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On sait les Corses très sensibles à la notion d'honneur.
Et, quand bien-même cette affirmation devait faire se lever ou naitre, ici et là, même à peine esquissées, moues dubitatives et autres signes d'incrédulité, la littérature, qu'elle soit le fait de brillants écrivains et poètes dont l'ile ou sa diaspora regorgent, ou de non-moins habiles bretteurs des mots et fins analystes de la chose corse, ou, attachés à elle, mais originaires de contrées aussi diverses que parfois lointaines à fort lointaines, dans l'espace et ou le temps, la littérature, sinon l'histoire de ce peuple et les documents qui en rendent compte, à eux-seuls, sauraient la vérifier et la valider.
Et l'honneur qui vient de leur être fait est à la mesure de leurs ambitions et de leurs appétits de parfaire, par l'exemple, offert au monde, de la concrétisation de leur réussite en les nombreux domaines où ils tentent d'exceller, de parfaire et de souligner d'une concrétude accomplie la volonté dont ce peuple a fait montre, au mois de décembre 2015, quand, renouant avec l'épisode Paoliste de son indépendance, il porta sur les fonds baptismaux de l'exécutif, les figures et symboles emblématiques et représentatifs de sa volonté de recouvrir sa liberté.
Les corses sont un très vieux peuple. Un peuple très ancien.
Déjà sur les cartes qui figuraient grossièrement le monde quand le monde était encore dans sa jeunesse, dans sa toute première jeunesse - ou du moins dans sa toute première jeunesse connue - déjà présents sur les cartes les plus anciennes - et que l'on reconnait au premier coup d’œil à leur dessin approximatif - qui nous soient parvenues.
Déjà, du temps des peuples des mondes de l'antique Sumer aux Hittites en passant par les magiciens Chaldéens, des Étrusques aux peuples des contrées nordiques, les Corses.
Peuple insulaire protégé par sa situation géographique, peuple de montagnards tournés longtemps vers la montagne plutôt que la mer, très méfiants envers les espaces maritimes d'où venait, toujours, à tire de voiles quelle qu'en soit la forme, le danger, nourris au bon grain de la résistance acharnée - déjà chez Homère - ce peuple, vestige vivant et chantant de temps reculés, a, comme les progrès qui sont infinis de la science, sauront peut-être, un jour, le révéler, son empreinte, tel celle d'un fossile antédiluvien dans la roche, son empreinte incrustée dans la nacre du temps.
Peuple qui, le premier dans l'histoire des peuples, promulguera la première constitution dont le Préambule premier servira de panache à toutes les révolutions qui le porteront au fronton de leurs édifices et en première place de leurs constitutions.
Et comme quoi l'Histoire a de la mémoire, et retient les chemins de jadis qu'elle empruntait et qui lui permirent de s'écrire en lettre d'or sur fond d’immortelle intemporalité et de bonheur des peuples, aujourd'hui encore, magistral coup de projecteur, à l'image de naguère, quand, il y a plus de deux cent ans, 32 ans après la constitution corse, exemplaire constitution démocratique dont tous les les peuples du monde devenues libres s'inspireront, constitution qui institue la séparation des pouvoirs, le vote des femmes et promeut une justice égale pour tous, 32 ans après, la phrase prémonitoire, qui, un demi siècle plus tard, sera reprise par tous les révolutionnaires du monde, « Les hommes naissent libres et égaux en droit », 32 ans après la révolution corse, les États-Unis d’Amérique adopteront l'esprit de la Constitution corse et son préambule.
Et les États-Unis s'en souviennent, qui, par le passé, ont baptisé 7 villes américaines de noms corses « Paoli », « Corsica », « Corsicana » ... aujourd’hui, l'administration Obama invite à la Maison Blanche ces Corses de la modernité contemporaine, acteurs dynamiques d'une histoire qui s'écrit - malgré les flots tumultueux des tempêtes sur lesquelles le " pays-étranger-et-ami ", marâtre dominatrice, qui se l'était accaparée par la force et dans le sang, ne manqua pas de la précipiter maintes et maintes fois, malgré les embuches invraisemblables et criminelles qui n'auront pas manquer non plus de trop souvent l’ensanglanter - et dont le souffle, porteur de liberté et d'espoir, porteur d'inespéré, est parvenu outre-atlantique, souffle ailé ressenti jusque, vieille connaissance par delà les siècles, dans le saint des saints de la Bannière-étoilée.
Et Alex Bertocchini , pour la radio-corse, Alta Frequenza, de commenter :
" Ce n’est pas encore la visite officielle du Premier représentant de la Corse à un Président des États-Unis, mais la visite de Gilles Simeoni hier jeudi à Washington revêt un caractère très particulier."
C'est à l'occasion de la projection d'un film documentaire remarqué par le Président Obama que le Président des États-Unis décidera d'organiser une projection à la maison blanche et d'y convier les protagonistes corses.
