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Billet de blog 3 oct. 2022

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Le mâle, l’élevage et le barbecue : quelques observations à propos de l’Androcène

Considérer la domination masculine comme le moteur de l’Humanité depuis l’apparition d’Homo sapiens. Telle est la thèse formulée par Adélaïde Bon, Sandrine Roudaut et Sandrine Rousseau dans leur récent ouvrage. J'ai souhaité décrypter les prétentions scientifiques de cette proposition, afin d'en dévoiler les présupposés philosophiques, lesquels sont, selon moi, fort peu révolutionnaires.

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Le mâle, l’élevage et le barbecue :

quelques observations à propos de l’Androcène

 À la faveur d’une polémique récente provoquée par les propos tenus par la Députée Sandrine Rousseau, le 27 août 2022, qui appelait à « changer de mentalité pour que manger une entrecôte cuite sur un barbecue ne soit plus un symbole de virilité », le débat public s’est de nouveau porté sur les liens entre la domination masculine et la consommation de viande et plus généralement sur la diète carnée et la place de l’élevage dans l’agriculture de nos sociétés. Par pure coïncidence, le quotidien Le Monde publiait, dans son édition datée du 1er septembre 2022, un entretien avec l’historienne Christelle Taraud sur le livre dont elle a dirigé la publication : Féminicides. Une histoire mondiale. Interrogée par la journaliste sur la permanence de la suprématie masculine « qui commence depuis la préhistoire », Christelle Taraud lui répondait par cette affirmation péremptoire : « Les squelettes des hommes et des femmes de la préhistoire, en particulier chez Neandertal et les premiers sapiens, font quasiment la même taille, mais, au fil des millénaires, les hommes deviennent plus grands, plus forts et plus musclés. Pour expliquer cette évolution, l’anthropologue Priscille Touraille affirme, dans une thèse discutée, mais argumentée, que les femmes du paléolithique et du néolithique ont sans doute été privées d’alimentation carnée, ce qui a accentué, sur le très long terme, le dimorphisme sexuel »[1].

Je prends prétexte de ces déclarations pour réagir en tant qu’historien de l’agriculture et de l’alimentation, mais aussi comme parlementaire membre de l’Opecst[2] et soucieux des rapports entre le savant et le politique et de son usage des résultats de la recherche scientifique. L’objet modeste de ce texte est de tenter de comprendre les conditions de mobilisation d’arguments tirés de l’histoire, de montrer pourquoi certains d’entre eux reposent sur des constructions historiographiques fragiles ou obsolètes et enfin d’analyser les nouveaux rapports entre nature et culture que ces argumentaires tentent de fonder.

 Par obligation de concision, je fais le choix de concentrer ma critique sur le manifeste que viennent de publier Sandrine Rousseau et deux autres auteures sous le titre Par-delà l’Androcène[3], parce que, au moins par son titre, il revendique une ambition radicale de comprendre l’histoire de l’humanité avec les outils conceptuels de l’écoféminisme. Je placerai mon analyse dans le champ restreint du débat scientifique en utilisant des données historiques que je maîtrise et que j’ai publiées pour certaines d’entre elles afin de rendre possibles des échanges du même ordre. J’admets, par prolepse, ne traiter que de questions sans doute mineures par rapport à la portée théorique et politique générale de l’écoféminisme et de la problématique de l’Androcène. Mais, j’espère faire œuvre utile en suggérant, par quelques exemples, combien il peut être complexe d’appréhender les changements environnementaux dans la très longue durée et parfois aventureux de mobiliser sans précautions les données de l’histoire pour des problématiques très actuelles.

La déclaration de Christelle Taraud dans Le Monde et l’argumentaire de Par-delà l’Androcène se rejoignent par la place primordiale qu’ils donnent à la domination masculine dans le processus historique. Selon la première, dès l’aube de l’humanité, la prédominance acquise par l’individu mâle de l’espèce Homo sapiens sur sa femelle lui a permis d’agir sur les mécanismes biologiques de l’évolution pour acquérir une morphologie supérieure. Pour les secondes, la crise climatique et environnementale que nous vivons est la conséquence du patriarcat et cet empire du mâle caractérise une nouvelle époque géologique du Quaternaire.

