« Une journée ordinaire d'un chômeur engagé ».

Il est huit heures vingt-cinq, nous sommes le vendredi matin. Le temps s'est radouci..., éclairci..., et ça me rend de bonne humeur... ! Une fois n'est pas coutume.., me dirait ma femme et ceux qui me connaissent si bien. C'est vrai que le froid humide de ces derniers jours nous ont bien éprouvés, car il est tombé d'un coup.

Il est huit heures vingt-cinq, nous sommes le vendredi matin. Le temps s'est radouci..., éclairci..., et ça me rend de bonne humeur... ! Une fois n'est pas coutume.., me dirait ma femme et ceux qui me connaissent si bien. C'est vrai que le froid humide de ces derniers jours nous ont bien éprouvés, car il est tombé d'un coup. Mais les fleurs de notre beau camélia bordant notre terrain, sont déjà, en partie, écloses. C'est beaucoup trop tôt..., et ça me fait me demander ce qu'il va advenir de ces si belle couleurs rougeoyantes se dessinant sur cette ravissante campagne landaise, lorsque que le printemps pointera le bout son nez... ?La télé en fond sonore et visuel, je tente d'expliquer difficilement, en dédramatisant, à mes enfants, qui la regarde innocemment, comment est ce qu'un capitaine d'un grand bateau, a pu laisser, abandonner ses responsabilités, et provoquer un tel drame. Là n'est pas mon sujet non plus. Alors que ma méthode de compréhension de ce qu'est devenu aujourd'hui le traitement, la classification, les enjeux émotionnels de l'information, me conduit à comparer toutes ou presque les sources émettrices de cette information, un air bien connu et diffusé sur une des chaînes d'information continue. Une émotion joyeuse, exaltante et forte naît en moi. Elle se traduit en une irrépressible envie de battre la mesure avec un pied. Finissant ma tentative d'expliquer les contradictions si complexe de notre société actuelle, à nos deux enfants de neuf ans et demie et cinq ans et demi, le sourire rayonnant de l'ainé m’interpelle. Regardant mon pied battre la mesure alors que son frère le taquine, en chahutant énergiquement, il me demande..., qu'est ce qui me réjouit de la sorte. Je lui explique, en allant chercher sur internet le titre exact et la version précise de cette magnifique chanson..., que ça vient de me donner une idée intéressante. C'est « Barry White » que je leur fait écouter. Son morceau intitulé « You're the first, the last, my everything » de l'album « the ultimate collection » de 2010, et pas un autre. Si c'est ce morceaux là..., c'est parce que la virtuosité de l’envolé de cette voix si extraordinaire que possède cet artiste, au moment où il entonne le premier refrain, m'apporte un tel flot d'émotion toutes plus riches les unes que les autres, que même la plume..., les mots..., peuvent difficilement, les traduire. Submergé par un élan frénétique de traduire les émotions de cette chanson diffusée sur l'ordinateur, mon second pied se met..., lui aussi..., à battre la mesure. Enjoués par cette situation inédite et cocasse, nous nous mettons tous les trois à danser et chanter voir crier notre joie. Cette complicité, fugace...,entraînante..., détermine la tache de ma journée de réflexion et apporte à mes tendres petits cette bonne humeur que j'ai tant de mal à communiquer si souvent.

 

