Les prostituées grecques rejoignent le parlement européen pour rembourser la dette en nature.
Bruxelles - A l’appel de plusieurs associations de gauche et de l’amicale grecque des travailleuses et travailleurs du sexe, plusieurs centaines de prostituées grecques sont actuellement en cours d’embarquement dans des avions sur l’aéroport international d’Athènes afin de rejoindre le parlement européen où elles comptent proposer un remboursement de la dette en nature aux ministres de l’Eurogroupe.
De nombreux appareils ont été affrétés afin de transporter les quelques centaines de travailleuses du sexe et leurs collègues masculins, en activité ou à la retraite, afin de participer à l’effort de sauvegarde de leur pays, la Grèce.
Elles espèrent ainsi non seulement dénoncer les conditions inacceptables imposées par l’Europe à la nation grecque mais également renflouer ‘en nature’ une partie de la dette en proposant leurs services tarifés aux parlementaires européens.
Les souteneurs grecs, patriotes émérites, ont, de leur côté, accepté de ne prendre aucun pourcentage sur les gains bruxellois.
Les vols doivent atterrir en fin de journée afin que toutes les femmes, et les quelques hommes, soient à pied d’œuvre dès le mardi matin, dernier jour de l’ultimatum posé par l’Europe, le FMI et la Banque Européenne.
Un jeune homme offre une bourse à une hétaïre (courtisane) assise. Derrière elle se tient une jeune femme avec une plemochoé. Peliké attique à figures rouges de Polygnotos, vers 430 av. J.-C. Provenance : Rhodes, Camiros. Musée archéologique national, Athènes, n°1441.
Courtisane et son client, péliké attique à figures rouges de Polygnote, v. 430 av. J.‑C., Musée national archéologique d'Athènes
Le retour de la Grèce attique ! Et de sa tragédie qui accoucha de l'Occident ... Belle leçon, et quelle façon plus magistrale et tonique de renouer avec les origines ...
Les prostituées grecques rejoignent le parlement européen pour rembourser la dette en nature
On savait la patrie d’Homère, d'Ulysse, d'Achille et d'Agamemnon, et de Patrocle, ce cher Patrocle, nourrir en son sein, plus que n'importe quelle autre terre, les plus beaux des guerriers, les plus grands des sculpteurs, les plus fous des penseurs, des philosophes de la sagacité et de l'amour, on savait cette terre montagneuse creusée de grottes sur les murs desquels défilaient, comme au cinéma dont ils inventaient le principe, des ombres qui se prenaient pour l'incarnation sensible de la pulsion de la vraie vie, on savait des histoires de tonneaux et des agapes qui reviennent avec les saisons, terre de banquets à n'en plus finir, où l'on disserte et où l'on boit, et où l'on boit encore en dissertant encore au plus prés du beau et tout jeune musicien qui, de sa lyre fait tomber, laisse aller, choir, comme feuilles à l'automne rougies d'embonpoint, une à une et régulières les sons, les notes du temps qui s'écoule ...
On savait aussi, à l'écouter, dans Lysistrata, pièce en un acte - Athènes et Sparte sont en guerre et les femmes de guerriers ont en marre - qui repose sur " Pour arrêter la guerre, refusez-vous à vos maris ", on savait qu'Aristophane savait bien, lui, et tant de grecs aussi, que les femmes, ce sont les seules à être assez folles et assez sages pour refaire le monde. Et qu'elles inventent la paix perpétuelle ... On le savait ... ! Mais l'on n'en finit pas de le redécouvrir ... Quelle leçon !
L' " Allons banquetter Femmes, et, sauvons la patrie " en est la suite, écrite quelque deux mille ans plus tard.
Scène de Banquet. Coupe attique, v. 480 av. J.-C. (musée du Louvre)
On savait ses tragiques inégalés et inégalables, on les savait intrépides et rusés, et qu'ils tutoyaient les Dieux qu'il leur arrivait de parfois rudoyer quand ils ne leur donnaient pas entièrement satisfaction alors qu'ils leur avaient abondamment sacrifié et avec un grand respect pour ces petites histoires qu'ils avaient entre-eux, parfois pleines de vilénies, mais qui ne regardaient pas les hommes, même si, nombre d'entre-eux et parmi les plus admirables, étaient issus, pour moitié d’eux-mêmes, d'un des nombreux habitants et maitres de l'Olympe, d'où parvenaient des éclats de voix tonitruants et des éclairs qui recouvraient pour un temps, plus ou moins long, les terres, la péninsule, ses contreforts et montagnes, ses plaines et ses villes de nuées, sombres, violacées, et qui crachaient les traits de la mort parmi les plus courageux, les plus aimés des dieux, au désespoir d'Athéna, mais, un genou encore à terre, ne s'avouaient pas vaincus et tout au fond de quelque part au coin de l’œil rougis par le sang et la souffrance, rêvaient de victoire finale, l’entrevoyaient même par delà, comme au travers d'un prisme ou d'une lentille colorée, l'opacité sanglante qui leur troublait la vision.
Les hommes à terre, la patrie en danger, des hauteurs de l'Olympe, Vénus, inspirée par une idée soufflée à son oreille par Athéna, toutes deux furieuses et inquiètes de tant adversité et de trahison, arrachait, après lui avoir fait moult promesses de lui demeurer à l'avenir fidèle, arrachait à Zeus, le très jaloux, la permission de mobiliser les femmes et de les envoyer au combat.
Les prostituées sont bien décidés à se faire entendre, même la bouche pleine, et leur porte-parole, Xénia Kosalotakis, 75 ans, qui a été obligée de reprendre du service pour arrondir sa petite retraite mise à mal par les précédentes réformes, entend bien ne pas quitter la Belgique sans avoir vidé les bourses des banquiers qui sont, le dit-elle, responsables de la crise grecque.
Vieille prostituée serrant contre elle sa jarre de vin, IIe siècle av. J.-C., Glyptothèque de Munich
Dominique Strauss-Kahn est en route vers Bruxelles pour participer au défilé dans les rues de la ville puis aux festivités qui auront lieu à l’issue. Il en appelle aux ministres de l’Eurogroupe et demande à ce qu’un tarif unique, sur la base de celui de la Fête du Cinéma, soit institué, afin de faciliter les transactions.
Une musicienne de banquet (cf. la lyre) se rhabille sous les yeux de son client tondo d'une coupe attique à figures rouges d'Euphronios v. 490 av. J.C. British Museum
Vénus Capitoline, copie de l'Aphrodite de Cnide, œuvre de Praxitèle dont la maitresse, l'hétaïre Phryné, est le modèle. Musée du Louvre