CHRONIQUES DE PIERRE (avatar)

CHRONIQUES DE PIERRE

Journaliste - Editeur

Abonné·e de Mediapart

311 Billets

0 Édition

Billet de blog 9 octobre 2020

CHRONIQUES DE PIERRE (avatar)

CHRONIQUES DE PIERRE

Journaliste - Editeur

Abonné·e de Mediapart

LA RÉFUGIÉE D’AUBERVILLIERS

CHRONIQUES DE PIERRE (avatar)

CHRONIQUES DE PIERRE

Journaliste - Editeur

Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Porte d’Aubervilliers 28 janvier 2020 au petit matin. Il fait plutôt froid et des files d’hommes se sont formées en attendant l’arrivée des premiers bus qui doivent les conduire vers plusieurs gymnases en Île de France. Un peu plus loin, ce sont des familles avec une centaine d’enfants qui sont évacués. Au total, ce sont plus de 1.400 migrants qui sont évacués par la police. Parmi tous ces pauvres gens qui vivent depuis des mois, parfois depuis plus d’un an, dans des conditions indignes, en bordure du périphérique, sous des tentes ou dans ces abris de fortune, des femmes errent, allant de gauche à droite, les yeux hagards. Au milieu de cette foule en guenille, l’une d’entre elles se détache et traverse la route pour se diriger on ne sait où. Elle est semble avoir moins de 30 ans, vêtue d’une robe grise usagée. Visiblement, elle est enceinte. S’apercevant de la détresse apparente de la pauvresse, Élisabeth, bénévole de l’association Le Relais Bleu, s’approche d’elle pour lui proposer une aide. Mais la jeune femme ne semble pas comprendre le français. Alors, il faut chercher un interprète qui s’avère impossible à trouver. Quelques heures plus tard, l’intervention d’un individu, un migrant lui aussi, qui parle un peu le français, laisse supposer que la pauvresse est peut-être originaire du Bangladesh. Émue par sa souffrance perceptible et son grand désarroi, Élisabeth la conduit chez elle pour lui apporter quelques soins. Plusieurs journées vont s’écouler et au fil du temps, la jeune femme entre en confiance. Elle va même s’exprimer avec quelques mots qui restent toutefois incompréhensibles. Ce n‘est que quinze jours plus tard qu’un interprète va pouvoir apporter quelques informations sur cette migrante qui ne peut cacher ses peurs et ses tourments. Tout laisse à croire désormais qu’elle a profondément souffert et qu’elle a connu les pires brutalités et de nombreux sévices. Mais quelque part, il apparaît aussi qu’elle subit encore par moments, certaines absences de mémoire dues sans doute aux moments douloureux et tragiques qu’elle a vécus.

Illustration 1
La réfugiée d'Aubervilliers © José Gallien

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.