Les médias ne se posent pas de questions. Le PS est un parti de gauche.
Comme depuis 1945 et même avant guerre. Mais il y a eu le quinquennat de F Hollande qui fut candidat du PS. B Hamon candidat du PS à la dernière élection présidentielle obtint un faible score et quitta le PS. Valls 1° ministre de Hollande qui battu par B Hamon pour la primaire, ne soutint pas son rival et quitta le PS. L’aile gauche du PS, E Maurel et MN Lienemann ont quitté le PS il y a quelques semaines.
Il semble donc logique de se demander si ce parti est encore un parti de gauche, en dehors du fait que dès lors qu’il y a plusieurs partis, certains sont évidemment plus à gauche que d’ autres et certains plus à droite que les autres.
Il est bien évident aussi que classer à gauche le PS permet aux médias de classer comme « extrême gauche » ou plus généralement comme « extrême » tout parti se situant à la gauche du PS. Ainsi, que ce soient les médias d’État ou les médias des milliardaires, ils peuvent combattre « les extrêmes », mélangeant allègrement, mais faisant ainsi plaisir à leurs propriétaires respectifs, la droite et la gauche sans jamais mettre l’accent sur ce qui distinguent fondamentalement ceux qu’ils appellent extrême droite et extrême gauche.
Les faits
- Investiture de E Philippe 1° ministre de Macron
Les nouveaux députés du PS se sont abstenus (23), 3 ont voté pour (et, semble t il, rien ne s’en est suivi) et 5 ont voté contre.-Richard Ferrand, Gérard Collomb, Christophe Castaner, Benjamin Griveaux etc...viennent très récemment du PS...Ils sont ou ont été ministres de E Philippe et de Macron.
Mis à part pour G Collomb, cela n’est pas mis du tout en valeur par les rédactions des médias.
-Le quinquennat de François Hollande
F Hollande a été désigné candidat aux Présidentielles par le PS. Il fut 1° secrétaire du PS.
La loi travail, le CICE (18,6 md€ par an! Plus de 37 md€ en 2019 !), durant sa présidence, ne reflétaient pas une politique de gauche.
F Hollande, après JM Eyraud, a nommé M Valls comme 1° ministre.
M Valls ne représentait pourtant que 5 % du PS…..que faut il en déduire ?
Des députés du PS, les frondeurs, s’opposant alors directement à F Hollande, ont essayé de déposer une motion de censure….Selon certains journalistes, ce serait la raison du grand n’importe quoi politique, de la chute de Hollande et de la chute du PS etc..
Ces députés frondeurs représentaient pourtant 20 % du PS. Si il y avait eu un nombre de députés -futurs frondeurs- élus correspondant effectivement à leur force dans le PS (20%), il n’y aurait jamais eu de période Valls.
Le non usage de la « proportionnelle » aux élections, et l’aberration d’un Président, conduisent effectivement au grand n’importe quoi !
Mais les journalistes ont été bien muets sur cet aspect pourtant évident !
Et la présidence de F Hollande se termina en un désastre complet pour le PS et bien au-delà sans doute.
Citons aussi Francis Chouat maire d’Evry, bras droit de M Valls, qui a quitté le PS lors des Sénatoriales de 2017 et a gagné le siège de Manuel Vals en 2018 en tant qu’apparenté République en Marche, Manuel Vals se présentant aux Municipales de Barcelone avec un parti de droite, contre le PSOE parti frère espagnol du PS français !
-Au plan fondamental
C’est en 2008 que le PS a adopté dans sa déclaration de principes, « l’économie sociale de marché » c’est à dire l’ordo libéralisme soit la politique économique de Konrad Adenauer et Ludwig Erhard ….les chanceliers de droite Allemands. Ce principe figurait déjà dans le Traité Constitutionnel Européen (TCE), que le PS soutenait officiellement, même si quelques uns de ses ténors soutenaient au contraire le NON à ce Traité. On ne peut s’empêcher de réfléchir sur un parti -dit de gauche- qui soutenait un Traité constitutionnel intégrant dans son texte la politique économique que les Etats membres devaient obligatoirement suivre.
Le seul exemple identique que l’on puisse trouver est la constitution de feu l’URSS !
Les médias ont majoritairement caché cette nouvelle position du PS en 2008. (Il s’en est même trouvé qui regrettaient récemment que le PS n’ait pas officiellement fait son « Bad Godesberg »( ville où le PSD Allemand a officiellement adopté l’économie de marché), montrant par là même que ces médias avaient oublié 2008 dont ils avaient si peu parlé)…..
Il faut dire que, en 2005 année du référendum sur le TCE, de très nombreux journalistes (radio et télé) se sont affranchis de toute éthique, prenant officiellement position à 90% pour le Oui et traitant comme des -abrutis- les français qui osaient dire NON. De nombreuses radios ou télés ne respectèrent même pas les directives de temps réglementaires pour le OUI et le NON mais on ne sait pas à quoi elles furent condamnées et si elles le furent….
C’est en fait depuis ce moment qu’il y a, pour le moins, une « distance » certaine entre français et journalistes.
-Le directeur du quotidien Libération et collaborateur occasionnel mais officiel de François Hollande, Laurent Joffrin, a écrit le 6 octobre 2012 – on avait un gouvernement social-démocrate qui dans le cadre de l’économie de marché devait réduire les inégalités autant que possible, et fasse fonctionner le capitalisme en observant qu’il n’y avait pas de bolchévique au gouvernement. Certes ces propos sont compatibles avec l’actionnaire de Libération et son directeur peut les tenir, mais ne correspondent pas du tout aux propos de campagne de François Hollande. Aurait-il été élu avec ce programme ? Ce n’est pas évident et il y a là un véritable problème de démocratie et de respect des électeurs.
