Jean-Luc Mélenchon : " Je récuse le « débat » Poutine ou pas Poutine. Mon action a le but suivant : je suis opposé à la guerre qui se prépare contre la Russie. Totalement. Irrémédiablement ! Oui, je suis en campagne contre le danger de cette guerre ! Je dis bien : en campagne.
La seule arme dont je dispose est ma parole, mes écrits dont j’essaie de faire des outils de désintoxication. Je n’ai pas choisi la polémique et l’outrance des attaques qui me sont faites. Je les subis. J’attends de mes amis qu’ils ne les relaient pas.
Et pour les plus courageux, qu’ils viennent m’aider dans le but que je poursuis : lutter contre la préparation de la guerre avec la Russie. Mes adversaires sont toujours les mêmes sur ce sujet comme sur tous les autres, les mêmes journalistes, les mêmes médias. Mais aussi les mêmes esprits qui se trompent de sujet : ce n’est pas du degré de détestation contre moi mais de la guerre dont il est question. Notez bien : aucun de ceux qui m’accablent n’en parle !
Ou alors seulement pour désigner Poutine comme ennemi principal du contexte. Cette attitude revient à une contribution de fait à la préparation de la guerre. La méthode contre moi est toujours la même : le dénigrement personnel et, bien sûr, l’assignation au « camp adverse ».
Le grand Jaurès était lui aussi décrit comme un agent allemand parce qu’il combattait la préparation de la guerre dont il savait qu’elle serait mondiale. Beaucoup d’entre nous ont déjà été repeints en agent de Saddam Hussein, en ami de Bachar el Assad ou de Kadhafi chaque fois que nous avons refusé la guerre qui, parait-il, devait tout régler, tout arranger. Le spectacle du monde fait de la paix un enjeu ! Il faut jeter ses forces dans cette partie dont dépend la civilisation humaine ! Pas de guerre avec la Russie ! "
" Je réitère mon alerte ! La préparation matérielle et psychologique de la guerre contre la Russie est évidente. Il s’agit pour moi du projet d’une partie des décideurs aux USA, dans le cadre d’une géopolitique dont j’ai mille fois fait la description. Elle pourrait même résulter d’enchaînements incontrôlés tant le nombre et la position de personnages incontrôlables sont grands dans cette région.
La guerre avec la Russie serait un désastre sans rapport avec le chaos déjà semé en Irak, en Afghanistan, en Somalie, par les nord-Américains. La Russie est une grande puissance militaire et pas un pays sans défense. L’affronter serait une catastrophe pour la civilisation humaine toute entière.
De plus, pour les Européens et surtout pour nous Français, la Russie est un partenaire. Et les BRICS sont le véritable point d’appui face à l’ordre du monde actuel. Tout cela et ma thèse sur une nouvelle alliance militaire altermondialiste sont présentés dans les deux livres que je viens de citer. J’admets bien évidemment qu’on ne me suive pas dans mes raisonnements, mais je note qu’ils sont nombreux ceux qui les font comme moi dans le monde des analystes les plus divers politiquement. " J.L M.
L’armée russe conduit des manœuvres d’une ampleur exceptionnelle.
Missiles balistiques déployés à Kaliningrad, au cœur de l’Europe, bombardiers stratégiques en Crimée, soldats dans l’Arctique: l’armée russe conduit des exercices militaires d’une ampleur exceptionnelle visant à montrer aux Occidentaux, notamment à l’Otan, qu’elle est prête à tous les scénarios sur fond de crise ukrainienne.
Cette démonstration de force se déroule depuis une semaine aux quatre coins de la Russie, de l’enclave russe de Kaliningrad frontalière de la Pologne, de la Lituanie et du Bélarus, aux Kouriles, ces îles russes que revendiquent le Japon, en passant par l’Arctique et la Crimée, péninsule ukrainienne qui a rejoint la Russie il y a tout juste un an.