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Aux côtés de Paul Rognoni, président de la société de production Mareterraniu (deuxième à gauche), et de Paul-Antoine Simonpoli, directeur de production, Gilles Simeoni, président de l'Exécutif de Corse, Sébastien Simoni, président de Femu Quì et Jérôme Pietri, cofondateur de webzinemaker, ont passé les dernières 48 heures aux États-Unis. Doc Corse-Matin
Il s'agit du film " The Sevent Fire " de Terrence Malick, dont le directeur est Jack Petitbone Riccobobobo, les deux producteurs exécutifs Nathalie Portman et Chris Eyre, coproduit par la société insulaire Media-Terranu, et dont le sujet et le propos sont la culture des gangs et (de) la délinquance chez les Amérindiens.
Sur fond de délinquance, de culture de la violence, de trafic de drogues, un chef de gang de Native-American, de la tribu Objiway qu'il porte dans son cœur, le chef Rob Brown reprend de la prison pour la cinquième fois et cornaque, à sa façon et comme il pense devoir le faire, Kevin, son petit et tout jeune protégé sur lequel il projette ses rêves et qu'il investit de la charge de les réaliser. Crise, gangs, obsession. Obsédante quête du comment s'en sortir ?.
Le film avait été présenté, en première mondiale, au Festival international du Film de Berlin, millésime 2015.
" Ce n’est pas tous les jours que l’on peut franchir le seuil de la Maison Blanche. Et quand l’occasion s’en présente, il faut bien sûr la saisir. Elle était offerte par la mobilisation des Corses de New York et le succès de l’œuvre cinématographique co-produite par Paul Rognoni et Paul Antoine Simonpoli qui a été primée par l’administration Obama dans le cadre de sa politique en faveur des populations primitives."
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Pour Gilles Simeoni, le Président de l'Exécutif corse, cette projection est importante :
« C'est la reconnaissance du travail de jeunes producteurs corses. Ce film de qualité, qui a suscité l'intérêt de la Maison Blanche et de Barack Obama, parle de la délinquance dans les réserves indiennes. Or, le sort fait aux Amérindiens nous intéresse. C'est un évènement culturel et cinématographique de première importance. Je suis fier d'y participer. C'est, aussi, un message d'espoir et de créativité lancé aux jeunes Corses. C'est, enfin, une chance et l'occasion de porter aux États-Unis la voix de la Corse, la voix d'une île de la Méditerranée qui, elle aussi, a envie de construire un destin de démocratie et de liberté ».
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Le film a été suivi d'un débat en présence de l'équipe du film, des représentants des Indiens et du Congrès américain.
Gilles Simeoni et les membres de la délégation corse ont donc été reçus, à la Maison Blanche, dans " The Indian Treaty Room " par Karen R. Diver, l'assistante spéciale du Président Barack Obama pour les " Native American Affairs ".
" Du jamais vu, la Corse appréciée pour son cinéma !!! Et pas qu'un peu, son " Seventh Fire " a pris à New York, juste sensationnel pour qu'on la félicite sur son Campusplex. Fini le tango corse, maintenant il y a la danse circulaire du Sacred Spirit Corse. "
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" La présence de Gilles Simeoni aux côtés de la société Mediterraniu, qui a co-produit " the Seventh Fire ", film-documentaire sur les difficultés sociales d’une tribu indienne, a eu un impact important en Corse. Pour l’opinion insulaire, ce choix de médiatiser l’image d’une Corse nouvelle et conquérante, allant au devant de sa diaspora pour en mobiliser les potentialités, correspond à une forte attente. "
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« Mobiliser la diaspora et l'impliquer dans le projet que nous sommes en train de construire pour la Corse, est un enjeu politique important » dira Gilles Simeoni, reçu par la très active et dynamique communauté corse new-yorkaise qui compte quelque 3000 membres.
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" Gilles Simeoni était accompagné par les deux dirigeants-fondateurs de la société CampusPlex, Sébastien Simoni et son associé Jérôme Pietri, dont l’activité est pleinement engagée dans la révolution de l’internet. A Campusplex travaillent 40 informaticiens, en plein cœur d’Aiacciu, sur des activités diverses autour d’internet comme la création d’applications pour les mobiles (GoodBarber désormais n°5 mondial dans son secteur dont une filiale vient d’être créée aux USA).
Sébastien Simoni est aussi le nouveau président de Femu Quì, qui est à la base d’un grand projet numérique pour mettre la Corse à l’heure de l’intelligence artificielle.
Femu Quì veut se placer au cœur d’une stratégie nouvelle grâce à l’internet, ses formes de financement participatif, en créant des liens structurés avec sa diaspora qui pourront lui permettre de résoudre son problème permanent de « masse critique » pour les projets qu’elle soutient.
Ce voyage en Amérique avait donc pour objet de porter l’image d’une Corse Nouvelle tout en jetant les bases d’une stratégie économique incluant les apports de la diaspora corse.
Les rencontres programmées avec les organisations corses outre-Atlantique ont permis de nouer les premiers liens pour réussir un tel projet.
Il se construira progressivement, mais il était bon qu’il soit mis en avant dans le cadre d’une initiative largement médiatisée avec le Président du Conseil Exécutif de la Collectivité Territoriale de Corse.
Ce coup de projecteur donné depuis la Maison Blanche permet de faire comprendre que l’avenir de la Corse peut se construire autrement qu’en suivant les perpétuels chemins balisés entre la Corse et Paris. " François Alfonsi