De même a-t-il été très peu question des propos tenus par F Hollande en Angleterre peu avant l’élection et directement contraires à ceux tenus en France dans ses meetings.
- On a appris plus tard, révélation des Wikileaks et de Julien Assange, ( Le Monde Diplomatique de décembre 2018) que le 8 juin 2006 François Hollande et Pierre Moscovici s’étaient rendus à l’Ambassade des Etats Unis à Paris pour y regretter la vigueur de l’opposition du Président Jacques Chirac à l’invasion de l’Irak.
La grande majorité des journalistes semblent avoir « oublié » de commenter cette histoire, ancienne certainement, mais ô combien révélatrice de la réalité de F Hollande et P Moscovici.
- C’est le 3 avril 2014 (Médiapart) que Henri Emmanuelli, qui fut 1° secrétaire du PS et en 2014 toujours député PS- PS qui depuis le Traité de Maastricht n’avait pas cessé de perdre des pans entiers sur sa gauche-, a déclaré : « Le Parti Socialiste n’existe plus ».
Il ne semble pas que les médias ait donné écho à ces propos en forme de sentence.
Moins compréhensibles encore, les proches de H Emmanuelli n’en tirèrent aucune conclusion…
- B Hamon fut élu en 2017 candidat à la Présidence de la République par les membres du PS. Il s’aperçut en menant sa campagne qu’une large partie des socialistes ne le suivait pas. Valls battu à cette candidature
indiqua, contrairement à ses engagements, qu’il ne soutiendrait pas Hamon et quitta le PS ensuite. Valls fut élu député en se réclamant de Macron-sans pourtant de candidat PS en face de lui-.
Hamon, non élu, quitta alors le PS pour former son propre mouvement politique « Générations ». Un an plus tard c’est toute l’aile gauche du PS, MN Lienemann et E Maurel qui quittèrent le PS pour former leur propre mouvement politique « Après », proche de la France Insoumise.
Le PS et l’Union Européenne
-Les députés au parlement Européen du PS font partie d’un groupe, avec ceux du SPD, dont on a pu voir (Schulz par exemple) qu’il n’y avait quasiment pas de différence avec la droite (CDU) aux dires mêmes de Schulz. SPD et CDU se partagent la présidence du parlement et ne se posent aucune question quant aux Institutions de l’UE ou sur la politique menée par les Institutions de l’UE (politique de la concurrence, pas de politique industrielle etc…). Le chef du groupe SPD est par exemple partisan de l’utilisation du glyphosate…..SPD et CDU gouvernent ensemble l’Allemagne depuis maintenant de longues années.
-Les députés PS au parlement européen ont, en large majorité, voté les directives « neo-libérales » européennes. De surcroît, ils ont voté certaines directives, (énergie par exemple : dérégulation et concurrence, privatisation de EDF etc.) en disant qu’elles seraient pires si ils ne les votaient pas….ouvrant ainsi la voie à toutes dérives possibles y compris démocratiques..
-Ils ont voté pour la modification la directive « détachés », modification qui consistaient à mieux cerner des fraudes éventuelles, mais ne changeaient rien au contenu de la directive elle-même qui organise froidement le dumping social à l’intérieur de l’ Union Européenne. Ainsi tout le monde peut penser que la PS a voté pour la directive « détachés »….
Il n’y pas de commune mesure entre ce qui est proclamé en France par le PS et ce qui est réellement fait au niveau du parlement Européen ou de l’UE. C’est d’ailleurs cette alliance « gauche » /droite qui a fait le lit des partis d’extrême droite à travers l’Europe ou de ceux comme le Mouvement 5 étoiles en Italie, où la gauche a presque entièrement disparu.
-Le PS a des opinions concernant l’UE, et c’est son droit le plus strict, mais il faut remarquer que rien n’est jamais advenu de ce que le PS voulait, ou disait, y compris quand une large majorité et d’Etats et au Parlement Européen était social-démocrate, on se souvient de « Et maintenant l’Europe Sociale ! ». Et qu’il n’est quasiment plus question de projets comme Airbus, devenu une société capitalistique ordinaire. Il reste Ariane et Galileo (satellites)…..souvenirs d’une espérance européenne…
Les figures « sachantes » du PS
DSK et L Fabius ont longtemps représenté des « pôles de compétences » -à tort ou à raison- reconnus comme tels par leurs adversaires désignés, la droite, même si celle-ci savait très bien qu’en leur offrant ce statut, elle valorisait une vision social-démocrate par rapport à une vision de gauche.
Mais ces deux personnages, quand ils ont été aux « finances », se sont ingéniés à « déréguler » la finance, pour faire comme les autres et parce que cela était dans l’air du temps.
Or la crise de 2008 est une conséquence directe de la dérégulation financière……
Et alors...on attend toujours un commentaire des commentateurs habituels… :...
Alors le PS ?
Le quinquennat de F Hollande et l’effacement des figures « sachantes » du PS ont entraînés la chute de ce parti.
La social-démocratie est en chute libre dans tous les pays de l’UE, le départ des ailes gauche du PS, le départ des « macronistes », classés plus à droite, laissent pour le moins incertaine la qualification de ce qu’il reste du PS.
Si il y a encore très certainement des militants de gauche dans le PS, on ne peut qualifier actuellement le PS, sauf qu’il ne ressemble plus du tout au PS des années 80……...
La moindre des choses pour les médias serait de s’interroger ..mais ils ne le font pas.
Ils sont si surs d’eux mêmes.
Pierre Mascomère_250119