L'alternative au capitalisme ne doit pas être le fascisme

L’alternative au capitalisme ne doit pas être le fascisme À ma droite Macron. Il est le plus pur produit du productivisme ultra-libéral et de la classe dirigeante.

 Derrière les mots fumeux de « modernisme » ou de « réforme », il casse méticuleusement tout ce qui reste de conquêtes sociales anciennes, il détricote toute forme de solidarité, il envoie ses pandores estropier ou éborgner ses opposants, il affiche mépris et racisme. Il accentue délibérément la montée du néofascisme en se posant comme seul rempart.

À mon extrême droite, l’héritière Le Pen. Mensonges, brutalité, simplisme d’une pensée faite de violence et d’usage systématique du bouc émissaire, l’immigration, avec l’entretien de la peur et la réhabilitation du suprématisme. Elle bénéficie d’un contexte favorable. La montée des idées brunes est mondiale. Le capitalisme est en crise, mais c’est de ce côté-là que beaucoup voient la solution, l’Histoire a déjà connu ce genre de phénomène.

Le vote français (et européen) pour l’extrême droite est un mélange de vote de classe, de vote de protestation et de vote d’adhésion.
Vote de classe, il n’y a qu’à regarder les régions qui ont le plus voté Le Pen. Les excluEs, les précaires ou la population ouvrière semblent s'être partagéEs entre l’abstention et l’extrême droite. Celles et ceux qui ont voté Le Pen ont voté contre leurs intérêts de classe. On retrouve dans ce vote une bonne partie du vote « Non » au référendum de 2005. Mais le refus de l’Europe libérale et de la pseudo « concurrence non faussée » avait alors été piétiné par nos « élites ».
Vote de protestation. Il y a 20 ans, les manifestantEs empêchaient Le Pen d’atterrir aux Antilles. Aujourd’hui, sa fille est en tête dans quasiment tous les DOM-TOM. Cas emblématique : Mayotte. Une population vivant massivement sous le seuil de pauvreté qu’on excite contre des encore plus pauvres ; le Président de la République plaisantant sur les kwassa-kwassa qui pêchent du Comorien ; l’amnésie sur l’assassinat du Comorien Ibrahim Ali en 1995 par les nervis fascistes ; sans oublier l’absence de réflexion collective sur le colonialisme français qui perdure. Tout ceci aboutit à 45% de vote pour les fachos.
Le mouvement des Gilets Jaunes a su mettre en question notre société de classe. Mais électoralement, cela a profité à l’extrême droite, notamment du fait de l'absence de perspective à gauche.
Vote d’adhésion. Dans ce monde capitaliste où les solidarités ont été détruites, les idées du « chacun pour soi », du rejet de l’étranger, du régime à poigne et du dirigeant charismatique ont fortement progressé. Les appareils de répression adhèrent massivement aux idées brunes. Les dirigeants du monde capitaliste ont légitimé l’exclusion, le racisme, la force brutale, faisant ainsi le lit des soudards. Le phénomène est mondial.

Et la gauche ? Elle paie le prix de longues années où elle a exercé le pouvoir et où elle a partout participé à la conquête de la planète par les forces néo-libérales. Elle paie le prix de toutes les luttes qu’elle n’a pas menées et qu’elle a brisées. En pleine déroute idéologique, elle affiche divisions, egos ou logiques de partis d’un autre âge.
Que dire des écologistes ? Ils ont profité de la mobilisation de la jeunesse. Défendre la planète est essentiel et urgent. Mais l’idée d’une écologie « ni de droite, ni de gauche » est grotesque. Le capitalisme vert existe déjà et l’écologie n’échappera pas à l’impérieuse nécessité d’affronter le système capitaliste.

Les questions fondamentales de l’inégalité, des discriminations, de la captation des richesses par une minorité, des solidarités à reconstruire, du « tous ensemble », du combat résolu contre le racisme, de la lutte des classes ne se sont pas évanouies. À nous de savoir contribuer à relancer les combats, nous n’avons pas le choix.
Ni Le Pen, ni Macron ! Ni patrie, ni patron !

 

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