pierre guerrini

Abonné·e de Mediapart

604 Billets

3 Éditions

Billet de blog 30 septembre 2015

pierre guerrini

Abonné·e de Mediapart

C'est la fête des droits de l'homme : Au programme : Décapitation d'un jeune homme chiite de 21 ans.

pierre guerrini

Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

          Du coup, si les femmes ont un devenir femme, les hommes aussi ont un devenir femme.

                                                      Blaise Cendrars, dans " Bourlinguer ", passage dans lequel l'auteur initie l'ami étranger et le lecteur aux milles et un délices inouïs des innombrables alcools de France, de Navarre et de partout ailleurs du monde qu'on trouve Rue de Rivoli, Chez la Veuve Moreau.

  ou

             "  L' inassouvissement pharamineux et pharaonique des désirs  "

                                                La Danse  Cendrars

 " Gilles Deleuze : On commence par soi et, dans la mesure où l’on est privilégié et qu’on vit dans un pays riche, on se dit : " comment faire pour que la situation dure ? ".

On sent bien qu’il y a des dangers, que ça va pas durer, tout ça, que c’est trop dément ...  mais comment faire pour que ça dure. On se dit : les chinois, ils sont loin, mais comment faire pour que l’Europe dure encore, etc...

Être de gauche, c’est l’inverse. C’est percevoir...

...

Donc, tu vois d’abord à l’horizon ... Et tu sais que ça ne peut pas durer ...  Que ça n’est pas possible ... Ces milliards de gens qui crèvent de faim... Non, Ça peut durer encore cent ans, j’en sais rien, mais faut pas charrier... Cette injustice absolue...

Ce n’est pas au nom de la morale : c’est au nom de la perception même !  Si on commence par le bout, par savoir donc et, d’une certaine manière, appeler de ses vœux et considérer que ce sont là les problèmes à régler...  Et ce n’est pas se dire simplement :  " il faut diminuer la natalité " parce que ça, c’est une manière de garder les privilèges de l’Europe.

C’est pas ça. C’est vraiment de trouver les arrangements, les agencements mondiaux qui feront que... En effet, être de gauche, c’est savoir que les problèmes du tiers monde sont plus proches de nous que les problèmes de notre quartier. C’est vraiment une question de perceptions. Ce n’est pas une question de belle âme ! Non, C’est ça, d’abord, être de gauche, pour moi.

Et deuxièmement, être de gauche, c’est être par nature  - ou plutôt devenir, c’est un problème de devenir -  C’est : ne pas cesser de devenir minoritaire.

C’est dire que la gauche n’est jamais majoritaire en tant que gauche.

Et pour une raison très simple : c’est que la majorité, c’est un truc qui suppose un étalon. Même quand on vote, ce n’est pas tellement la plus grande quantité qui vote pour telle chose... 

En occident, l’étalon que suppose tout majorité, c’est : homme, adulte mâle citoyen des villes. C’est ça, l’étalon.

Or, la majorité est par nature l’ensemble qui, a tel moment, réalisera cet étalon, c’est-à-dire l’image sensée de l’homme adulte, mâle, citoyen des villes. Si bien que je peux dire que la majorité, ça n’est jamais personne. C’est un étalon vide. Simplement, un maximum de personnes se reconnaissent dans cet étalon vide. Mais, en soi, l’étalon est vide.

Alors, les femmes vont compter et vont intervenir dans la majorité ou dans des minorités secondaires, d’après leur groupement par rapport à cet étalon.

Mais à côté de ça, il y a quoi ?  Il y a tous les devenirs qui sont des devenirs minoritaires ! Je veux dire : les femmes, ce n’est pas un acquis. Elle ne sont pas femmes par nature. Les femmes, elles ont un devenir femme.

Du coup, si les femmes ont un devenir femme, les hommes aussi ont un devenir femme. On parlait tout à l’heure des devenirs animaux. Les enfants, il ont un devenir enfant. Ils ne sont pas enfants par nature. Tous ces devenirs-là sont des devenirs minoritaires.

Claire Parnet : Il n’y a que les hommes qui n’ont pas de devenir homme... C’est dur.

G.D. : Ah ben non : c’est un étalon majoritaire.

C.P. : c’est vide.

G.D. : L’homme mâle adulte, il n’a pas un devenir. Il peut devenir femme, alors il s’engage dans les processus minoritaires.

La gauche, c’est l’ensemble des processus de devenirs minoritaires.

Donc, je peux dire, à la lettre : la majorité, c’est personne, la minorité, c’est tout le monde. C’est ça, être de gauche : savoir que la minorité, c’est tout le monde. Et que c’est là que se passent les phénomènes de devenir.  Gilles Deleuze

Je suis un monsieur qui en des express fabuleux traverse les toujours mêmes Europes et regarde découragé par la portière, le paysage ne m’intéresse plus mais la danse du paysage danse paysage, Paritatitata, je tout tourne ...  Cendrars, la Danse

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.