Comme un crachat sur un grill

Napoléon traversant la Bérézina Huile sur toile de Janvier Suchodolski, 1866, Musée national de Poznań Napoléon traversant la Bérézina Huile sur toile de Janvier Suchodolski, 1866, Musée national de Poznań

 

 « Poutine, qu’on l’aime ou pas, est un homme d’État avec une capacité d’action et de décision permettant d’administrer sa nation. Les années Eltsine furent des années de chaos et d’anarchie dans l’ex-URSS incapable de se réformer, de fonctionner et d’assurer un minimum de prospérité à sa population.

C’est à cette période sombre que le volontarisme de Poutine a mis fin. C’est ce qui explique sa popularité. Poutine qu’on l’aime ou pas… se fait une certaine idée de la grandeur de la « Russie ».

Il n’y a là rien d’insurmontable diplomatiquement et en aucun cas de quoi transformer la Russie en un ennemi que l’on devrait combattre par les armes. »

Charles SANNAT

 

« Afin de survivre et de conserver son rôle de chef de file sur la scène internationale, les Etats-Unis ont désespérément besoin de plonger l’Eurasie dans le chaos et de couper les liens économiques entre l’Europe et la région Asie-Pacifique… la Russie est le seul pays à l’intérieur de cette zone d’instabilité à avoir le potentiel d’offrir une résistance. Il s’agit du seul Etat qui est prêt à affronter les Américains. Miner la volonté politique de la Russie à organiser une résistance … est d’une importance vitale pour les Etats-Unis. »
  Nikolaï Starikov

« Notre premier objectif est de prévenir la ré émergence d’un nouveau rival, que ce soit sur le territoire de l’ancienne Union Soviétique ou ailleurs, ce qui ferait peser une menace identique sur l’ordre [mondial] à celle que posait auparavant l’Union Soviétique. C’est le facteur dominant sous-jacent dans la nouvelle stratégie de défense et cela exige que nous nous efforcions d’empêcher toute puissance hostile de dominer une région, dont les ressources, sous son contrôle effectif, seraient suffisantes pour générer une puissance mondiale. »

- La Doctrine Wolfowitz, version originale du Guide de Planification de la Défense, rédigé par le Sous-Secrétaire à la Défense Paul Wolfowitz, et transmis au New York Times le 7 mars 1992

Les Etats-Unis ne veulent pas une guerre avec la Russie; ils pensent simplement qu’ils n’ont pas le choix. Si le Département d’Etat n’avait pas lancé un coup d’état en Ukraine pour renverser le président élu, Viktor Ianoukovitch, il aurait été impossible pour les États-Unis de s’insérer entre la Russie et l’UE, et ainsi, de perturber les routes commerciales vitales qui étaient en train de renforcer les nations sur les deux continents.

L’intégration économique de l’Asie et de l’Europe  -  y compris les plans d’un train à grande vitesse depuis la Chine [La Nouvelle Route de la Soie] jusqu’en UE -  pose un danger clair et immédiat pour les Etats-Unis dont la part dans le PIB mondial continue à se réduire et dont l’importance dans l’économie mondiale continue de diminuer. Ignorer ce nouveau rival  (UE-Russie)  reviendrait pour les Etats-Unis à jeter l’éponge et à accepter un avenir dans lequel ils devraient faire face à une graduelle mais constante érosion de leur pouvoir et de leur influence dans les affaires du monde.

Personne à Washington n’est prêt à laisser cela se produire, et c’est pourquoi les Etats-Unis ont lancé leur guerre par procuration en Ukraine.

Les Etats-Unis veulent séparer les continents, « empêcher l’émergence d’un nouveau rival » , installer un péage entre l’Europe et l’Asie, et se positionner comme le garant de la sécurité régionale.

À cette fin, les Etats-Unis sont en train de reconstruire un Rideau de Fer le long des centaines de kilomètres qui vont de la Mer Baltique à la Mer Noire.

