L’Allemagne pourrait reléguer la France en deuxième division

Les moyens mis en œuvre par l’Allemagne pour contrer la crise sont malheureusement sans commune mesure avec ceux consentis par la France, dénonce Sébastien Laye, chercheur associé à l’Institut Thomas More, dans sa chronique à Capital.

Berlin © José Gallien Berlin © José Gallien
C’est une procrastination intellectuelle bien caractéristique des élites françaises que de se désoler sur les retards français face au modèle ordo-libéral allemand : une fascination naïve, que nous avons maintes fois dénoncée, car l’économie ne fait pas la totalité du modèle économique d’un pays et car chaque pays a ses spécificités… Mais tout de même, en pleine crise économique, le déni français de la sombre réalité est manifeste quand on compare les premiers plans de relance annoncés… « Vérité en deçà des Pyrénées, erreur au-delà », ou plutôt en deçà du Rhin, pourrions-nous dire avec Montaigne !

Or, la réaction énergique de l’Allemagne à la crise risque de nous placer loin derrière d’elle pour plusieurs années : déjà plus vertueuse en matière de finances publiques, l’Allemagne a abordé cette crise avec de nombreuses réserves et marges de manœuvre pour y faire face.

Surtout, elle a su adopter la bonne stratégie de lutte contre le virus, avec plus de tests et une politique de confinement plus adapté. Elle sort ainsi moins affectée que la France ou le sud de l’Europe de cette crise sanitaire. Cependant, la crise économique ne l’épargne pas. On rappellera ici que l’industrie allemande était en récession avant même la crise du Covid et que cette dernière fut le catalyseur d’une récession généralisée.

Surtout, le modèle exportateur allemand a très tôt cette année souffert du ralentissement chinois puis de la fermeture des débouchés européens (d’où la volte-face intéressée de Mme Merkel sur les plans de relance européens). Lire l'article complet

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