pierre guerrini

Abonné·e de Mediapart

604 Billets

3 Éditions

Billet de blog 27 avril 2015

pierre guerrini

Abonné·e de Mediapart

Vin, la France derrière la Chine

pierre guerrini

Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Le vignoble chinois qui, il ya peu, représentait 4 %  des vignes de la planète est devenu, en 2014, le deuxième vignoble du monde avec ses quelques 800.00 hectares.

Deuxième derrière l'Espagne en tête du peloton, et devant la France, a indiqué lundi l'Organisation internationale du vin (OIV).

Il ya fort à parier, vu la performance en crescendo continuel, que le géant asiatique, qui dame le pion à tous dans tous les domaines,  ne réussisse une échappée en solo dans les années à venir.

Il y a peu pour la Chine à 4%, c’était en l’an 2000. Elle convole actuellement, donc, en juste concurrence,  à prés de 11,12, % avec notre voisin ibérique.

L'Espagne reste largement en tête pour les surfaces cultivées avec plus d'un million d'ha (1,021 million) devant la France (792.000 ha) et l'Italie (690.000)

Bien-sûr les choses n’en sont pas arrivées là, c'est-à-dire, à un effacement de la primauté hexagonale dans la production vinicole, n’en sont pas arrivées là toutes seules.

Le Chinois y a mis du sien, c'est sûr, et on sait son acharnement et sa ténacité à arracher jusqu’aux moindres, les parts de marché, et à, in fine, l’emporter.

Mais imputer la réussite de la Chine aux seuls talents de sa viticulture, au demeurant qualitativement pas franchement pire que la nôtre-hexagonale, serait s’exonérer à bon-compte  - pas si bon – de l’aide apportée dans la course aux tops des ventes par un sensible débrayage de la production viticole française.

C’est, en effet, directives européennes oblige, un double mouvement inversé qui a provoqué la percée de l’un des concurrents et la baisse de l’autre.

Pédale douce et petite dégringolade commerciale française mais symboliquement bien cruelle.

En Chine et en Amérique du Sud principalement, les vignobles voient se poursuivre la croissance de leur expansion. Toujours selon l'OIV.

En revanche l'Union européenne continue  - mais ne sommes-nous pas, nous européens, coutumiers, hélas, du fait -  de réduire ses surfaces qui atteignent 3,4 millions d'ha (soit un recul de 21.000 ha).

Entre 2008 et 2011, l'Union européenne avait adopté un plan de régulation du potentiel de production qui l'a amenée à diminuer de 94.000 ha en moyenne chaque année la surface de ses vignobles.

Ces deux dernières années ce sont principalement l'Italie et le Portugal qui ont poursuivi cet effort avec des baisses respectives de moins 15.000 et moins 5.000 ha par an.

L'on appelle " effort " la propension d'une éconmonie européenne à se couler. En d'autres temps, on eût dit " se saborder ".

Pas de réductions en vue pour la Chine qui s’est engouffrée dans la brèche. Dans toutes les brêches ...

En 2014, 104 millions d'hl (hectolitres) de vin ont été exportés à travers le monde soit une hausse de 2,5% en un an, principalement au bénéfice de l'Espagne (+22% en volumes), premier exportateur mondial devant l'Italie et la France.

Le Chili et l'Australie, qui ne souffrent d’aucunes restrictions et n'ont à fournir aucun effort non-plus, sont respectivement les 4e et 5e exportateurs mondiaux.

La consommation aurait  accusé un léger recul, estimée à 240 millions d'hl pour 2014 (soit -2,4 millions d'hl).

Mais ce sont les Etats-Unis les premiers consommateurs au monde. Dont le terrible concurrent dorénavant chinois va se faire, on l’imagine aisément, un plaisir, un immense plaisir un brin sardonique, d’abreuver la soif …

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.