Un établissement d'enseignement multiculturel méditerranéen

Né à Tunis en 1954 (dans un contexte relativement serein que j'attribue entre autres à la clairvoyance politique,à la générosité d'esprit ,au culte du dialogue des 2 principaux protagonistes de l'indépendance tunisienne; Mendes France et Bourguiba) , mon existence ancrée dans les réalités tunisienne ,algérienne et française (pour simplifier) a fait que j'ai naturellement nourri beaucoup d'espoir de paix et de véritable échange lorsque en novembre 1995 eurent lieu ,à Barcelone, deux événements "historiques" en relation avec la Méditerranée: la Conférence euro-méditerranéenne et le Forum Civil Euromed. La bonne question évoquée à cette occasion par le Président de l'Institut Catalan de la Méditerranée (maitre d'oeuvre principal avec l'Unesco de ces "événements") fut de savoir si cet événement sera susceptible de se reproduire sous la forme d'un forum permanent de dialogue,de coopération et de relation. Pourquoi n'y eut-il pas de suite à ce fol espoir si ce n'est sous la forme de quelques forums confidentiels à peine signalés et encore moins largement diffusés(et pour cause le parti des réfractaires à ce projet de véritable traité de paix et de civilisation entre méditerranéens, y compris chez nos gouvernants de gauche à l'époque!! étant majoritaire ): cet aveuglement,cet autisme ,s'il devait perdurer ,risque de nous conduire vers des situations de plus en plus inextricables,compromettant jusqu'à l'avenir de nos enfants!

Pour ma part , résolument optimiste, j’ai imaginé avec 2 autres amis (en 2003/2004 déjà) un projet EVIDENT quand on pense l’avenir, la construction d’une Méditerranée se prenant en charge !

Bref voici une note résumée de ce projet pour lequel je me réjouirai de connaître votre point de vue.

Note de réflexion sur l’opportunité

d’un établissement
d’enseignement multiculturel méditerranéen

«l’homme est l’ennemi de ce qu’il ignore»

Aller dans le sens de l’histoire

Le tropisme naturel, géostratégique, économique, culturel des pays de la rive sud de la Méditerranée et, à un degré moindre, ceux de la Mer Noire, c’est l’Europe. Plus des deux tiers de leur commerce extérieur se fait avec l’Europe, les flux migratoires sont essentiellement en direction de l’Europe.

Cette rive Sud de la Méditerranée est essentielle au volet méditerranéen de l’Europe : c’était le cas naguère, ce l’est encore davantage aujourd’hui avec la dynamique ouverte par la chute du mur de Berlin et l’ouverture sur l’Est.

En prévision d’un futur qui, inéluctablement, verra dans la Méditerranée un lieu de transit, de passage, de commerce et d’échange et non plus une frontière, l’Europe et les pays du Maghreb ont signé des accords pour construire ce futur.

Or ce futur de plus en plus fera appel à des femmes et des hommes parfaitement au fait des langues et cultures où se fondent les identités de part et d’autre de la Méditerranée.

On a des lycées franco-allemansd ou franco-italiens, on a un lycée international à Saint Germain en Laye : comment se fait-il que nous n’ayons en France aucun établissement Franco-Arabe/Méditerranéen, qui, à l’instar de ce qu’a fait le collège SADIKI de Tunis, ou d’autres établissements bi/multi-culturels ailleurs (l’exemple des Lycées anatoliens en Turquie est édifiant), promeut deux/plusieurs cultures ? Alors qu’il y a bientôt 200 millions d’arabophones, que nombre d’entreprises françaises externalisent une partie de leurs fonctions dans les pays du Maghreb et le reste du bassin Méditerranée-Mer Noire, que nombre de leurs collaborateurs sont de langue arabe, turque, il n’y a pas en France de volonté institutionnelle de faciliter et de structurer dans ces cultures méditerranéennes l’éveil et la formation intellectuelle. Pourquoi ?

Le partenariat euroméditerranéen lancé à Barcelone prévoyait un volet « Partenariat culturel et humain ». Aux côtés des deux autres volets « Partenariat politique et de sécurité » et «Partenariat économique et financier», il se donnait pour objectif de favoriser la compréhension entre les cultures et les échanges entre les sociétés civiles.12 ans après, cette ambition n’a pas été satisfaite. L'objectif demeure : favoriser les interdépendances, analyser et comprendre les fractures dans leurs origines, dans les formes qu’elles ont prises, dans leurs résolutions possibles, organiser les rencontres. Alors les citoyens, les entrepreneurs, les travailleurs, les jeunes, les femmes et les hommes politiques pourront comprendre et agir dans un espace qui fera sens. Alors l’Europe confortera son espace Sud. Aujourd'hui la Méditerranée n'existe que par l'imaginaire qu'elle suscite.

