Du "respect" !

 Du "respect" ! 

    On est tous attaché à des valeurs chères à nos cœurs, essentielles à notre équilibre, sans lesquelles on pense avec certitude perdre le sens même de notre vie. Cet attachement sentimental et logique à un milieu de vie cadré, bordé de limites, se renforce très fortement lorsque ces bornes disparaissent petit à petit. Notre monde connaît actuellement des bouleversements spectaculaires qui tend à faire bouger, voir disparaître ces limites. Si pour certaines personnes, la disparition de ces valeurs les conduit, sans réel problème de conscience, à les substituer à plus de pouvoir, à plus d'argent roi, la grande majorité d'entre nous, n'ayant pas accès à ses substituts, se résigne irrémédiablement à une perte de souveraineté individuelle aux profits des détenteurs de ces nouveaux repères maquillés en valeurs modernes et sûres : la mondialisation économique.

Pour moi, c'est là qu'est la limite. Ne voulant pas perdre plus de valeurs, plus de contrôles de notre existence, il ne nous reste plus qu'a nous battre pour garder celle qui est la plus bafouée mais encore en notre possession: le « respect ».

Mais pourquoi l'Homme, qui a tout fait ou presque, pour se créer un espace de vie ensemble ne se respecte plus ? C'est pourtant la condition indispensable pour réussir à vivre à plusieurs, dans le respect des différences de chacun. Pour tenter d'approcher une partie de la réponse, il est logique d'examiner au niveau de notre société dite "civilisée" comment le "dialogue" se fait et s'entend. Prenons comme exemple un grand patron X. Cet exemple illustre mieux l’imbrication de l'ensemble complexe « du cercle du respect ». Si le grand patron représente un des « maillons » capital de ce cercle ou « chaîne »on n'en est pas tous patron pour autant. Néanmoins nous inter-réagissons tous , pouvoirs publics, patrons,employés et citoyens dans ce processus qui fonde notre société.

 

- Alors que ces 10 dernières années, la part salariale des grands patrons et de leurs « haccolites »(actionnaires) se soit vu considérablement augmentée, au détriment de l'emploi et sa valorisation ( PME, PMI sous-traitance ,emplois indirects, etc...), on entend la communication de ces protagonistes, soutenus par le gouvernement en place, discourir sur l’effort monumental déployé par ceux-ci pour préserver les emplois restants. Mais de quels emplois ils parlent ? Des Salaires encore plus bas dans une précarité encore plus grande qu'ils cherchent à mettre en place? Et les licenciés à part leurs chômages, si tenté qu'ils puissent encore y avoir droit, n'ont ils plus droit de citer ou d'être cités? N'a t-on pas entendu les cris de désespoir d'un grand nombre de précaires salariés, ouvriers, employés qui réclament des salaires dignes, des meilleurs conditions de travail à qui on apporte en réponse « qu'il faut arrêter de ce comporter en enfants gâtés »

 

Sur un fond de crise de ?, notre grand patron « déclare », donc s'engage, devant ses employés en prenant à témoin et /ou en s'appuyant sur les pouvoirs publics à travers les "médias", « il n'y aura pas de licenciement ni d'autre mesure du même genre ». Puis, viens quelques semaines après, le constat désolant de cet engagement, des licenciements, qui respecte qui ? Ce grand patron a t-il si peu de respect pour lui même "sa parole" pour se permettre de rester dans ses fonctions et continuer de gérer ainsi sa société donc nos emplois. A t-il donc, par « conséquence », si peu de respect pour ces employés, la vie publique, et les « spectateurs »qui l'on entendu, on le croit volontiers.

