Vague insoumise à Brest

Voici vingt quatre heures que la réunion publique de Jean-Luc Mélenchon a eu lieu à Brest. J'écris ces quelques lignes avec émotion, tant le nombre des présents m'a frappé. Nous étions plus de 4000, au-delà de ce que nous pouvions imaginer.

 

La réunion publique de Jean-Luc Mélenchon, tenue ce 28 février à Brest, est un succès considérable, une réussite qui témoigne d'une dynamique de campagne profonde, qui trace son sillon loin des chemins battus et rebattus de la politique traditionnelle. Bien des commentateurs ou des petits manœuvriers politiciens ne comprennent pas ce que nous sommes en train de construire avec le mouvement de la France insoumise : un vaste mouvement de citoyens et de citoyennes engagé.e.s, souvent pour la première fois, qui se réunissent autour d'un projet de gouvernement, qui a vocation à nous donner un nouvel horizon.

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C'est la construction d'un nouveau vote, étonnant pour beaucoup d'observateurs, qui est à l’œuvre dans notre campagne : le vote d'adhésion. Ce sont des idées claires – retraite à 60 ans à 40 annuités, sécurité sociale intégrale, égalité salariale hommes-femmes, transition vers une agriculture non conventionnelle et biologique – qui ont tenu lieu de fil rouge au discours de Jean-Luc Mélenchon hier. Ici, nul délire mystique ou tentative de noyer les poissons juridiques, encore moins de faire oublier des bilans calamiteux. Bien au contraire, clarté et cohérence rompent avec le jeu politicien habituel.

 

Car nous ne jouons pas. Et c'est aussi cet enseignement que je tire de mon combat de ces derniers mois. Les insoumis.e.s ne sont pas là pour participer à un agréable spectacle ou à l'énième répétition d'une farce présidentielle destinée à ce que tout change pour que rien ne change : ils sont engagés corps et âmes pour que change le quotidien dont ils voient, à travers leurs expériences partagées, qu'il est traversé des mêmes maux. Et ces maux ont une cause assez certaine : la volonté continue des plus riches d'accaparer sans limites, et de s'appuyer pour cela sur une caste politique déconnectée des réalités populaires. Nous les mettrons à la porte.

 

Jean-Luc Mélenchon, à l'image des insoumis.e.s, n'a pas oublié pourquoi ni pour qui il est engagé dans la bataille politique. Cette volonté de changement, qui repose sur un programme réaliste, seul à répondre aux défis du temps présent, est mue par la force de dizaines de milliers d'individus. Je ne saurai ici nommer tous ceux et toutes celles à qui nous devons ce magnifique succès. Mais un immense merci à tous les volontaires, à toutes et tous, merci mille fois. Décorer, assurer la sécurité, accueillir ces milliers de personnes, préparer un pot pour les volontaires, tenir la librairie, transporter ici ou là nos ami.e.s sont tant de choses essentielles à ce qu'un tel événement ait lieu.

 

 

Je dois m'arrêter un instant sur la belle dynamique que nous vivons à Brest. Nous savons pourquoi nous nous battons, ce qui nous rassemble à mesure que nous mettons nos vies en partage. De l'ouvrier au médecin, de l'aide-soignante à l'artiste, de l'enseignante au retraité, du cuisinier à l'institutrice, de l'étudiante au buraliste et j'en passe : nous apprenons chaque jour les uns des autres et dans nos yeux et nos mots passe le désir commun d'un avenir meilleur. Notre énergie déployée est de celle qui permet de replacer en l'avenir une certaine confiance.

 

Chacun et chacune à son poste, nous avons en une journée organisé une réunion publique incroyable, et comprenions, nous les volontaires et bénévoles, que l'élan qui nous motivait allait bien plus loin encore : à Brest, il semblerait même qu'une petite mélodie insoumise est appelée à se faire entendre bien davantage que les habituelles notes soporifiques qui ont fait grimper en flèche les taux d'abstention.

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Le chômage, la précarité, le mépris envers les classes populaires, sont des phénomènes qui marquent la réalité brestoise, sans doute particulièrement dans un pays durement touché par cela. De notre côté, nous faisons peuple, nous nous préparons à construire la 6e République demain, en comités constituants, et à garantir pour nous et celles et ceux qui nous suivront des conditions de vie dignes, une vie où manger n'est pas la voie la plus sûre vers le cancer.

 

Hier, alors qu'à vue d’œil s'étendait la file de celles et ceux qui souhaitaient entrer, dans un moment de tension heureuse, je me suis senti particulièrement fier et ému, de ce que nous avions accompli. Et, la joie en bandoulière, de ce que nous allions accomplir dans les mois qui viennent.

 

 

 

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