Guerre de la fibre entre opérateurs télécom : dèjà des victimes...

Selon les opérateurs et à grand renfort de communication, être cablé à la fibre optique serait le "nec plus ultra" de la connexion téléphonique, internet et à la télévision. Sauf que les opérateurs Orange, Free et Bouygues semblent se livrer une guerre sans merci, immeuble par immeuble, au détriment du consommateur qui en est parfois la victime, comme dans le cas présent...

"Adieu à l'ADSL classique : puisque l'on vous dit que cela est totalement obsolète et dépassé : vivez avec votre temps, soyez dans la course, vive la fibre optique !..." A très grand renfort de publicité, les opérateurs se livrent, en substance, ainsi à une guerre sans merci pour gagner de nouveaux clients. Et dans cette guerre à tout prix, comme dans la plupart des guerres, il y a bien souvent des victimes... Chercher ainsi à gagner de nouveaux clients peut se faire au détriment des anciens clients. C'est typiquement le cas, ici, en plein Paris. Et dans d'autres endroits signalés dans les forums de consommateurs sur le web...

Abonnée depuis toujours à Orange, ma soeur Sylvie, 65 ans, souffrant d'un handicap, demeurant à Paris dans le 10è, Boulevard de la Villette, non loin de la Place Stalingrad, connectée jusqu'ici à la fibre optique pour le téléphone, internet et la télévision (pour 40,99 euros par mois), s'est ainsi vue entièrement coupée du réseau depuis le 29 mai 2018, et cela à l'occasion d'une intervention bénigne dans l'immeuble, exécutée par l'opérateur Free. Il s'agissait de raccorder son nouveau voisin de palier du 5è étage à la fibre optique. Et depuis déjà plus d'1 mois et demi, c'est le blanc total pour Sylvie, le grand désert !... Plus aucun accès à ses mails, ni à son téléphone fixe, ni aucun accès à aucun programme de télévision (l'un de ses loisirs favoris)... Seul lui reste encore le téléphone mobile, et cela bien entendu à ses propres frais personnels, puisque rien ne lui a été proposé, bien qu'il s'agisse pourtant d'une ligne mobile Orange. Heureusement, elle a encore ses sorties, ainsi que son entourage familial et social.

Lors de cette intervention malencontreuse, Sylvie s'est sentie comme "cambriolée" dans son appartement, et même, dit-elle, violentée dans son intimité, frôlant la crise dépressive... Aucun interlocuteur humain pour la rassurer au service Client. Aucune excuse de la part d'Orange ni de Free, aucune proposition d'indemnités pour le préjudice subi, bien au contraire, les factures continuent à être prélevées par Orange, comme si tout était normal... Malgré toutes ses réclamations, Sylvie se sent donc, lorsqu'elle est chez elle, isolée du monde depuis plus de six semaines en plein Paris, sans son téléphone fixe, sans internet et sans télévision. Et cela ne se passe ni en Lozère, ni en Nouvelle Calédonie, mais dans la capitale de l'un des premiers pays industriels de la planète, lequel se revendique comme étant civilisé...

 

 

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