C’est ainsi que je comprends la définition que ces dernières en donnent : « Androcène, pour révéler la structure sociale et culturelle qui nous a menés à l’Anthropocène, cette ère où l’influence de l’être humain sur la géologie et les écosystèmes est si grande qu’elle nous conduit à une vitesse fulgurante vers un dérèglement climatique hors de contrôle et une chute abyssale de la biodiversité »[4]. Une version plus triviale en est donnée plus loin dans ce manifeste : « L’Androcène, c’est l’histoire du chasseur, celle du tueur, du Héros, de l’homme qui conquiert la Terre, l’espace, veut dompter le futur, etc. »[5]. Enfin, dans le cadre de nos activités quotidiennes, la lutte contre l’Androcène est exprimée ainsi : « Trop d’écrans, de jeux en ligne, de voitures. Trop de porno, de films de castagne, trop d’histoires d’hommes virils, d’argent roi et de filles effacées. Trop d’animaux morts dans nos assiettes » et l’on retrouve cette relation entre la domination masculine et la consommation carnée évoquée par Christelle Taraud. In fine, une téléologie de l’histoire en chasse une autre et, pour préciser leur projet, les trois théoriciennes auraient pu reprendre une formule bien connue en n’en changeant que le dernier mot : « L’histoire de toute société jusqu’à nos jours n’a été que l’histoire de luttes de genres »[6].

Je ne souhaite pas discuter dans le détail de la validité de cette proposition de définition d’une nouvelle ère géologique parce qu’il me faudrait préalablement exposer longuement les débats scientifiques nombreux qui animent géologues, historiens et spécialistes de l’environnement sur la notion d’Anthropocène. Néanmoins, en quelques mots, il convient de dire que personne ne conteste plus, avec des arguments scientifiques sérieux, l’évidence d’une relation entre les activités humaines et les changements climatiques majeurs en cours, ni les répercussions qu’ils auront sur certaines des caractéristiques géologiques de l’Holocène. En revanche, si l’Anthropocène correspond à l’époque géologique caractérisée par les conséquences des productions humaines sur les écosystèmes et la géologie, la difficulté est de déterminer la date à partir de laquelle il est possible de considérer qu’elles deviennent significatives.

Le débat est ancien et William Ruddiman a posé récemment l’hypothèse que l’augmentation anormale des émissions anthropiques de gaz carbonique aurait débuté il y a huit-mille ans avec les déboisements réalisés par les agriculteurs du néolithique. La riziculture irriguée, apparue il y a environ cinq-mille ans, aurait accéléré ce processus[7]. L’historien de l’Antiquité que je suis note aussi, en passant, que la métallurgie du plomb et de l’argent durant la République et l’Empire romain a provoqué une pollution atmosphérique en métaux toxiques qui demeure identifiable dans les glaces du massif du Mont-Blanc[8]. Des observations similaires avaient déjà été réalisées à partir des glaces du Groenland[9].

D’autres chercheurs estiment que l’impact des activités humaines sur l’environnement n’a franchi un seuil quantitatif qu’avec la révolution industrielle ou l’essor du capitalisme. Le débat quitte alors le domaine de la géologie pour intéresser celui de l’histoire économique. Il pose les questions complexes de l’identification des processus historiques et économiques de formation du capitalisme et donc de son origine. Sans pouvoir aller plus loin, j’aimerais citer le travail original d’Ellen Meiksins Wood qui situe son émergence dans les campagnes anglaises du XVIIsiècle et le caractérise par un mode d’appropriation fondée sur la dépossession complète du producteur direct[10]. Le choix de cet ouvrage n’est évidemment pas sans rapport avec le problème posé par la caractérisation historique de l’Androcène.

On comprend à lire Sandrine Rousseau et ses coauteures que la frontière chronostratigraphique de cette nouvelle époque géologique, pour utiliser le vocabulaire de cette discipline, coïnciderait avec l’identification des premiers représentants de l’espèce Homo sapiens, soit il y a environ 300 000 ans. L’Androcène aurait alors une extension chronologique bien plus considérable que l’Anthropocène ce qu’il aurait fallu justifier. Cette longue période de l’histoire humaine n’aurait toutefois pas été totalement celle de la domination masculine. Les auteures pensent, citant les travaux de Heide Göttner-Abendroth[11], qu’il a existé des sociétés matriarcales égalitaires ignorant toute forme de domination et de propriété privée[12].