Des chars, des véhicules blindés et de l’artillerie sont envoyés dans la région pour renforcer une zone tampon autour de l’Europe, afin d’isoler la Russie et pour créer un terrain propice à une prochaine agression étasunienne. Des rapports sur l’équipement lourd et le déploiement d’armes apparaissent dans les médias presque quotidiennement, même si ces nouvelles sont généralement omises dans la presse US. Un résumé rapide de quelques-uns des récents titres de presse aidera les lecteurs à saisir l’ampleur du conflit qui se développe dans l’ombre:

« Les USA, la Bulgarie organiseront des exercices militaires dans les Balkans« , « L’OTAN entame des exercices en Mer Noire« , « L’armée a envoyé encore plus de troupes et de chars en Europe », « La Pologne demande une plus grande présence militaire étasunienne« , « Un convoi militaire de l’Armée étasunienne envoyé sur 1.600 kilomètres à travers l’Europe« , « Plus de 120 chars étasuniens et véhicules blindés arrivent en Lettonie », « Les USA et la Pologne organiseront des exercices sur les missiles en mars – Pentagone »

Comprenez-vous ?  Il y a une guerre, une guerre entre les Etats-Unis et la Russie.

A noter également comment la plupart des titres de presse soulignent l’implication étasunienne et non pas de l’OTAN. En d’autres termes, les provocations contre la Russie proviennent de Washington, et non pas de l’Europe. C’est un point important. L’UE a soutenu les Etats-Unis sur des sanctions économiques, mais elle n’est pas du tout prête à s’engager dans des préparatifs militaires le long de son périmètre.

C’est l’idée de Washington, et le coût est assumé par les seuls Etats-Unis. Naturellement, déplacer des chars, des véhicules blindés et de l’artillerie au travers du monde est un projet coûteux, mais les Etats-Unis sont tout à fait disposés à en payer le prix, si cela les aide à atteindre leurs objectifs.

Et quels sont les objectifs de Washington?

Il est intéressant de noter que même les analystes politiques situés à l’extrême droite semblent d’accord sur ce point. Voyez par exemple cette citation du PDG de STRATFOR, George Friedman telle qu’il l’a résumée dans une récente présentation au Conseil des Affaires Étrangère de Chicago :

« L’intérêt primordial des Etats-Unis, pour lequel pendant des siècles nous avons fait la guerre  - la Première, la Deuxième, et la Guerre froide - a été la relation entre l’Allemagne et la Russie, parce que unies, ce sont les seules forces qui peuvent nous menacer. De façon à s’assurer que cela ne se produise pas … »

Marie-france Garaud ne déclarait-elle pas tout derniérement : " La France n’est plus un État : « Nous sommes dans le IVe REICH » – Marie-France Garaud. 

Si la formule peut paraitre excessive, elle n'en met pas moins l'accent sur la formidable santé de l'économie allemande et sur sa position dominante et hégémonique au sein de l'Europe de Bruxelles.

L’Ukraine n’a rien à voir avec la souveraineté, la démocratie ou l' agression russe,  le tsunami médiatique de la prétendue agression russe. Tout cela n’est que de la propagande. C’est une question de pouvoir. Il s’agit de l’expansion impériale. D'une tentaculaire mosaique d'expansion coloniale. Il s’agit de sphères d’influence.  Voir, entre-autres exemples, Joe Biden-Jr et les gaz de Schiste en Ukraine.

Il s’agit de conjurer l’irréversible déclin économique. Tout cela fait partie du monde géopolitique de la terre brûlée - où on ne fait pas-de-prisonniers - dans lequel nous vivons, basé sur les rapports de force, et non pas du faux Disney-world créé par les médias occidentaux.

Le Département d’Etat US et la CIA ont renversé le gouvernement élu d’Ukraine et ont ordonné à la nouvelle junte de lancer une guerre désespérée d’extermination à l’encontre de son propre peuple, à l’Est, parce qu’ils estimaient qu’ils n’avaient pas d’autre option. Si le plan ambitieux de Poutine visant à créer une zone de libre-échange entre Lisbonne à Vladivostok était allé de l’avant, où en seraient les Etats-Unis ?

