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Billet de blog 15 juillet 2015

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Le député Poisson et le Syrien

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Jean-Frédéric Poisson est le président du Parti Chrétien démocrate. Ce parti est un parti de droite, affilié à l'ex-ump, le rebaptisé Républicains. Ce parti n’a qu’un seul et unique député en la personne de son président, Jean-Frédéric Poisson.

C’est ce député qui s’est fait  remarquer en passant outre et faisant joliment  fi du politiquement normalement correct qui caractérise la politique extérieure normale de la France, et en particulier, lorsqu’il s’agit de la politique élyséenne normale vis-à-vis de Damas.

Dire Damas, c’est avoir tout dit. Et dire tout, et à peu prés n’importe quoi. Il en va de Damas comme de la Bagdad de naguère, lorsqu’étaient brandis, aux yeux du monde, tétanisé, et de ses médias aussi probablement, les preuves irréfutables, incontestables de la présence du Mal, que Bagdad détenait le feu nucléaire, ou, ne saurait, au vu de l’excellence de ses nombreux savants et chercheurs en la dite-matière fissile particulièrement propice à faire fictionner, tarder à le détenir.

L’on ne tarit, du côté officiel français, relayées par toute la presse, pas d’éloges assez abominables pour qualifier le Président Syrien. La presse mondiale s'est lâchée à coups de gros titres, à longueur de jour, de lendemain et de surlendemains insatiables de malheurs et d'horreurs.

Le peuple détruit à grands coups de missiles, de bombardements de tout genre, a réélu celui qui n’a de cesse de le bombarder. Les syriens l’ont réélu massivement. Ils ont réélu leur Président.

A destruction de masse, réélection de masse … Rien, somme toute que du très logique. M’est avis que le Bachar, l’a du trouver le moyen de faire voter les morts, c’est pas explicable autrement.

Ou alors, c’est que les Syriens, ils étaient pas bien informés de ce qu’il se passait chez eux et de ce qu’ils vivaient. Nous par contre si. On sait mieux qu’eux ! On l’a  « Vu à la TV ».

On sait bien ce qu’ils vivaient, et vivent encore, on est informé, et bien informé, s'ils savaient tout ce qu'on sait, et dans toute l’Europe, idem, et dans le monde entier, idem  … presse libre oblige. Presse libre oblige.

Radio Paris, qui n’est pas allemand, ne ment pas.

En février dernier, la visite en Syrie de quatre députés français et l'entretien de trois d'entre eux avec le Président Bachar el-Assad avaient provoqué une polémique en France, une ire terrible et sans nuance de l’exécutif français.  Pensez donc ! Une rencontre avec un dictateur !

C’est dans ce contexte que le député Jean-Frédéric Poisson s’est, probablement, joliment fait remarquer en passant outre les recommandations appuyées et obsessionnelles des chantres de l’inspiration anti-Bachar de la politique du gouvernement français, en rencontrant le président Syrien Bachar el Assad, au Palais Présidentiel, ce dimanche 12 juillet à Damas.

La rencontre a été organisée par l’association SOS Chrétiens d’Orient.

Jean-Frédéric Poisson est également, à l'Assemblée Nationale, le vice-président du groupe d'étude sur les Chrétiens d'Orient.

Les Chrétiens d'Orient n'en finissent plus de rameuter tout ce qu'ils peuvent, d'alerter le monde entier sur la tragédie sanglante qui est la leur, sur la traversée de l'horreur qu'ils endurent et la destruction dont ils sont les victimes.  Les Chrétiens d'Orient vivent l'effroi d'une communauté en proie à la vindicte criminelle d'une organisation protéiforme aux soutiens financiers et logistiques multiples pratiquant le crime contre l'humanité, comme d'autres la bienveillance.

Un entretien entre les deux hommes, le Président Syrien et le député Français, de prés d’une heure et demie. Duquel il ressort, entre autre, que le Président Syrien ne ressemble, mais alors pas du tout, à son image, à tel point que ce ne doit pas être le même … Ou la même marionnette. Ou que ses caricaturistes ont semble-t-il un peu forcé le trait.

Mais qui leur en voudrait ? Quelques centaines de milliers de morts plus tard, des millions de réfugiés, dont personne ne veut vraiment, et un pays à sac sous un feu de massacres nourris comme une mitraille continuelle qui dure depuis 4 ans.

Qui leur en voudrait ? Pas le TPI en tout cas qui juge des crimes contre l’humanité. Ah ! " Les p’tis gars qui font du bon boulot ! ", " Ces bons p’tis gars " qui en font même chez nous, " du bon boulot ! "  … Et partout … ça s’exporte le " bon boulot ". C'est une valeur sure, une valeur refuge ...

C'est une sorte de variable démocratique à caractère démographique. Et géographique. C'est un bon coup de bistouri qui se décide bien en amont. Longtemps avant. C’est une … comment dire, une qualité, un savoir, une expertise très courue, qui s’exporte bien, vouée à l’export.

Le député français, qui a rencontré samedi le chef du Parlement syrien Jihad al-Laham, a souligné « la nécessité de coopérer avec le gouvernement syrien pour mettre fin au terrorisme », toujours selon des déclarations citées en arabe par l'agence officielle syrienne.

Il a précisé que « la stabilité de la Syrie aura des répercussions positives sur la région et sur l'Europe ».

« Cela ne se réalisera qu'en soutenant l'État syrien et à travers le dialogue avec le président Assad pour mettre fin à la crise en Syrie », a précisé le député des Yvelines selon Sana.


Le président Bachar el Assad a de son côté souligné « l'importance du rôle que jouent des hommes politiques et parlementaires sages en France et en Europe en général dans la rectification des politiques occidentales à l'égard de la Syrie [...] qui se sont avérées être un échec ».

Il a réitéré, comme à chaque fois qu'il s'exprime sur le sujet,  que le soutien des puissances occidentales aux Syriens qui se sont révoltés contre son régime en 2011 a permis au terrorisme de se propager finalement  jusqu'en Europe.

En Europe où les choses ne feraient que commencer ...

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