 Sans compétence particulière dans ce domaine, je renvoie les lecteurs aux travaux solidement argumentés de Christophe Darmangeat[13]. Fort d’une analyse très complète de la documentation archéologique et ethnologique, il conclut à l’absence de preuves indiscutables de l’existence de sociétés dans lesquelles les deux sexes auraient partagé les mêmes fonctions sociales. Au contraire, il constate que dans les sociétés de chasseurs-cueilleurs du présent ethnologique, pour lesquelles la documentation est abondante, on observe toujours une division sexuelle du travail fondée sur « le monopole masculin sur les armes les plus létales ». Comme la documentation archéologique, plus rare et plus difficile à interpréter, n’apporte pas de preuve de l’existence d’autre forme d’organisation pour les sociétés du passé, il estime que ces rapports sociaux n’étaient pas très différents « il y a 10 000, 20 000 ou 30 000 ans ». Il conclut par ce constat : « Dans l’état actuel des connaissances, la division sexuelle du travail constitue une caractéristique fort ancienne des cultures humaines et avec elle, très probablement, la tendance à la domination masculine qui en découle ; ce qui ne signifie nullement que cette caractéristique soit indépassable à l’avenir »[14].

Néanmoins, Christophe Darmangeat s’interroge sur les conséquences sociales de cette domination. Tout en reconnaissant qu’il ne peut y avoir d’exploitation sans domination, il pense que « toute domination ne revêt pas nécessairement un contenu économique ». Il ajoute en ce qui concerne les sociétés de chasseurs-cueilleurs : « si l’on ne peut exclure que la domination masculine […] se soit parfois traduite par quelques privilèges économiques, l’impression générale qui se dégage des données indique au contraire que dans la plupart des cas, sinon dans tous, cette traduction restait très partielle, voire inexistante »[15].

Jean-Paul Demoule, de façon peut-être plus prudente, traduit ainsi ces interrogations : « la domination des hommes sur les femmes est-elle l’origine de toute forme de domination ? Ou pour le dire autrement les rapports entre femmes et hommes sont-ils constitutifs des rapports sociaux en général, fondés sur une imbrication complexe et variable de coopération, de compétition et d’affrontement ? »[16].

En revanche, en ce qui concerne les affirmations naïves, qui nous occupent ici, selon lesquelles la domination du mâle lui aurait permis de s’approprier les meilleurs morceaux de viande et d’entretenir ainsi une morphologie physique supérieure à celle de sa femelle par le jeu de la sélection biologique et plus trivialement qu’il en resterait quelque chose dans son comportement actuel autour du barbecue, il faut rappeler quelques observations. La première est qu’il n’existe pas de relation de causalité directe entre le degré de domination masculine et le partage inégalitaire de la nourriture au sein des sociétés de chasseurs-cueilleurs. Deuxièmement, dans la plupart des sociétés de chasseurs-cueilleurs la part principale de l’alimentation est tirée des produits de la collecte qui est le travail des femmes. La chasse, qui est réservée aux hommes, ne fournit qu’environ un tiers des ressources nutritives, ce qui ne réduit pas néanmoins son importance symbolique et son rôle décisif dans la perpétuation de la domination masculine[17]. Enfin, et c’est le point fondamental, ce raisonnement ignore les conséquences déterminantes de la révolution néolithique. Comme beaucoup d’autres, cette analyse sur la très longue durée exclut ses « dix millénaires oubliés qui ont fait l’histoire », pour reprendre le titre de l’essai de Jean-Paul Demoule.

Pourtant, si l’alimentation et les conditions de sa production ont pu transformer l’anatomie humaine, c’est sans doute au cours de ces dix millénaires qu’il faut en chercher les causes. Avec d’autres, je pense que la contribution de James C. Scott à ce débat est déterminante, comme le sont ses hypothèses passionnantes sur le « réaménagement du monde naturel », le gouvernement des populations sédentarisées et l’origine de l’État[18]. Contraint par la taille de ce papier, je me contenterai de présenter très succinctement les quelques idées qui intéressent directement mon argumentaire tout en regrettant de ne pouvoir mieux restituer la véritable novation proposée par cet ouvrage.

