Corse, la paillote coranique

 

Alors que la Corse est littéralement lynchée dans la presse nationale et internationale ce matin, mais ne sait-on pas à qui appartiennent tous ces titres, qui, tous en parfaite synchronicité de ton et d'esprit, organisent, en faisceaux, le feu nourri de leurs unes respectives, un dossier complet et officiel, les quelques chiffres qu'il met en exergue d'une réalité terrifiante, absolument sidérante, et jusque là, passée étrangement sous silence, de ce qui, dans l'hexagone continental, est devenu, devenu ... Quoi ?  ...

Quoi ?  ... La norme, un fait de société, l'acte manqué d'une société, un simulacre premier et avant-coureur de guerre civile, une tentative de suicide d'une société qu'il faut défendre, d'une société de victimes, de coupables, de coupables de quoi ? ..." On ne nous fera pas confondre le bourreau et la victime " disait à Claire Parnet, Gilles Deleuze. 

D'une société coupable, comme le sont les femmes sexuellement agressées, les femmes qui se taisent, motus et bouche cousue par les fils de l'horreur vécue, et, qui, malgré elles, englouties dans les pénombres de l'être traumatisé et déconstruit, confortent, par leur silence, leur agresseur dans la monstruosité destructrice d'un acte qui sera réitéré, sans fin, réitéré encore et encore, selon le bon vouloir des caprices pulsionnels, sans que la loi ne s'en mêle jamais donc plus ... ? 

Le peuple corse est l'entité historique du peuplement de l’île.

Les tibétains des très hauts plateaux du toit du monde possèdent dans leur adn un gène particulier  - récemment décelé par les scientifiques - qui leur permet de résister aux très basses températures et de palier à la raréfaction de l’oxygène.

Le temps et les conditions de vie forgent des spécificités.

Nombre de corses descendent de " la même mère ". Il y a chez nombres d'eux un adn mitochondrial identique. A tel point qu'un juge qui relaxait des insulaires dit " Ces corses sont tous des clones ".

Les corses se connaissent entre eux, et l'adage qui veut que si deux corses ne se connaissent pas, ils ont en partage une connaissance commune.

Pas étonnant que des groupes humains soudés par l'histoire et le temps, une géographie et qui ont en commun des spécificités d'ordre multiples, tissus familiaux aux liens très imbriqués dans toute l’Île, conservation dans le patrimoine des familles des biens et liens avec le lieu d'origine des familles selon leur patronyme ...- il faudrait y consacrer un ouvrage - réagissent de concert pour défendre les leurs.

La Corse est la seule région qui n'attaque pas ses pompiers, aucune agression déclarée, aucun véhicule détruit, aucune journée d'ITT et le rapport date de 2013, par contre ...

Je vous laisse le plaisir de lire et découvrir les chiffres pour les autres départements ... Édifiants.... 

Le rapport complet ici : http://www.inhesj.fr/sites/default/files/files/ondrp_ra_2014/ft_pompiers_cr.pdf

" Parmi les 1569 sapeurs-pompiers agressés en 2013, on compte 833 professionnels, soit une part de 53,1%. Les volontaires agressés représentent 37,8% de l’ensemble avec 594 personnels agressés et les militaires 9,1% (142 personnels agressés) ... "

" Notons que la Brigade de sapeurs pompiers de Paris (BSPP) présente un taux de plainte proche de 100% (96,1%) " ...

 " En 2013, quatre départements ont un taux d’agression pour 1000 sapeurs-pompiers supérieur à 25 atteintes, il s’agit de la Haute-Saône, du Vaucluse, du Rhône et des Bouches-du-Rhône (respectivement 25,3, 26,7, 33,7 et 36,4 agressions pour 1000 sapeurs-pompiers) "

 " En 2013, les 1569 agressions de sapeurs-pompiers ont donné lieu à 1864 journées d’arrêt de travail. Le nombre d’arrêts de travail a augmenté (+ 47,2%) par rapport à l’année précédente où les 1234 agressions avaient donné lieu à 1266 journées d’arrêt de travail. " 

 

941025-10156320136090065-8054458253718586808-n

 "  Je suis stupéfait de voir des statistiques sur les agressions contre les pompiers... Comment en est-on arrivé à ce que les pompiers puissent se faire agresser en accomplissant leur métier (d'utilité publique)?  Et que dire de ces politiques qui n'ont jamais combattu ce fléau alors qu'il fallait le tuer dans l’œuf... "  s'indigne un commentaire.

Bien entendu, tout cela ne serait, peut-être, pas arrivé, du moins pas dans ces proportions là, dans de telles proportions, c'est à dire avec une telle amplification de mise en perspective de proportions en constant crescendo, avec une telle montée en puissance, si, derechef, la région Corse n'avait pas, " comme si c'était par mégarde ", n'avait pas échappé, brutalement et inopinément, à l'escarcelle jacobine de ceux qui n'auraient jamais imaginé  - c'est dire leur outrecuidante claire-vision de la chose politique ! -  que cela pût survenir.

Depuis, l'on sonne, de partout, le tocsin, et tous de rabattre, et tous de ratsmeuter, tous les renifleurs des enzymes de la haine qui court de se retrouver nez au vent, comme des chiens fous, truffes en l'air, et qui aboient à tout va. A tout va et bruyamment ...

Et parce que la Corse est traditionnellement liée à la musique, finissons ce billet, dédicacé au corps héroïque des sapeurs-pompiers, pompiers qui de par le monde sont l'objet de fêtes, d'honneurs, d'amour et d'un infini respect, finissons ce billet en musique, avec le groupe I Mantini.

 

I Mantini - Brûler la paillote © Johnnie Walker

 

 

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.