Dehors dans le froid, c’est là qu’ils seraient. Les Etats-Unis allaient devenir une île isolée d’importance déclinante dont les énormes déficits de la balance commerciale et le niveau stratosphérique de la dette nationale auraient pavé la voie à une brutale restructuration, à un déclin du niveau de vie, à une inflation galopante et à un essor de l’agitation sociale. Peut-on vraiment croire que Washington aurait laissé cela arriver, alors qu’il dispose d’une « rutilante » machine de guerre d’un billion de dollars?

En outre, Washington estime qu’il a un droit historique à régner sur le monde ; c’est bien ce à quoi il faut s’attendre quand le sentiment de puissance et d’orgueil atteignent leur phase terminale. Voyez par exemple cet extrait d’un article de l’économiste Jack Rasmus publié par CounterPunch :

« Derrière les sanctions, l’objectif des Etats-Unis est que la Russie quitte l’orbite économique européenne. L’Europe était en train de devenir trop intégrée et dépendante de la Russie. Il s’agissait non seulement du gaz et des matières premières, mais aussi des relations commerciales et des flux de capitaux qui allaient s’approfondissant sur de nombreux fronts entre la Russie et l’Europe, avant que la crise ukrainienne ne fournisse le prétexte à l’introduction de sanctions.

L’intégration économique croissante de la Russie avec l’Europe menace à long terme les intérêts économiques des capitalistes étasuniens. Stratégiquement, le coup d’Etat précipité des Etats-Unis en Ukraine peut être vu, par conséquent, comme un moyen de provoquer une intervention militaire russe, ce qui est l’événement nécessaire afin d’approfondir et d’élargir les sanctions économiques qui permettraient finalement d’en finir avec la croissance des relations économiques entre l’Europe et la Russie sur le long terme.

Ce qui permettrait non seulement de garantir aux USA que leurs intérêts économiques en Europe demeurent dominants, mais également d’ouvrir de nouvelles perspectives de profit pour les intérêts étasuniens en Europe et aussi en Ukraine…

Quand les règles du jeu de la concurrence entre les capitalistes se brisent totalement, le résultat, c’est la guerre - qui est la forme ultime de la concurrence capitaliste. »

Voyez-vous?  Les analystes de droite et de gauche sont d’accord. L’Ukraine n’a rien à voir avec la souveraineté, la démocratie ou l’agression russe. C’est le vieux plan du coupe-gorge géopolitique, où le dernier homme qui reste debout, l’emporte.

Les États-Unis ne peuvent pas permettre à la Russie de récolter les bénéfices de ses vastes ressources disséminés sur tout l'ensemble de son immense territoire. Elle doit être châtiée, elle doit être brutalisée, elle doit être sanctionnée, isolée, menacée et intimidée. C’est comme ça que le système fonctionne.

Le truc du marché libre, c’est juste des bobards pour le petit peuple. Qui dispose de la force dispose des libertés qu'elle autorise.

La Russie va devoir faire face à des guerres chaotiques et fratricides sur ses frontières et à des « révolutions colorées » turbulentes dans sa capitale. Elle devra résister à des représailles de la part de ses partenaires commerciaux, à des attaques sur sa monnaie et à des complots pour la déposséder de ses recettes (pétrolières). Chute magistrale des cours du baril.

Les Etats-Unis vont faire tout ce qui est en leur pouvoir pour envenimer les choses, diaboliser Poutine, pour retourner Bruxelles contre Moscou, pour saboter l’économie russe.

Diviser et régner, telle est la devise. Qu’ils se prennent tous à la gorge : les Sunnites contre les Chiites, une ethnie ukrainienne contre une autre, les Russes contre les Européens. C’est le plan de Washington, et c’est un plan qui n’échoue jamais.

Les éminences grises étasuniennes sont convaincues que la récession économique aux USA ne peut être arrêtée qu’en revendiquant l’Asie Centrale, en démembrant la Russie, en encerclant la Chine, et en détruisant tous les plans d’intégration économique entre l’UE et l’Asie.

Washington est déterminé à l’emporter dans ce conflit existentiel, à affirmer son contrôle hégémonique sur les deux continents, pour conserver sa position en tant que seule superpuissance dans ce monde.

Seule la Russie peut en empêcher les États-Unis et nous pensons qu’elle le fera.