James C. Scott observe tout d’abord que l’espèce Homo sapiens a significativement transformé son environnement bien avant la révolution néolithique. Dans le débat sur le terme initial de l’Anthropocène, il considère que la maîtrise du feu est un évènement décisif et qu’il faudrait donc le placer il y a environ 400 000 ans, avant l’arrivée d’Homo sapiens[19]. Cependant, il estime que la domestication des céréales et des animaux est un processus majeur de l’histoire de nos sociétés. Il se réalise au sein d’un écosystème qu’il appelle « domus » dans lequel Homo sapiens, végétaux et animaux domestiques, faune sauvage, parasites et maladies interagissent avec leur environnement. Ces interactions modifient les caractéristiques génétiques et physiques des organismes, mais aussi les comportements des animaux et des humains. Par exemple, l’évolution de la morphologie des animaux de la domus se caractérise par une réduction de la taille qui atteint aussi celle de leurs cerveaux. Le mouton et le cochon ont un encéphale qui est entre 20 % et 30 % plus petit que celui de leurs ancêtres sauvages. Pour les chiens, les moutons et les cochons, c’est le système limbique qui s’est réduit, sans doute parce que ces animaux ont moins mobilisé leurs capacités de réactions à un environnement hostile[20]. Il est fort probable que la physionomie de l’Homo sapiens de la domus ait connu des évolutions similaires, notamment pour ce qui concerne la réduction de sa taille, l’atténuation de son dimorphisme sexuel, l’apparition de pathologies osseuses spécifiques ou les carences alimentaires liées à la consommation prédominante des céréales.

L’accumulation dans le temps de ces évolutions physiologiques fait que beaucoup de ces nouvelles espèces végétales et animales sont distinctes de celles dont elles sont issues et ne pourraient, pour certaines d’entre elles, survivre en dehors de leur relation avec les humains. Pour s’en convaincre, il suffirait de lâcher un troupeau de vaches de la race prim’holstein dans la nature. Il serait douteux qu’elles redevinssent des aurochs[21], à la condition qu’elles survécussent à la première année de cette expérience ! La puissance des processus évolutifs biologiques en jeu depuis la révolution néolithique est telle qu’un grand nombre d’entre eux sont aujourd’hui difficilement réversibles. James C. Scott pousse cette analyse très loin en considérant qu’Homo sapiens s’est « automestiqué ». C’est-à-dire que sa servitude volontaire au sein de la domus l’a privé de nombreuses des compétences du chasseur-cueilleur. Il constate que, dans certains domaines, la néolithisation a eu pour conséquence une « déqualification massive » des humains qui l’ont mise en œuvre[22].

La thèse centrale et novatrice de James C. Scott est de considérer que l’agriculture, comme culture du grain, portait en elle les conditions de formation de l’État et de certaines formes coercitives du gouvernement des individus. Se poser la question de leur légitimité oblige à se demander s’il aurait pu être possible que l’humanité empruntât un autre chemin. Dans la préface qu’il a écrite pour l’édition française de Against the Grain, Jean-Paul Demoule traduit avec une pointe de provocation cette grande question philosophique : « et si l’humanité allait dans le mur ? Et dans ce cas, rétrospectivement, avait-elle pris le bon chemin ? Et finalement, la domestication des animaux et des plantes fut-elle une bonne idée ? »[23]. La profondeur de cette interrogation rend quelque peu subalternes et accessoires les débats sur la consommation de la viande !

Le système proposé par James C. Scott n’est pas sans rappeler quelques-unes des thèses développées par Jean-Jacques Rousseau, notamment quand il restitue, dans le Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes, les différents stades que l’humanité aurait empruntés depuis l’état de nature et de liberté jusqu’à l’état social qui est celui de la soumission à la technique, du travail parcellaire et finalement de la propriété privée. Selon lui, l’état de nature est celui du chasseur-cueilleur qui trouve sa pitance au moyen de quelques outils primitifs qui prolongent l’action de son corps. L’état social apparaît avec l’agriculture et la sédentarisation puis se raffermit dans la maîtrise de la métallurgie qui donne aux humains un pouvoir nouveau de domination sur leurs semblables et la nature. Jean-Jacques Rousseau considère que la technique est le moteur de ces évolutions tant qu’elle sert la satisfaction de besoins non essentiels, la volonté de puissance, l’élargissement des inégalités et la destruction de la nature. Néanmoins, il n’oppose pas la nature à la culture et ne juge pas que la technique puisse être pernicieuse par essence. Il pense au contraire qu’elle pourrait être mise au service de la liberté de l’individu à la condition d’être subordonnée à la volonté collective par le contrat social[24].

Rappeler les hypothèses de Jean-Jacques Rousseau à propos de celles de James C. Scott invite à ne pas oublier que les interrogations des hommes sur la capacité de la nature à supporter une croissance sans limite sont anciennes et ne préludent pas à la constatation angoissée, par nos contemporains, des évidents prodromes du changement climatique. L’histoire de la relation des humains à leurs environnements n’est pas celle d’une exploitation homogène dans l’espace et linéairement accélérée dans le temps. De grands espaces en sont restés longtemps préservés quand d’autres connaissaient des phases de pressions intenses suivies de déprises tout aussi radicales. L’évolution de la surface boisée dans le territoire qui constitue aujourd’hui l’emprise de la France métropolitaine fournit à ce titre un exemple profitable d’une succession de périodes de régression et d’expansion.

