4 PROPOSITIONS POUR UNE MONDIALISATION DEMOCRATIQUE ET JUSTE (suite 1)

Bonjour,

Dans mon premier billet (du 9 octobre) consacré aux 4 propositions du journaliste George Monbiot, je rapportais des extraits de sa démarche et de sa première proposition :

"Une caisse de compensation internationale pour remplacer le FMI et la Banque Mondiale"

 

Aujourd'hui je rapporte des extraits d'une deuxième proposition:

"UNE ORGANISATION MONDIALE DU COMMERCE EQUITABLE"

 

extraits

......Le commerce internationale est l'enjeu qui génère le plus d'intérêt chez les altermondialistes du monde riche.4 raisons rendent compte de ce phénomène.

-La première est un sentiment d'injustice, fondé sur la reconnaissance des grandes inégalités-d'opportunités et de conséquences-inhérentes à la façon dont le commerce global est régulé.

-La seconde a trait à la perte des pouvoirs démocratiques qui permettent de défendre l'environnement, les travailleurs et les consommateurs:le coeur de la régulation du commerce global est en grande partie gardé secret et n'a de compte à rendre à personne.

- La troisième raison est l'anxiété à l'égard de l'érosion de l'intégrité culturelle et de l'identité régionale.

-La quatrième est la crainte de la perte d'emplois au profit de forces de travail moins chères à l'étranger.

 

Le libre marché et le localisationnisme condamnent de nombreux pays pauvres à rester prisonniers du rôle de pourvoyeurs de matières premières bon marché au monde riche.Par ailleurs il est peu probable qu'une industrie naissante-c'est à dire qui développe, pour la première fois, un ensemble de produits oude services dans un pays-puisse survivre en situation de concurrence directe avec des industries bien établies à l'étranger.

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Le plus grave problème auquel le monde fait face est sans doute le changement climatique, et le secteur dont la contribution au changement climatique croit le plus vite est le transport.La circulation de biens autour du monde est extraordinairement gaspilleuse et inefficace (l'exemple des céréales transitant d'un bout à l'autre du monde, des salades acheminées vers l'Europe ayant poussé au Kenya avec de l'eau volée au peuple Samburu-ce qu'on appelle l'eau virtuelle exportée par tous ces pays en zone aride exportateurs de fruits et légumes -...qui conduisent à l'abandon des centaines d'hectares de cultures maraichères en Europe ...

Ce mécanisme prévaut pour plusieurs raisons: l'une est que les pays pauves sont contraints d'exporter de vastes quantités de marchandises brutes pour gagner l'argent nécessaire pour payer leurs dettes...;mais la raison principale est que les prix des produits n'incluent pas les coûts tels que les dommages à l'environnement et le vol des ressources.Ces coûts sont "externalisés" ce qui est une autre façon de dire que d'autres (les Samburu,etc..) paieront la facture.

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Pour revenir à l'industrie naissante, les nations pauvres devraient être autorisées, lorsque cela est nécessaire, à déployer la stratégie qui a permis à presque toutes les nations riches de se développer, c'est à dire à protéger leurs industries naissantes.Elles devraient pouvoir imposer des conditions strictes aux investisseurs étrangers.Il devrait aussi être permis, dans certaines circonstances (ainsi par exemple avec les médicaments de traitement du sida,....) de passer outre les protections liées à la propriété intellectuelle pour accorder les transferts technologiques que les règles du commerce refusent aux nations les plus pauvres. D'un autre côté, les pays riches ne seraient pas autorisés à subventionner leurs industries ni à imposer des tarifs douaniers ou d'autres restrictions sur les importations des nations plus pauvres.

Cela peut paraitre discriminatoire, mais est en réalité parfaitement équitable, dès lors qu'à mesure que les nations pauvres s'enrichiraient, elles seraient obligées de libéraliser peu à peu leurs économies au même degré que les pays qu'elles auraient rattrapés. EN établissant ainsi un gradient d'opportunité, ce système permet une égalité de résultat que le libre marché et la localisation empêchent.

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Ceci étant il n'existe pas de formule toute faite pour le développement économique. Certaines nations pourraient découvrir qu'en fait, elles répondent mieux à leurs besoins en ouvrant leurs frontières. D'autres pourraient trouver que, tandis que le transfert de technologies est important,les barrières douanières ne le sont pas,ou que les coûts des subventions à l'exportation dépassent les bénéfices qu'ils délivrent.

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En plus de garantir une protection aux industries naissantes, un commerce mondial rééquilibré prescrirait et mettrait en oeuvre des STANDARDS auquels les entreprises qui souhaitent faire du commerce international devraient se soumettre. ce serait là la FONCTION PREMIERE d'une organisation du commerce équitable.Ainsi fonctionnerait-elle comme une instance qui attribue des licences. Autrement dit une entreprise ne serait pas autorisée à faire du commerce international tant qu'elle ne serait pas capable de démontrer qu'à toutes les étapes de sa production, fabrication et distribution, ses propres opérations et celles de ses fournisseurs et sous-traitants remplissent les standards établis.Ses performances seraient évaluées par une entreprise de certification accéditée par l'organisation. Cela FONCTIONNE déjà chez les par les mouvements volontaires pour un commerce équitable. Il appartiendra à l'organisation de le rendre obligatoire et universel.En outre ces entreprises de certification détermineraient si oui ou non les entreprises paient un prix juste pour les ressources qu'elles utilisent.

Par ailleurs nous ne partons pas de zéro au niveau des standards ,élaborés au fur et à mesure depuis 1919 par diverses institutions (BIT,OCDE, etc....).

DE même qu'au niveu des moyens pour la mise en oeuvre des règles: dans la plupart des nations les inspecteurs du travail doivent donner une autorisation de fonctionnement à un site industriel pour qu'il soit permis d'y travailler.

L'entreprise qui enfreint ces règles, peut perdre sa licence pour commercer et ses responsables faire face à des poursuites. Nous pourrions chercher alors à étendre le mandat de la Cour pénale internationale.

Bref si les entreprises agissent au niveau international,alors il doit en être de même au niveau des règles.

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Dans le système que nous proposons, la croissance des exportations devient la mesure de quelque chose de différent. Elle représente aujourd'hui un mélange de gains et de pertes au bien -être national, agrégé de façon trompeuse en un seul chiffre. Notre prescription sépare ces mesures de façon efficace. L'extraction et l'exportation de ressources naturelles seraient dans la plupart des cas comptabilisées comme des PERTES pour l'économie nationale.Le travail humain et le déploiement de compétences seraient mesurés comme des gains. Les nations verraient ainsi tout de suite si le commerce tes enrichit ou les appauvrit.

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Une contradiction s'est insérée entre cette proposition et celle précédente en faveur d'une Caisse de compensation Internationale !!

CAR pour réussir les nations pauvres doivent pouvoir conserver un surplus commercial plusieurs années de suite et les nations riches auraient, entre elles, à conserver un déficit correspondant. Une possibilité que la Caisse de Compensation empêche.

Dans ce cas nous préconisons l'établissement d'une Organisation de commerce équitable précédant celui d'une Caisse de compensation.

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Nous pouvons ainsi commencer à discerner un programme politique: la Caisse de compensation générerait alors l'argent nécessaire pour des élections globales et un parlement mondial.Le Parlement à son tour, pourrait être utilisé pour examiner et mettre au défi les décisions des 2 autres organisations.

Le changement économique précède ainsi le changement politique.

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Ce sera l'objet des 2 autres propositions de G.Monbiot dans mes 2 prochains billets.

 

Bien à vous.

Pierre Sélim LEBRUN

 

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