Mike Whitney, le 18 mars 2015

George Friedman, "Europe: Destined for Conflict?" © The Chicago Council on Global Affairs

éléments de texte.anglais

Nick Brand: My name is Nick Brand and I am the director of the corporate programs at the Chicago Council on global affairs and thank you all for joining us this evening. I like to take this opportunity to welcome George Friedman to the Chicago Council. I believe it is his first time here, so thank you so much for being with us.  

George Friedman: No place is really pacific for very long, I mean neither the United States, we have constant wars ok. Europe will I suspect not return to the 31 years but it will return to humanity, they will have their wars, they will have their peace, they will live their lives. It will not be a hundred million death but the idea of the European exceptionalism I think is the one suffering the first death.

There will be conflict, there was conflict in Yugoslavia and there is certainly conflict now in Ukraine. As to the relationship to the United states, we no longer have a relationship with Europe. We have a relationship with Romania, we have a relationship with France, there is no 'Europe' to have a relationship with.  

Nick Brand: Yes, the gentleman in the fourth row over here.  

Question from the audience: Is islamic extremism really the major threat to the United States and will it die on its own or will it keep growing. 

George Friedman: it is a problem to the United States, it is not an existential threat. It has to be dealt with, but it has to be dealt with proportionately. We have other foreign policy interests.

So, the primordial interest of the United States over which for centuries we have fought wars, the first, second and cold war has been the relationship between Germany and Russia. Because united they are the only force that could threaten us, and to make sure that that doesn't happen.

If you are an Ukrainian, it is essentially to reach out to the only country that will help you, which is the United States. Last week, about ten days ago, General Hodges, commander of the 'US army Europe' visited Ukraine,  he  announced that US trainers would now be officially coming, not just unofficially coming.

He actually pinned medals on Ukrainian fighters, which by protocol of the military actually is not the way, foreigners don't get to pin on medals, but he did. Showing that this was his army,  he then left and in the Baltics announced that the United States would be prepositioning: armour, artillery, and other equipment in the Baltic's, Poland, Romania, and Bulgaria, which is a very interesting point.

So the United States, and now yesterday the United States announced that it will be sending weapons.

Tonight of course they denied it, but they are, weapons will go. In all of this the United States has acted outside of the context of NATO. Because NATO has to have a hundred percent vote and anyone country can veto anything. And the Turks will veto it just for 'giggles'.

The point is that the United States is prepared to create a 'cordon Sanitaire' around Russia, and Russia knows it, Russia believes that the United States intends to break the Russian Federation. I think that as Peter Lory put it, we don't want to kill you, we just want to sort of hurt you a little bit“. Either way, we are back at the old game, and if you go ask a Pole or a Hungarian or a Romanian, they live in a totally different universe from a German, and they live in a totally different universe from a Spaniard.

So there is no commonality in Europe. But if I were Ukrainian, I would do exactly what they are doing, try to draw the Americans in.  

Nick Brand: Alright, next question please.  

George Friedman: The United States has a fundamental interest, it controls all the oceans of the world, no power has ever done that. Because of that, we get to invade people and they don't get to invade us, that is a very nice thing.

Maintaining control of the sea and control of space is the foundation of our power. The best way to defeat an enemy fleet is to not let it be built. The way the British managed to make certain that no European power could built a fleet is to make sure that the Europeans were at each others throats. The policy that I would recommend is the one that Ronald Reagan adopted toward Iran and Iraq. He funded both sides, so they would fight each other and not fight us.

This was cynical, it was certainly not moral, it worked. And this is the point: the United States cannot occupy Eurasia, the moment the first boots hits the ground, the demographic differential is that we are totally outnumbered. We can defeat an army, we cannot occupy Iraq, the idea that 130.000 men would occupy a country of 25 million.

Well the ratio in New York of cops to citizens was greater than we had deployed in Iraq. So, we don't have the ability to go across, but we do have the ability to first: support various contending powers so they are concentrated on themselves with political support, some economic support, military support, advisers and in extremis do what we did in Japan, I mean in Vietnam, in Iraq and in Afghanistan. With spoiling attacks, the spoiling attack is not intended to defeat the enemy, it is intended to throw them of balance. What we did in each of these wars, in Afghanistan for example we threw Al Qaida of balance.