Contrairement à ce que croient encore Sandrine Rousseau et ses coauteures, la Gaule n’était pas couverte de « gigantesques forêts primaires »[25]. Dans cette partie de l’Empire romain, durant l’Antiquité, ou du moins au cours des trois premiers siècles de notre ère, le peuplement humain a connu un optimum et a exercé une très forte pression sur le milieu naturel. Ainsi, les espaces occupés aujourd’hui par de grands massifs forestiers, que nous pensons à tort inviolés par l’homme, sont pour la plupart mis en culture. Les archéologues ont retrouvé les traces de la trame assez dense d’exploitations agricoles dans les forêts de Haye en Lorraine, de Châtillon en Bourgogne, de Tronçais en Auvergne, de Rambouillet en Île-de-France, des sommets vosgiens en Alsace, etc. La forte densité humaine et le manque de terre ont obligé ces paysans à conquérir ces terroirs aux faibles potentialités agricoles. Avec les désordres économiques et politiques de la fin de l’Antiquité et la baisse parfois catastrophique de la population, ils ont été reconquis par la sylve[26]. Ces « forêts primaires » n’ont souvent qu’une dizaine de siècles d’existence !

Même si la statistique est difficile à établir précisément, il est fort probable que la superficie de forêt est bien plus importante aujourd’hui que dans l’Antiquité. La cause essentielle de ce paradoxe apparent réside dans l’écart de productivité des deux systèmes agricoles. Il tombe sous le sens qu’une société dont la céréaliculture ne fournit au mieux qu’une dizaine de quintaux de céréales par hectare a besoin de beaucoup plus de terres que celle dont les rendements peuvent être dix fois supérieurs, même quand la population est dix fois plus nombreuse. Restaurer la nature n’exige pas toujours de revenir au temps d’avant !

Beaucoup d’auteurs de l’Antiquité percevaient cette pression paroxysmique sur la nature avec la même angoisse et dans les mêmes termes que nos contemporains. Ainsi, depuis l’Afrique, au IIsiècle de notre ère, le chrétien Tertullien s’écriait : « Partout des habitations, partout des peuples, partout des cités, partout la vie. Comme preuve de l’accroissement de l’humanité, nous sommes une charge pour le monde, à peine les éléments nous suffisent, les nécessités nous oppressent et cette plainte est commune à tous : désormais la nature nous abandonne »[27].

Pour cet apologète du premier christianisme, la nature doit être respectée et ne pas être « défigurée », car elle est la création de Dieu. Inspiré par la tradition stoïcienne, il prescrit d’user des choses du monde avec sobriété et conformément aux lois naturelles qui se confondent pour lui aux desseins divins[28]. Ainsi, il condamne l’utilisation des étoffes de couleurs parce que les moutons portent une toison qui n’est pas colorée[29]. De façon un peu surprenante, les pages les plus explicites de Tertullien sur la relation de l’homme et de la nature se trouvent dans un traité consacré au vêtement des femmes : De cultu feminarum.

Dans ce traité, Tertullien justifie les prescriptions vestimentaires auxquelles les femmes doivent se soumettre comme une conséquence de leur responsabilité particulière dans la condition malheureuse de l’humanité[30]. La faute primordiale d’Ève, chassée du paradis, a perdu le genre humain. Les femmes doivent donc l’expier par la douleur de l’enfantement et la soumission à l’autorité masculine[31]. Néanmoins, tous les humains sur terre, hommes compris, doivent racheter le péché originel par l’ascèse et une conduite morale irréprochable qui leur imposent notamment de préserver la nature et d’user de ses produits avec sobriété. Les existences chrétiennes trouvent ainsi leur sens dans une eschatologie du rétablissement du monde et des humains dans leurs états antérieurs au péché originel. Les femmes doivent se soumettre à l’homme par respect pour l’ordre de la création[32] et tous les humains doivent s’incliner avec humilité devant l’auctoritas de la nature qui vient de Dieu pour se conformer aux lois qui en découlent.