 

Plus loin encore, beaucoup de têtes « bien pensantes » y compris au gouvernement vous diront « c'est sa boite et sa responsabilité » on peut leur répondre « n'est ce pas la un manque de respect de sa propre fonction, qui n'existe que par le vivre ensemble (il est grand patron que parce qu'il a des employés). Une entreprise n'est elle pas aussi un outil de structure sociale, alors pourquoi la détruire (nos emplois)? Et en réfléchissant un peu plus, les pouvoirs publics ont ils encore un peu de respect pour eux même et leurs concitoyens pour cautionner ces allégations et donc en oublier leur rôle de constituant et de fondateur de cette société démocratique ?». Ou encore,d' autres « fameuses » têtes pensantes, nous assène leurs « vérités » que voici : C'est la conjoncture actuelle dans cette mondialisation frénétique qui justifie cela. On trouve alors légitime d'y répondre : Quel  respect  y a t-il dans cette « internationalisation »des Biens, des Personnes, des Fonds Financiers, voir des Services « consommables » quand elle se fait au détriment des consommateurs. L'employé n'est il pas un consommateur? Nos gouvernants ont il oublié de respecter leurs devoirs de protéger leurs citoyens».

Mais ne sommes nous pas tous de responsables citoyens « égaux en droits et en devoirs » dans cette « mondialisation » a l'échelle de notre pays, pour ne pas voir et entendre ses indignes manques de respect? Donc cela ne nous exonère pas de toute responsabilité ( Arrêtons de nous cacher derrière l'idée que : c'est parce que « nos élites » ne nous montrent pas l'exemple, dans l'exercice de leurs fonctions, qu'il est politiquement correcte de dire qu'il est normal que le « travail au noir » perdure en France ). Lorsque le peuple décide de suivre la « voie » que nous trace le candidat porteur de nos espoirs, n'est il pas de notre devoir de soutenir ces espérances et d'attendre l'épanouissement et les conséquences de celles ci ? Combien de manifestations avons nous entendu, dénonçant des réformes X ou Y pourtant portées par ces élus encensés. Soyons aussi honnêtes avec nous même en respectant nos choix et leurs conséquences.

 

Comme vous le savez, il va y avoir des élections bientôt. Le peuple va pouvoir retrouver son rôle de citoyen et espérer "changer" ce qu'il estime être "injustes", "indispensables", "primordiales" même pour beaucoup. Faut il pour autant que ceux qui incarnent ces "changements" comprennent l'importance que représente cette valeur, le respect de leurs électeurs, bien sûr, à travers leurs engagements, leurs "paroles", mais surtout vis à vis d'eux même avec leurs « bilans », leurs convictions et leur conscience. Ce n'est pas le tout de nous présenter une moitié de vérité, reste encore à nous convaincre que dans cette partie d'échec qu'est cette « CRISE », nous ne sommes pas que des pions sacrifiables ou "marionnette girouette".

"Le triple A est un trésor national" alors maintenant combien nous coûte la perte de ce trésor (combien de nouveaux chômeurs). Quel drôle de "respect" avez vous pour la "nation"et ses citoyens, pour vous même, quand vous vous reniez en permanence en jouant sur des rhétoriques grammaticales mensongères ou autres lapsus divers.

"Je créerais 300 000 emplois jeunes et serais celui qui veut leurs donner leur chance". Quel respect avez vous pour votre propre jeunesse ? avez oublié votre incrédulité cette tendre innocence qui nous poussent à vouloir croire. Est ce une autre forme de  « respect » que de les faire « rêver » en le « ré enchantant »? N'est ce pas là que vos rêves qui transpirent de vos hardeurs ?

On passera sur le respect des autres candidats qui prônent soit, un renfermement sur soi même en revendiquant une ré-industrialisation nationale, ou pour d'autres prétendants, une sorte de coalition nationale mais que sous un seul homme, un truc pas très clair quoi, en convoitant cette fonction suprême. Cette respectabilité doit se faire au regard , de leurs fonctions passées et présentes et de leurs résultats. N'oublions pas où le repliement sur soi nous a conduit la dernière fois qu'on l'a tenté (Industrialisation armée= Guerres Mondiales). Puis il y aurait trop à dire encore, concernant la candidature prédestinée du « coalitioniste », et de tous ceux précédemment cités. N'y a t-il pas là pour les Médias, soit nous qui les regardons aveuglément, une opportunité de se faire frissonner, de se faire peur ?Quel drôle « d'exutoire » trouve t-on là. Nos « craintes » ne méritent t-elles pas plus de respect et surtout de « discernement » ?

