Les insoumis et Jean-Luc Mélenchon : renouer avec l’espoir

Je ne peux m’empêcher, au lendemain du rassemblement de 10 000 insoumis place de la Bataille de Stalingrad, d’écrire quelques mots. Ils ne seront pas là pour argumenter, étayer telle ou telle proposition marquante, regarder de près ou de loin les chemins que stratégie et conviction doivent nous faire emprunter.

               Je n’ai qu’une envie, ici, de partager une sensation collective, dont je suis persuadé que les limites réelles ne s’arrêtent pas dans le pays à celles de la place submergée ce 5 juin par l’enthousiasme et le nombre. En réalité, ce qui est en train de se produire dans la construction de ce vaste mouvement de la France insoumise, c’est la réunion de celles et ceux qui n’en peuvent plus, qui éprouvent une colère légitime devant le pays tel qu’il est conduit.

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            Certaines colères, passives, ne sont pas d’un grand intérêt. Retournées contre soi, elles peuvent aigrir plus que tout, et redoubler la violence sociale d’un lent affadissement individuel. Mais les colères exprimées hier sont joyeuses : elles portent en elles un avenir meilleur et dessinent activement un horizon où les plus nombreux ne seraient pas les plus opprimés (http://melenchon.fr/direct-suivez-defile-de-france-insoumise/).

            Elles montrent aussi, loin des caricatures faciles et prétentieuses de l’oligarchie, que le peuple, lorsqu’il décide de se mettre collectivement en mouvement, est une force de propulsion intelligente et porteuse. Toutes et tous sur cette place avaient compris, pour ne prendre que cet exemple, la centralité de l’enjeu écologique pour repenser nos existences et mieux vivre.

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            Toutes et tous, surtout, alors que défilaient les insoumis et insoumises de tout le pays et de tous les horizons, pouvaient voir dans la lutte de l’autre le miroir de la sienne. Ainsi de l’intermittent qui regardait le sombre destin réservé à la métallurgie française. Ainsi de l’ouvrier licencié qui savait que le combat était rude également pour celles et ceux qui quotidiennement se font contrôler dans les rues du simple fait de leur couleur de peau. Ainsi de l’infirmière qui, voyant la bataille que certains livraient pour une agriculture paysanne, ne pouvait manquer d’apercevoir le lien entre cette bataille et le nombre de cancéreux que son hôpital accueille.

            Ces visages de la France insoumise se regardaient mutuellement, et dans ces regards croisés un jour peuvent naître des projets qui durent longtemps. Nous ne sommes pas une multitude éclatée, déliée totalement les uns des autres, comme le rêverait l’imaginaire néolibéral. En nous reste ancrée et présente la force de sentir combien la solidarité est importante et nécessaire.

            La ligne politique de départ a été fixée : elle est à la mesure des enjeux que nous devons relever. C’est la victoire de l’insoumission qu’il faut viser pour 2017. Jean-Luc Mélenchon en est le candidat. Cette force collective peut nous permettre de renouer avec l’espoir, que nous reprenions goût au futur, comme il  le dit souvent. 

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                     Les élans de fraternité politique ne peuvent retomber. Cette démonstration continuera à être rendue dans les mois à venir, et les convaincus de la veille rejoindront ceux des mois précédents. Jean-Luc Mélenchon incarne avec talent et lucidité cette volonté d’insoumission. Au projet politique, au nombre des citoyens et citoyennes qui s’organisent, s’ajoutent opportunément le verbe et le souffle (https://www.facebook.com/JLMelenchon/?fref=ts).

                     Souffle contagieux, les vers conclusifs de son discours n’ont pas fini de le propager : « Vis maintenant, agis tout de suite. Ne te laisse pas mourir lentement, ne te prive pas d’être heureux » (Martha Medeiros).

 

 

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