Ce thème de l’humilité face à la nature est évoqué à plusieurs reprises dans Par-delà l’Androcène. Avant de les commenter, j’aimerais m’étonner, comme en passant, de l’absence dans ce livre de toute analyse du rôle des religions dans la perpétuation de la domination masculine. Dans le chapitre intitulé « Déconstruire », de nombreuses formes d’aliénation sont citées : le rapport au progrès, à la croissance, à la production, à la consommation, au temps, au travail, etc., mais jamais n’est « déconstruit » le recours à la religion pour justifier et perpétuer la domination masculine. Pourtant, notre époque n’est pas épargnée par ces discours d’inspiration religieuse sur l’ordre naturel du monde qui place les femmes sous le joug masculin, ni même, comme un lointain écho aux admonestations de Tertullien, sur la nécessité pour elles de montrer, par leurs vêtements, l’acceptation de cette soumission en portant le voile.

« La vie nous enseigne l’humilité, ce mot dérivé de l’humus, la terre. La même racine que le mot humain. Être humain, au fond, c’est habiter la terre, avec humilité », écrivent les trois auteures[33]. Le rapprochement étymologique est intéressant, car il a été interrogé dès l’Antiquité. Homo, qui désigne en latin l’espèce humaine à côté de uir qui qualifie son représentant masculin, partage la même origine étymologique que le mot qui signifie la terre et a donné humus en latin. Dans la pensée des Anciens, l’homme est terrestre, humilis, humble, c’est-à-dire littéralement proche de la terre, par opposition aux dieux qui sont célestes. L’humanitas, le genre humain dans sa totalité, est mortelle alors que les dieux sont immortels.

Néanmoins, cette humanitas se distingue par essence de l’animalitas par le langage et sa faculté à maîtriser le logos. Le propre de l’homme tient aussi à sa capacité de penser sa propre humanité et sa communauté d’état et de destin avec tous les représentants du genre humain. Cette position morale et philosophique est toute contenue dans ce vers de Terence : « Je suis un homme ; j’estime que rien d’humain ne m’est étranger »[34]. Cette sentence traverse toute l’histoire de l’humanisme, jusqu’aux penseurs des Lumières et au baron d’Holbach quand il écrit : « Ainsi chaque homme en société devrait se dire à lui-même : je suis homme, et les hommes qui m’entourent sont des êtres comme moi. […] Pour être chéri, estimé, considéré par des êtres qui me ressemblent, je dois contribuer à leur bien-être, à leur utilité »[35].

Les trois auteures du manifeste pour le dépassement de l’Androcène semblent revendiquer une rupture absolue avec cette longue tradition humaniste. C’est du moins ce que laisse entendre leur proclamation : « Pour aller par-delà l’Androcène, nous devons nous rappeler que nous sommes animaux parmi les animaux »[36]. Les humanistes, d’hier et d’aujourd’hui, font de la culture le critère distinctif essentiel du genre humain par opposition au règne animal. À rebours, Adélaïde Bon, Sandrine Roudaut et Sandrine Rousseau considèrent que : « la distinction entre culture et nature a été construite pour donner un sens à la soif de puissance, d’hégémonie et de suprématie de quelques-uns. Elle a marqué au fer rouge l’élaboration des sociétés, usant de la terreur comme arme de discipline massive »[37]. Je crois comprendre de cette proclamation péremptoire que l’humanisme serait condamnable en soi parce qu’il serait une construction intellectuelle du mâle pour assoir sa domination sur la femme. La radicalité de la proposition aurait mérité qu’elle fût un peu plus argumentée. À tout le moins, il aurait été utile que les auteures nous expliquent en quoi la fusion de la culture dans la nature serait la condition du dépassement, voire du remplacement, de l’humanisme par le féminisme ou de l’écoféminisme, s’il se revendique d’une ambition philosophique supérieure.

Cette contradiction entre l’extrême ambition du projet et la grande faiblesse de son argumentaire caractérise finalement l’ensemble de ce brûlot. Comme le déclare son titre, les trois auteurs proposent d’écrire une théorie de l’histoire universelle dont le principe moteur serait le patriarcat. Néanmoins, elles apportent peu d’éléments de compréhension des mécanismes qui ont permis à ce régime de domination sociale de se perpétuer si longtemps, indépendamment de la transformation des systèmes économiques dont elles ne contestent pourtant pas qu’elle ait abouti à l’avènement de l’Anthropocène. Il ne suffit pas de remplacer le mot Anthropocène par celui d’Androcène pour « révéler la structure sociale et culturelle »[38] des processus responsables du dérèglement climatique. Il est quelque peu mystificateur de persuader le lecteur qu’il suffirait de donner un genre à l’acteur de l’Anthropocène pour « révéler les relations entre extractivisme, colonialisme, capitalisme et patriarcat »[39].

