Relèvement de l'äge de la retraite : un argument irrecevable

Ce lundi 14 juin, Geoffroy Roux de Bézieux, Président du Medef a jugé bon de justifier sa demande de porter à 64 ans l’âge de départ à la retraite par le fait que la retraite en France était en répartition et donc que son équilibre reposait sur le ratio retraités sur actifs.

Or ce ratio n’est plus le même qu’avant, il progresse et tend vers un actif pour un retraité.

Difficile de dire encore pareille bêtise, nous voilà quelques dizaines d’années en arrière.

Démonstration. (1)

4 actifs et 2 retraités (ratio retraités/actifs : 1/2)

Supposons donc les actifs, par hypothèse 4, ayant chacun 100 de revenus. Le revenu global est 400 et les actifs cotisent pour 2 retraités ayant chacun 50 de retraite.

La cotisation de chacun des actifs est alors de 25, il leur reste en net 75.

Maintenant, Il y a 3 actifs pour 3 retraités. (ratio retraités/actifs : 1)

1) Si chaque retraité touche encore 50 de retraite cela veut dire que la cotisation de chacun des actifs est de 50 et donc que le salaire net des actifs n’est plus que de 100 -50 soit 50. Il a baissé.

2) Si les actifs continuent à verser 25 en cotisations, cela veut dire que les retraités ne touchent plus que 25 et que leur retraite a donc diminué de 50 à 25. Le salaire net des actifs est toujours de 75.

3) Mais la réalité est toute autre et le revenu global des actifs est devenu 400 pour 3 actifs.

Il est resté le même, mais avec 3 actifs seulement, cela s’appelle l’augmentation de la productivité…..

Si chacun des actifs touche 400/3 soit 133, et verse 50 de cotisation retraite, chacun des actifs a un salaire net de 83 donc supérieur à celui d’avant (75). Chaque retraité touche toujours 50.

Le petit tour de passe passe du revenu global qui resterait le même ne trompe personne même si il veut abuser le bon peuple qui selon ces"élites"serait bien sur ignare !

(1) reprise de l’article de Jean Claude Seys dans Le Figaro du 05/02/2003

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