Former à une réflexion bi/multiculturelle culturelle…

L’être-avec que l’histoire assigne aux deux rives de la Méditerranée et les multiples formes de coopération qui s’ensuivront appellent des esprits formés au dialogue et à l’échange dans la diversité des langues et des cultures. L’Europe et l’entité Méditerranée/merNoire auront besoin très rapidement de femmes et d’hommes avertis des réalités historiques, sociologiques, économiques des deux rives de la Méditerranée, des problématiques qui s’y sont fait jour, pour se faire une idée juste de la réalité de ce qu’il est possible de faire et d’en construire une représentation commune et partagée, préalable indispensable à l’action.

Il s’agit de créer dans une ville représentative du littoral français, un établissement d’enseignement, collège et lycée à vocation méditerranéenne.

Cet établissement, le premier en France aura pour mission de décliner tous les cursus/filières/orientations … à l’aune des réalités méditerranéennes. Pour cela, les enseignements et les apprentissages auront pour objectif constant et fil directeur la connaissance, la compréhension des réalités et des problématiques de la zone méditerranéenne : langues, histoire, religion, géographie, littérature, économie, sociologie, etc.

Il s’agit de s’ inspirer, en les réactualisant, des expériences concluantes d’établissements d’enseignement secondaire ayant formé des générations d’élèves intégralement bi/tri lingues par exemple le collège SADIKI de Tunis et d’établissements à Beyrout, Damas, Le Caire,en Turquie,….

Le partenariat euroméditerranéen lancé à Barcelone prévoyait trois volets :

« Partenariat politique et de sécurité »,

« Partenariat économique et financier »

« Partenariat culturel et humain ».

Ce dernier volet se donnait pour objectif de faciliter la compréhension entre les cultures et les échanges entre les sociétés civiles, de favoriser les interdépendances, de comprendre les fractures, d'organiser les rencontres.

Alors les citoyens, les entrepreneurs, les travailleurs, les jeunes, les femmes et les hommes politiques pourront comprendre et agir dans un espace qui fera sens. Aujourd'hui la Méditerranée s'impose pas sa géographie mais n'existe que par l'imaginaire qu'elle suscite.

….et donner un bâtiment/espace exemplaire
à cette pédagogie spécifique et innovante

Conçus au plus près de « la démarche Haute Qualité Environnementale », l’établissement et son espace seront démonstratifs des solutions/réponses au regard des enjeux environnementaux méditerranéens : raréfaction et optimisation des ressources hydrauliques, énergie solaire, etc…

Cet espace devra être exemplaire de ce que peut apporter l’architecture à ceux qui y vivent en infléchissant les comportements des élèves, enseignants, hôtes de passage, en étant l’illustration du développement durable dans une zone fragilisée écologiquement et déjà marquée par certaines formes de pénuries, d’insuffisances, de dégradations voire de pollutions : eau, sol, couverture végétale, côtes maritimes,…

.s’impose comme l’autre pilier ou finalité du projet. :le bâtiment perçu comme un véritable outil d’apprentissage réflexif ,d’apprentissage pour la vie, d’apprentissage de la responsabilité …. lieu d’une transition des valeurs de compétition vers des valeurs de coopération ou dit encore autrement la valorisation du fait de savoir vers la valorisation du « savoir être »

Ces objectifs supposent par ailleurs une politique volontariste au niveau de :

· l’apprentissage intensif des principales langues méditerranéennes et la possibilité de pouvoir les apprendre toutes ;

· l’échange d’élèves (à l’instar de l’office franco-allemand de la jeunesse depuis la fin de la seconde guerre mondiale : plus de 5 millions de bénéficiaires par immersion complète dans la société/famille d’accueil.)

L’ingénierie serait constituée de différents acteurs internationaux (Union européenne, banque européenne d’investissement, banque mondiale, etc.), nationaux (Ministères, etc.), territoriaux (collectivités territoriales, etc.) ou privés (Fondations, etc.) souhaitant à la fois communiquer sur les aides au service des porteurs du projet, et agir en favorisant le lancement d’évaluations thématiques, le recensement de besoins auprès d’acteurs.

Bien à vousPierre Sélim LEBRUN-Président de l'association "Méditerranée-Mer Noire-3 Continents à bord"contact: tel/ 04 90 22 54 17 mobile/ 06 81 62 84 35

 

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