Ayant passé quelques années de ma carrière scientifique à étudier les relations entre l’homme et son environnement, je regrette que les travaux novateurs des historiens et des naturalistes demeurent aussi mal connus d’auteurs qui prétendent éclairer les trois cents derniers millénaires de notre humanité. Comme souvent dans ce type de construction téléologique, des faits historiques mal compris sont racolés pour alimenter un discours sur le présent. Dans un article méthodologique sur l’étude du climat par les historiens, Philippe Leveau rappelait que l’histoire ne peut être écrite à partir des inquiétudes du futur. Il citait Raymond Aron appelant les historiens à « rendre au passé l’incertitude de l’avenir »[40].

Pour finir et revenir sur les questions évoquées dans l’introduction de cette note, on peut déplorer que les auteures ne soient pas plus rigoureuses dans l’analyse du rôle respectif des causalités structurelles et des comportements individuels dans les évolutions responsables de l’émergence de l’Androcène. La question n’est pas sans intérêt quand il s’agit de se demander si les transformations de nos pratiques quotidiennes suffiraient pour sortir de l’Androcène. Sandrine Rousseau s’était prononcée de façon assez catégorique sur cette question théorique dans un article scientifique qui explorait les voies de la transition écologique d’un capitalisme soutenable[41]. Avec son collègue Bruno Boidin, elle considérait alors que « la croyance en une capacité des consommateurs citoyens à diffuser des métanormes qui deviendraient admises par tous les autres sans l’aide d’acteurs collectifs revient à accorder une place exagérément optimiste aux logiques individuelles »[42]. Peut-être aurait-il été plus sage de partir de ce constat.

[1]    Le Monde, 1er septembre 2022, page 27.

[2]    Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques.

[3]    Adélaïde Bon, Sandrine Roudaut, Sandrine Rousseau, Par-delà l’Androcène, Paris, Seuil, août 2022.

4          Op. cit., p. 9.

5          Op. cit., p. 54.

6          « L’histoire de toute société jusqu’à nos jours n’a été que l’histoire de luttes de classes », Karl Marx, Manifeste du parti communiste, 1848.

[7]    William F. Ruddiman, 2003, « The Anthropogenic Greenhouse Era Began Thousands of Years Ago », Climatic Change, 2003, vol. 61, nᵒ 3, p. 261-293.

[8]    Susanne Preunkert, Joseph R. McConnell, Helene Hoffmann et al., « Lead and Antimony in Basal Ice From Col du Dome (French Alps) Dated With Radiocarbon : A Record of Pollution During Antiquity », Geophysical Research Letters, 2019, vol. 46, nᵒ 9, p. 4953-4961.

[9]    Joseph R. McConnell, Andrew I. Wilson, Andreas Stohl et al., « Lead pollution recorded in Greenland ice indicates European emissions tracked plagues, wars, and imperial expansion during antiquity », Proceedings of the National Academy of Sciences, 2018, vol. 115, nᵒ 22, p. 5726-5731.

[10]  Ellen Meiksins Wood, L’origine du capitalisme. Une étude approfondie, Montréal, Lux, 2009, p. 153.

[11]  Heide Goettner-Abendroth, Les sociétés matriarcales. Recherches sur les cultures autochtones à travers le monde, Paris, des Femmes-Antoinette Fouque, 2019. La première édition en allemand date de 1989.

[12]  Op. cit., p. 21-22.

[13]  Christophe Darmangeat, Le communisme primitif n’est plus ce qu’il était. Aux origines de l’oppression des femmes, 3e éd. rév., Toulouse, Smolny, 2022. L’introduction de cette nouvelle édition a été publiée dans la revue La Pensée : « “Le matriarcat primitif n’est plus ce qu’il n’a jamais été” », La Pensée, 2022, vol. 410, nᵒ 2, p. 131-142. C’est cette introduction que je cite pour faciliter l’accès matériel à ce travail. Sur le même sujet, je mentionne enfin la prochaine parution de cet ouvrage : Anne Augereau, Christophe Darmangeat, Aux origines du genre, PUF (La vie des idées), à paraître.

[14]  Op. cit., p. 135-136.

[15]  Op. cit., p. 136.

[16]  Il ajoute plus loin : « La domination masculine et la soumission féminine, tout comme la différence des sexes en général, se situent à la rencontre du biologique, du psychologique et du social, dans un mélange changeant et instable, et jamais encore complètement élucidé » : Jean-Paul Demoule, Les dix millénaires oubliés qui ont fait l’histoire. Quand on inventa l’agriculture, la guerre et les chefs, Paris, Pluriel, 2019, p. 190.

