpresse.
Pour la direction de Sudpresse, le dossier du journaliste était chargé «avant».
«Il y avait une accumulation de faits et c’est la goutte qui a fait déborder le vase. Je souligne que nous sommes totalement ouverts aux discussions en comité de rédaction» explique Pierre Leerschool, directeur de Sudpresse.
«Par contre, nous n’étions plus satisfaits ni en confiance avec Xavier Lambert depuis longtemps. Nous avons d'autres motifs de nous plaindre de lui. Ceci étant, j’entamerai ce mercredi matin une discussion avec lui et avec le rédacteur en chef pour trouver une solution».
C’est la goutte ...
Goutte qui a fait déborder le vase, consécutive à un très sanglant bain de sang qui a fait se déverser par millions les français dans les rues de leur pays pour rappeler et inscrire à nouveau dans son histoire leur attachement viscéral aux fondamentaux qu’ils entendent préserver : La liberté d’expression et son caractère sacré et absolu.