The problem we have since we are young and stupid is that having thrown them of balance instead of saying 'ok, job well done, let's go home'. We said 'well that was easy, why don't we build a democracy here'.

This was the moment of dementia that came in.

The answer therefore is, the United States cannot constantly be intervening throughout Eurasia. It must be selectively intervening and very rarely, that is the extreme moment, we cannot as the first step send American troops. And when we send American troops, we have to truly understand what the mission is, limit to that and not to develop all sorts of psychotic fantasies.

So hopefully we have learned that this time, it takes a while for kids to learn lessons. But I think you are absolutely right, we cannot as an empire do that. Britain didn't occupy India, it took various Indian states and turned them against each other and provided some British officers for an Indian army. The Romans did not sent vast armies out there, it placed kings. Various kings were created under the emperor and those kings were responsible for maintaining the peace, Pontius Pilate was one example. So empires that are directly governed by the empire like the Nazi Empire failed. No one has that much power. You have to have a level of cleverness. However, our problem is not yet that, it is actually admitting that we have an empire. So we haven't even gotten to that point were we don't think that we can go home and it will be over and done. So we are not even ready for chapter three of the book.  

Nick Brand: Next question please. Yes the gentleman right here in the fourth row.  

Question from audience: So, I infer from your comments that the euro as a currency will not survive.  

George Friedman: The question on the table for the Russians is will they retain a buffer zone that is at least neutral or will the West penetrate so far in the Ukraine that they are 70 miles away from Stalingrad and 300 miles away from Moscow.

For Russia, the status of Ukraine is an existential threat, and the Russians cannot let go.

For the United States, in the event that Russia holds on to the Ukraine, were will it stop?

Therefore it is not an accident that General Hodges, who is been appointed to be blamed for all of this, is talking about prepositioning troops in Romania, Bulgaria, Poland and the Baltic's. This is the Intermarium, from the Black Sea to the Baltic, that Pilsudski dreamed of. This is the solution for the United States.

The issue to which we don't have the answer is what will Germany do.

The real wild card in Europe is that as the United States builds its cordon sanitaire, not in Ukraine, but to the west, and the Russians try to figure out how to leverage the Ukrainians out, we don't know the German position. Germany is in a very peculiar position, it's former Chancellor Gerhard Schröder is on the board of Gazprom, they have a very complex relationship with the Russians.

The Germans themselves don't know what to do, they must export, the Russians can't take up the export. On the other hand, if they lose the free trade zone, they need to build something different. For the United States, the primordial fear is Russian capital, Russian technology, I mean German technology and German capital, Russian natural resources and Russian manpower as the only combination that has for centuries scared the hell out of the United States.

So how does this  play out?

Well, the USA has already put it's cards on the table. It is the line from the Baltic's to the Black Sea. For the Russians, their cards have always been on the table, they must have at least a neutral Ukraine,  not a pro-western Ukraine. Belarus is another question. Now, whoever can tell me what the Germans are going to do is going to tell me about the next 20 years of history.

But unfortunately the Germans haven't made up their mind. And this is the problem of Germany always, enormously economically powerful, geopolitical very fragile and never quite knowing how to reconcile the two. Ever since 1871, this has been the German question, the question of Europe.

Think about the German question, because now it is coming up again, that is the next question that we have to address, and we don't know how to address it, we don't know what they are going to do.

 

De la vision politique et humaine  ( honnie par l'Amérique ) de l'Europe de De Gaulle qui, sur la base d'un accord avec l'Allemagne y incluait la Russie - jusqu'à l'Oural - pour peu qu'elle changeât, à l'époque, de régime, à la réalité affirmée et dénoncée, en 1996, par Mitterrand :  « Nous sommes en guerre avec l'Amérique ... Une guerre permanente ... Une guerre sans mort. Ils sont très durs, les Américains. Ils sont voraces. Ils veulent le pouvoir sans partage sur le monde »,  il y a un monde, tout un monde, qui, s'il s'avére que la chose est seule rentable, ne pèse pas plus qu' un crachat sur un grill.

 

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