[17]  Jean-Paul Demoule, op. cit., p. 187.

[18]  James C. Scott, Homo domesticus. Une histoire profonde des premiers États, Paris, la Découverte, 2019 (Against the Grain. A Deep History of the Earliest States, 2017).

[19]  Op. cit., p. 20. La domestication a bien entendu aussi eu des répercussions majeures sur la fécondité, la mortalité, le dimorphisme sexuel et la résistance aux maladies et aux parasites que je ne peux qu’évoquer.

[20]  Op. cit., p. 87-97.

[21]  Le dernier représentant de cette espèce sauvage de bovins (Bos primigenius) a sans doute disparu en Europe dans le courant du XVIIIsiècle.

[22]  « Une fois qu’Homo sapiens a franchi le Rubicon de l’agriculture, notre espèce s’est retrouvée prisonnière d’une austère discipline monacale rythmée essentiellement par le tic-tac contraignant de l’horloge génétique d’une poignée d’espèces cultivées, […] », op. cit., p. 105.

[23]  Op. cit., p. XV.

[24]  Pour une analyse rigoureuse des thèses de J.-J. Rousseau, je renvoie le lecteur au troisième chapitre (Technique et histoire) de l’ouvrage d’Anne Deneys-Tunney : Un autre Jean-Jacques Rousseau. Le paradoxe de la technique, Paris, Presses Universitaires de France, 2010, p. 61-81.

[25]  « En Europe, il ne subsiste plus que de minuscules vestiges des gigantesques forêts primaires décrites dans l’Antiquité, tout le reste a été modelé et exploité par l’homme », op. cit., p. 18.

[26]  Pierre Ouzoulias, « Nos natura non sustinet. À propos de l’intensification agricole dans quatre terroirs du nord des Gaules », Gallia, 2014, 71, 2, p. 307-328.

[27]  Tertullien, De anima, 30, 3-4. Je donne le texte original en latin de la dernière phrase qui est souvent citée : Summum testimonium frequentiae humanae : onerosi sumus mundo, uix nobis dementa sufficiunt, et necessitates artiores et querellae apud omnes, dum iam nos natura non sustinet.

[28]  Paul Mattei, « Nature, histoire et morale dans le De cultu feminarum de Tertullien », Vita Latina, 1990, 120, p. 21-30.

[29]  « Il faut donc dire que ces choses qui ne sont pas de Dieu ne sont pas bonnes, même d’une bonté naturelle, mais que ce sont les inventions du diable corrupteurs de toute la nature », Tertullien, De cultu feminarum, I, 8 (trad. J. A. Buchon).

[30]  Dans un autre traité, le De uirginibus uelandis (Du voile des vierges), Tertullien explique que le voile des femmes est la reconnaissance vestimentaire particulière de leur culpabilité et doit leur être imposée.

[31]  « Tu enfantes dans les douleurs et les angoisses, femme ; tu subis l’attirance de ton mari et il est ton maître. Et tu ignores qu’Ève, c’est toi ? Elle vit encore en ce monde, la sentence de Dieu contre ton sexe », Tertullien, De cultu feminarum, I, 1, 1-2.

[32]  Laetitia Ciccolini, « Devenir chrétienne à Carthage (IIe-IIIe siècle) », Cahiers d’études du religieux. Recherches interdisciplinaires, numéro spécial, 2011, en ligne.

[33]  Op. cit., p. 44.

[34]  « Homo sum ; humani nihil a me alienum puto », Terence, Heautontimoroumenos, I, 1, v. 77.

[35]  Paul-Henri Thiry d’Holbach, La Morale universelle, ou Les devoirs de l’homme fondés sur la nature, Paris, Masson, 1820 (1776), I, p. 74-75.

[36]  Op. cit., p. 43.

[37]  Op. cit., p. 14.

[38]  Op. cit., p. 9.

[39]  Ibid.

[40]  Raymond Aron, Introduction à la philosophie de l’histoire. Essai sur les limites de l’objectivité historique, nouv. éd., Paris, Gallimard, 1991.

[41]  Boidin Bruno et Rousseau Sandrine, « Quelle transition vers un capitalisme soutenable ? Limites des actions volontaires et rôle des acteurs publics », Revue française de socio-économie, 2011, vol. 8, nᵒ 2, p. 187‑204.

[42]  Op. cit., p. 201.

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