Plaidoyer pour la voiture hybride rechargeable

L'hybride rechargeable est La Solution en matière de déplacement automobile pour aujourd'hui, demain et sans doute après-demain.

 

Avec une autonomie qui doit pouvoir atteindre, sans beaucoup de difficultés techniques, la cinquantaine de kilomètres en mode tout électrique, un véhicule hybride rechargeable - la nuit sur une prise de courant ordinaire s'entend - permettrait à un grand nombre de conducteurs d'effectuer les trajets quotidiens domicile - lieu de travail, aller et retour, sans passer par la case station-service.

 

C'est le même véhicule qui permettrait également à ces conducteurs et à leurs familles de répondre à leurs besoins de déplacements plus longs, le week-end ou pour les vacances par exemple.

 

Nous sommes nombreux à trouver incompréhensible, pour ne pas dire consternant, qu'un constructeur comme Toyota, pionnier dans le domaine des véhicules hybrides avec sa Prius commercialisée depuis plus de dix ans, s'impose une phase de test si longue avant de commercialiser sa Prius rechargeable.

 

Surtout, le test en France est réalisé à Strasbourg en partenariat avec EDF dans le but, nous dit-on, de préparer la mobilité de demain en termes d'implantation dans nos espaces publics de prises électriques spécifiques destinées au rechargement des voitures électriques

 

Autrement dit, on travaille sur des hypothèses et des scénarios pour demain sans s'intéresser vraiment à ce qui est réalisable dès aujourd'hui pour un marché déjà considérable, celui des conducteurs qui disposent d'un garage ou d'un parking individuel équipé d'une simple prise de courant électrique 220 V.

 

Tout se passe donc comme si on avait peur de commercialiser rapidement des véhicules capables de se passer du sacro-saint pétrole pour une bonne part des déplacements courants des Français ou, plus généralement, des consommateurs quelle que soit leur nationalité.

 

Les "mauvaises langues" - mais est-on si sûr qu'il faille les qualifier ainsi ? - on vite fait de dire qu'une telle pusillanimité n'est pas le fruit du hasard mais que l'explication est plutôt à chercher du côté du puissant lobby des pétroliers.

 

Là serait bien l'explication, nous sommes très nombreux à en avoir la conviction profonde.

 

Dès lors, que faire ?

 

Le poids des compagnies pétrolières dans notre économie mondialisée est tel que prétendre inverser la tendance semble relever de l'utopie ou de comportements de Don Quichotte.

 

Certes, dans le cadre d'un non-dit soigneusement entretenu, il y a manifestement un consensus international entre les acteurs majeurs, aussi bien économiques que politiques, pour faire perdurer aussi longtemps que possible des schémas de profit colossaux organisés autour du raffinage et de la distribution massive de produits pétroliers à usage de carburant.

 

Que pèsent les simples citoyens là-dedans ?

 

Au cours de sa carrière le général De Gaulle a, on le sait, eu plusieurs fois l'occasion de dire - ou de déplorer ? - que les Français étaient des veaux.

 

Nombreux sont sans doute les pétroliers, les gouvernants ou encore les constructeurs automobiles, à considérer, pour s'en féliciter naturellement, que les citoyens-consommateurs, aussi, sont des veaux.

 

Des veaux ou, parfois hélas, ... des moutons d'abattoir, comme pour le colonel Kadhafi, qui fait mitrailler sa population par des avions de combat !

 

La Libye, le colonel Kadhafi, le pétrole...Toujours le pétrole.

 

Le pétrole si important que la diplomatie française ne voulait surtout pas contrarier les fous, les fous délirants, un paranoïaque sanguinaire même...

 

Et non, tout cela n'est pas très glorieux, comme ne serait pas glorieux le comportement de la Présidence de la République s'il était confirmé qu'ont été retirés ou déplacées en catimini de son site Internet les photos du dernier déplacement, mémorable pourtant, du colonel Kadhafi, qui avait campé dans les jardins de l'Élysée en décembre 2007...

 

Pourtant, continuer de penser que les citoyens ou les consommateurs sont des veaux serait une erreur, en particulier, pour nos chers constructeurs automobiles.

 

Ce serait, en effet, sans compter sur le gigantesque instrument de contre-pouvoir qu'est devenu Internet, comme le démontre l'utilisation, extrêmement mature, qui en a été faite dans les pays d'Afrique du nord et avant cela par la jeunesse iranienne.

 

L'histoire enseignera certainement que les révolutions qui se sont déroulées sous nos yeux, hélas un peu blasés, en Tunisie, en Égypte, et maintenant en Libye, sont les premiers événements politiques majeurs de l'aire Internet.

 

Ceci ne permet-il pas de clamer : "consommateurs de tous les pays faites, vous aussi, votre révolution" ou, du moins, "faites entendre votre voix efficacement en utilisant les formidables instruments de levier mis à votre disposition par l'Internet" ?

 

Comment ? Est-il utile de le dire : en multipliant les blogs, les forums les tchats, les courriels - et courriers postaux - aux constructeurs automobiles.

 

Mais aussi en se rendant dans les halls d'exposition des succursales et des concessions pour faire entendre une demande claire de véhicules hybrides rechargeables.

 

Au cours de ces dernières années, je me suis rendu souvent chez Toyota pour demander à quand la Prius rechargeable ?

 

J'ai été extrêmement surpris de voir que mon obstination, pourtant courtoise faut-il le souligner, dérangeait à ce point qu'après m'avoir pris souvent pour un imbécile, on en est venu à des attitudes franchement hostiles pour me répondre sèchement que ce n'était pas à l'ordre du jour.

 

Or, si un commercial peut se permettre de prendre pour un imbécile un consommateur isolé, ce ne sera plus possible dès lors qu'un grand nombre de consommateurs agiront dans le même sens et arriveront dans les concessions avec la même demande. Soyons en certains, ces demandes remonteront vite vers les lieux de décisions si elles sont nombreuses.

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