Et pour les experts russes interrogés par l’AFP, elle vise plusieurs objectifs à court et à long terme: répondre au déploiement de 3.000 soldats américains pour trois mois dans les pays baltes, au renforcement décidé en février par l’Otan de la défense de son flanc oriental avec la création d’une nouvelle force de 5.000 hommes, et plus généralement à l’hypothèse envisagée par Moscou d’une montée en puissance militaire des Etats-Unis en Ukraine.
« La Russie et l’Otan font l’étalage mutuel de leur savoir-faire et de leur agilité », résume l’ancien général russe Evgueni Boujinskiï pour l’AFP. « C’est une démonstration des capacités militaires de la Russie, de son renforcement militaire », estime le politologue Nikolaï Petrov. « Il s’agit de montrer que tout va bien, que tout est en ordre, de notre côté », ajoute-t-il.
Navires de guerre, défense anti-aérienne, blindés, bombardiers stratégiques: tout l’éventail de l’arsenal militaire russe est mis en bran le. Les exercices ont commencé en fin de semaine dernière par le déploiement de 8.000 artilleurs en Crimée et dans le sud-ouest de la Russie, près de la frontière avec l’Ukraine.
Au même moment, quelque 200 tankistes s’entraînaient à assiéger une ville dans le centre de la Russie. Dès lundi, la démonstration de force a pris de l’ampleur avec le déclenchement d’exercices militaires surprise impliquant le déploiement de 38.000 soldats pour la seule région stratégique de l’Arctique.
Parallèlement, des bombardiers stratégiques Tupolev 22-M3 à long rayon d’action, en mesure de porter des ogives nucléaires, ont atterri en Crimée. Et dans la région de Pskov, près de la Lettonie, des unités de parachutistes se sont entraînés de nuit à prendre le contrôle d’un territoire tandis qu’à plus de 7.000 km à l’est, 500 soldats étaient déployés sur les îles Kouriles pour un exercice de riposte à une attaque ennemie.
Pour les seules régions du nord et de l’ouest de la Russie, plus de 80.000 soldats, 10.000 pièces d’armement et de transport, des dizaines de navires de guerre, de sous-marins et plus de 200 avions et hélicoptères participent aux exercices.
C’est évidemment le déploiement de batteries de missiles Iskander à Kaliningrad qui a suscité le plus de craintes en Europe. Ces missiles « peuvent atteindre la moitié des capitales européennes, ils peuvent atteindre Berlin », a déclaré jeudi à Bruxelles la présidente lituanienne Dalia Grybauskaite, dénonçant une « démonstration de muscles et une agression ».
Pour sa part, le gouvernement polonais estime que ces manœuvres visaient à faire pression sur les Européens avant une réunion à Bruxelles sur les sanctions en cours contre la Russie. Jeudi soir, les chefs d’Etat et de gouvernement des 28 se sont mis d’accord pour prolonger ses sanctions économiques jusqu’à la fin de l’année.
L’Otan, et au premier chef les Etats-Unis, suivent attentivement ces exercices.
« Ce qui m’intéressait, c’était de voir qu’ils peuvent déployer 30.000 personnes et 1.000 chars à un endroit très rapidement. C’était sacrément impressionnant », a déclaré vendredi le général Ben Hodges, commandant des forces terrestres de l’Otan, selon des déclarations de son service de presse.
L’expert militaire indépendant Pavel Felguenhauer estime pour sa part que le Kremlin étudie tous les scénarios, y compris celui d’une détérioration de la crise en Ukraine où les Etats-Unis et les Occidentaux « interféreront » militairement, poussant la Russie à se préparer à une confrontation nucléaire. Dans ce scénario catastrophe qui a tout de la fiction, la Flotte du Nord de la marine russe devrait empêcher les sous-marins américains et britanniques d’approcher de la mer de Barents où se trouvent les sous-marins d’attaque nucléaires russes. L’armée russe « occuperait le nord de la Norvège et l’Islande pour empêcher les Etats-Unis d’envoyer des renforts en Europe au moment où des troupes russes occuperaient les pays baltes ».