Il est huit heures trente maintenant. Le bus scolaire venant chercher les enfants du quartier arrive. Mes enfants tous contents de ce moment partagé, montent réjouis et plein d’entrain dans ce bus qui les amène à l'école de beaucoup de savoir (savoir général, savoir collectif, savoir vivre en société, etc...). Ce ramassage scolaire est bien utile à tous ces parents qui travaillent et s'arrangent, tant bien que mal, avec leurs horaires. Il est aussi indispensable à tous ces parents qui cherchent du travaillent et font des économies de bout de chandelle en limitant leurs déplacements. Ils aussi capital, ces transports en commun, pour cette campagne forestière qui essaie..., d’intégrer ces notions rationnelles de l'écologie et du social avec, entre autres choses..., le tri sélectif des déchets courants, le développement des transports inter- communaux. Alors..., oui..., certains pourraient dire que nous ne sommes pas natifs de cette région... et que de ce fait..., nous ne pouvons nous y identifier... ! « M'enfin » comme dirait « Gaston », je m’égare..., Juste pour en finir...,nous travaillons..., vivons..., échangeons..., participons..., intégrons cette région..., territoire..., commune..., village... ! Pour en revenir à nos moutons..., et bien gardés ceux-ci..., mes enfants sécurisés dans cette institution souffrant de bien des maux aujourd'hui..., me manquent déjà... ! J'ai du boulot à faire et chercher du boulot est aussi du travail. J'ouvre ma boite mail afin de trouver enfin la réponse à ma « télécandidature » déposés deux jours plus tôt. Je cherche..., depuis presque un an..., depuis ma sortie réussie d'un centre de formation AFPA ( que je salue et remercie énormément ) un emploi de technicien dessinateur. Les télécandidatures du site de « pôle emploi » sont bien pratiques pour présélectionner la multitude des demandes d'emploi. Quoique ce filtre supplémentaire complique considérablement la recherche rapide des offres. L'annonce précisée « URGENT » et « DEBUTANT ACCEPTE » Lorsque je l'ai vue, je me suis mis à sourire en pensant que, la chance ne m'avait pas quittée en fin de compte . Puis j'ai commencé à me projeter sur ce que serait de travailler à soixante kilomètres de chez moi. J'ai, d abord, imaginé le travail en lui même, au sein d'une équipe..., me « re socialiser »..., le rêve quoi..., puis la tâche à faire. Le dessin ça va..., le béton armé n'est pas ma tasse de thé et mon diplôme n'est pas dans le génie civil, mais je pourrais trouver tout ce dont j'ai besoin sur internet... Après m'être construit ce début d'avenir..., j'ai commencer à calculer le coût économique des cent trente kilomètres journaliers en incluant l'usure de la machine mais aussi du conducteur. N'ayant pas le montant de la rémunération proposée..., je me suis vite rendu compte qu'il me fallait un salaire supérieure au SMIC, si souvent offert dans les offres de ce genre. Et..., c'est la..., que je suis vite..., beaucoup plus vite que j'y suis monté d’ailleurs..., descendu sur le rude matelas qu'est la réalité. Voyant cette réalité en face …, je prends le téléphone pour tenter de bousculer cette réalité. Me faisant transférer d'un service à un autre et attendant plusieurs minutes..., je tombe enfin sur une charmante voie. C'est la voie d'une de ces employés dévouée et bien trop souvent maltraitée. Après que je lui ai expliqué l'objet de mon appel..., cette charmante personne m'explique que cette offre est..., en faite..., suspendue..., certainement parce que l'employeur à arrêter une première sélection, pour commencer ces entretiens. Elle me dit..., cette employé si aimable..., qu'elle est désolée..., et que le pôle emploi doit rappeler l'employeur dans sept jours pour connaître sa décision. Croyant ne pas pouvoir tomber plus bas que je ne l'était déjà..., je me retrouvé fort dépourvu devant cette incongrue réalité.. ! .J'ai peur qu'il soit un peu tard pour cette offre là..., me dis-je..., c'est pas grave il y en aura d'autre..., me répète je..., comme pour me convaincre que..., cette chance..., vers laquelle je cours « exaspérément »..., me reviendra enfin... ! C'est tout de même, l'une des deux cents cinquante offres auxquelles je me suis attaché à répondre..., rapidement, méticuleusement ! C'est une petite dizaine de réponses négatives que l'on a daigné m'apporter... !

 

Mais vous savez quoi... ? La journée n'est pas finie..., j'ai construit un témoignage quelconque parmi tant d'autres, qui je pense ne laissera pas indifférent certains d'entre nous... ! Je me suis appliqué, à travers celui-ci , à illustrer ce qu'est une partie de ma représentation de l'engagement citoyen dans beaucoup d'acte de nos vies communes. J'ai essayé aussi, d'aborder à ma manière ce qu'est, entre autre, une autre manière d’éduquer « responsablement » ..., d'apporter cette essentielle à nos chers et tendres chérubins... ! Enfin..., j'espère avoir réussi à convaincre quelques réfractaires, à cette idée que le chômeur est un être humain « apparentière », que l'emploi n'est pas, ce que certains hommes politiques, journalistes télé et autres porte paroles, à la porté de tous. Même s'il existe un grand nombre d'offres d'emploi non pourvues ( on se bat encore pour connaître les vrais chiffres ), il n'y a pas encore de mise en équation avec l'ensemble des demandes d'emploi. Je ne jette pas la pierre au personnel courageux et entravé de pôle emploi au contraire je les félicite de leur courage et dévouement. Juste..., ce …., constat.... ! Il y a aussi, dans ce texte , un grand nombre de sous entendu sous-jacent à ces situations, que j'espère beaucoup d'entre vous entendrons. Ces sous entendus ne sont là que pour souligner la complexité de toutes situation, ordinaires, banales, communes, que l'on vit tous ou presque tous les jours et qui sont tant ignorés par nos futurs prétendants à l'élection de Président de notre République. Enfin et pour conclure, j'ai envie de citer « Friedrich Wilhelm Nietzsche » auteur de l’œuvre « le Crépuscule des idoles », « tout ce qui ne me tue pas me rend plus fort » et j'ose y ajouté , plus fier, et plus grand... !... Mon engagement est soyez en sur..., profond et sincère de part l'espoir qu'il porte.

 

Pierre Juillot.

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