 

Des "choix" vont nous être proposés, et à nous de bien faire le trie, pas facile je vous l’accorde. Mais faut il encore que l'on nous présente le « programme » de nos candidats dans le respect de chacun d'eux en commençant par soi même. Pour ce faire il est indispensable que le "support" de cette communication se contente de jouer son rôle : retranscrire la vérité en toute transparence et surtout impartialité. N'oublions pas le « traitement de faveur » (information/présomption d'innocence) accordé à une personnalité publique lorsque celle ci s'est retrouvée menottée et "exhibée" aux "yeux" du monde entier. Bien sur il est facile de prétendre ne faire que son métier lorsqu'on se contente de montrer des "images".Mais quel respect avez vous de vous même et de vos téléspectateurs lorsque vous « diffusez » ces images en boucle en défendant le principe du droit à informer « au nom de la liberté d'expression » en dépit des recommandations contraire de l'autorité dont vous dépendez le « CSA »et de l'exaspération de votre public? En vous mentant à vous même, vous vous "contentez" juste, de vous regarder dans un miroir croyant y trouver votre public.

 

 

Il n'y a pas que des grands patrons, gouvernants, citoyens « bien lotis » et autres médias adeptes de la « profitation »(expression FRANCAISE D'OUTRE MER, qui par un effet zoom dénonce, entre autres choses, la dérive et ces conséquences du principe comptable du chiffre appliquée par les détenteurs des pouvoirs politiques, financiers et autres décisionnaires. Cette philosophie consiste à: se garantir un avenir de plus en plus doré au dépend (sur le dos) d'un avenir de moins en moins garanti pour les citoyens,employés, salariés etc...).

Plus proche de nous, et bien souvent au niveau local, les patrons des PME PMI, les travailleurs indépendants, les artisans, les professions libérales, les agents publics, les syndicats,les médias et autres acteurs sociaux, résistent énergiquement avec leurs peu de forces restantes, à cette logique appelée à tort « la société de consommation ».

L’avènement de « l'ère du consommer » pour/dans le bien être total, afin d’assouvir un de nos instinct primaire qui est la possession, se travestit, à notre insu, en « ère du consumer » non seulement tout ce qui nous entoure, mais aussi nous-même dans/pour une illusion nébuleuse et frénétique qu'est la mondialisation économique.

Si l'Homme en vient à perdre toute notion de « respectabilité » de son individualité, dans l'exercice plein et entier qu'est notre démocratie à « l'ombre » de notre société, comment peut-il espérer trouver le respect des hommes ? Nous venons d'appréhender une petite partie d'une solution possible, si l'Homme arrête de s'écouter lui même et écoute ses congénères, il peut enfin entendre les voix qui pensent autrement que lui, et ensemble peut espérer construire un projet de société plus solide et stable. Ne nous laissons pas leurrer par ce concept insidieux et envahissant que l'ont nous distille, au goutte à goutte et dans la répétition. NON, la crise ne justifie pas la destruction d'un modèle de vie sociale obligatoire et désiré par/pour tous dans le mensonge. Nous sommes encore des « Hommes debout ». Il nous reste encore notre DIGNITE, et elle est, soyez en sûr, une VRAIE force.

Alors mobilisons nous et faisons de celle ci une « arme de destruction massive ». La plume et l’intellect, les banderoles et pancartes, les slogans et cris, la désobéissance civile et actions juridiques, sont des constituants de notre démocratie « la liberté d'expression ». N'oublions pas qu'ils ont de tout temps, eu raison de l’ignorance et de la mascarade. « Respecte moi et je te respecterai, et vice et versa. »



Pierre.

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