Mitterrand : les derniers jours de l'ancien président

François Mitterrand fut un président controversé. Si son bilan reste mitigé, il faut avouer qu'il a fait avancer la démocratie et à son actif, restent des réformes importantes que personne ne peut nier. Nous nous souviendrons en particulier de ses derniers jours qui représentent vraiment son dernier combat.

François Mitterrand © Pierre-Alain Reynaud François Mitterrand © Pierre-Alain Reynaud
1994 - 1995 : une fin de règne douloureuse

Au cours des derniers mois de sa présidence, François Mitterrand, fortement diminué par la maladie, est contraint de rester la plupart du temps allongé.

Ne se présentant plus à l'élection présidentielle de 1995, il incite alors Jack Lang à briguer la présidence de la République et entretient des relations tendues avec le candidat du Parti socialiste, Lionel Jospin, qui se montre assez critique envers son passé et le bilan de sa présidence, en utilisant l'expression du « droit d'inventaire »

 Arrivé en tête au premier tour de l'élection présidentielle, Lionel Jospin est ensuite battu par Jacques Chirac au second tour le 7 mai 1995.

Le 8 mai, le président élu, Jacques Chirac, et François Mitterrand, encore en fonction, célèbrent à Paris la victoire de 1945 et affichent une bonne entente.

Pour la première fois deux présidents de la République française se retrouvent côte à côte dans ce genre de cérémonie.

Le 17 mai 1995, deux heures avant sa passation de pouvoir avec Jacques Chirac, François Mitterrand prend le petit-déjeuner avec l'écrivain et académicien Jean d'Ormesson qui sera ainsi la dernière personnalité reçue par le président Mitterrand à l'Élysée.

Après un entretien privé, Jacques Chirac est officiellement investi et François Mitterrand lui transmet ses pouvoirs, au cours d'une cérémonie officielle au palais de l'Élysée.

Après la passation de pouvoirs, François Mitterrand se rend au siège du Parti socialiste, rue de Solférino, où il prononce son dernier discours public.

En tant qu'ancien président de la République, il devient membre de droit du Conseil constitutionnel, mais refuse d'y siéger.

Il préfère se consacrer dès lors principalement à la lecture, à l'écriture et effectue de nombreux déplacements (familiaux et politiques), bien qu'étant très affaibli par la maladie

Il reçoit chez lui des hommes politiques comme Henri Emmanuelli, Michel Charasse, Michel Barnier, Édouard Balladur ou encore l'ancien président de la République Valéry Giscard d'Estaing, à qui il déclare que sa victoire de 1981 face à lui est due à la « trahison » du RPR et de Chirac.

Devant ses visiteurs, il désapprouve deux décisions prises par Jacques Chirac au début de son mandat :

- la reprise des essais nucléaires français 

- et la reconnaissance de la responsabilité de la France dans la déportation vers l'Allemagne de Juifs français sous l'Occupation.  

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