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Le Club de Mediapart mar. 27 sept. 2016 27/9/2016 Édition de la mi-journée

Bio, pesticides et OGM.

Peut-on réduire de moitié l'utilisation des pesticides ?L’agriculture intensive a rempli son premier et vital contrat : nourrir les terriens. Bravo. Mais parfois au prix d'excès d'artifices. L’idée bio a apporté un nouvel alinéa au contrat : "ce serait bien si on pouvait nourrir sept ou même neuf milliards de terriens, sans dégâts collatéraux". L’idée était bonne. Malheureusement, elle s’est laissé corrompre par l’intégrisme en devenant : "plus aucun engrais ni pesticide de synthèse" – l’objectif de nourrir toute l’humanité ayant disparu au passage.

Peut-on réduire de moitié l'utilisation des pesticides ?


L’agriculture intensive a rempli son premier et vital contrat : nourrir les terriens. Bravo. Mais parfois au prix d'excès d'artifices.

L’idée bio a apporté un nouvel alinéa au contrat : "ce serait bien si on pouvait nourrir sept ou même neuf milliards de terriens, sans dégâts collatéraux". L’idée était bonne. Malheureusement, elle s’est laissé corrompre par l’intégrisme en devenant : "plus aucun engrais ni pesticide de synthèse" – l’objectif de nourrir toute l’humanité ayant disparu au passage.

Il est peut-être possible de réunir le meilleur de ces deux mondes – nourrir l’humanité, tout en n’utilisant que des techniques durables. En reprenant certaines techniques bio, essentiellement le retour aux rotations de culture, apportant ainsi plus de variété dans les champs et dans les assiettes, et réduisant naturellement les besoins en engrais et pesticides. Il s’agit d’alterner le blé avec des légumineuses capables de synthétiser des matières azotées ; ce qui nous ferait retrouver le souvenir et la saveur de plantes telles que lupin, luzerne, féverole ou autres pois chiches, fèves, lentilles, haricots… Mais en conservant la possibilité raisonnée de recourir aux engrais et pesticides de synthèse – au juste moment, en juste quantité – et en utilisant au mieux de nouvelles variétés. Ce meilleur des deux mondes existera peut-être un jour, mais pour l’instant ce n’est qu’un rêve, c'est encore un sujet de recherche, les affamés de la terre d'aujourd'hui n'en seront pas rassasiés. Si ce meilleur des mondes existe, on le trouvera sans doute entre les extrêmes, quelque part entre la chimie à outrance et le dogmatisme anti-chimie. Par exemple, le Grenelle de l’environnement a coupé la chimie en deux en demandant de réduire de moitié l'utilisation des pesticides d’ici à 2018.

Mais, est-ce possible ?

Une étude pilotée par l'INRA s'est penchée sur la question :

« Une baisse de l'ordre du tiers de l'utilisation des pesticides par rapport à 2006 serait atteignable avec des changements significatifs de pratiques, […] mais une baisse de production de 6% serait observée [en grandes cultures]. […]

« Une réduction de moitié de l’utilisation des pesticides supposerait une nouvelle conception des systèmes de production, avec des effets significatifs sur le niveau de production et les marges ; elle supposerait également des modifications au niveau des filières et des marchés, et des changements profonds s’inscrivant dans la durée. Par exemple, en grandes cultures, cet objectif supposerait d'allonger les rotations et donc d'introduire de nouvelles cultures dans les assolements : le développement de ces cultures de diversification qui sont, à l’heure actuelle, mal valorisées, nécessiterait une adaptation des filières. » (Ecophyto R&D – Quelles voies pour réduire l'usage des pesticides ? – Janvier 2010)

En résumé :

- Oui, c'est possible ; on peut réduire de moitié l'utilisation des pesticides ; impossible n'est pas français, surtout pas rue de Grenelle. Mais ce serait ni simple ni sans douleur. Il faudrait un changement de système de production – ce qui est peut-être faisable. Mais il faudrait aussi que des milliards de consommateurs changent leurs habitudes alimentaires pour absorber les nouvelles cultures dans les assolements – c'est beaucoup moins faisable : il ne s'agit plus d'attendre que les autres agissent, il faudrait, nous-même, mettre la main à la pâte. On a déjà bien vérifié la répugnance des hommes à mettre la main à la pâte et à changer leurs habitudes alimentaires...

- Oui, c'est possible ; mais il y aurait baisse de production Ce n'est pas le meilleur moyen d'affronter le défi alimentaire sur la planète.

Ce travail de l’Inra soulève une autre remarque :

- Le but est de tenter de réduire l’usage des pesticides.

- Il est acquis - voir par exemple  cet autre billet sur ce blog "La paille dans l’œil de l’OGM" - que les OGM résistants à un insecte permettent de réduire l’usage d'une catégorie de pesticides, les insecticides. A priori, c’est donc un des élément éventuel de la solution.

- Pourtant, cette possibilité n’est pas envisagée dans le travail de l’INRA. Explication des rédacteurs du rapport : « L'objectif étant d'identifier des stratégies de protection des cultures applicables dès à présent par les agriculteurs, les solutions proposées n'intègrent pas l’utilisation, entre autres, de variétés génétiquement modifiées. »

Les variétés génétiquement modifiées ne seraient pas applicables dès à présent pas les agriculteurs ? ! Alors que les surfaces cultivées en OGM dans le monde sont de 160 millions d’hectares, correspondant à environ cinq fois la superficie totale cultivée en France ? !

Faut-il conclure que le Lobby anti-OGM a fauché non seulement les OGM, mais également toute velléité de recherche dans le domaine ?

 

D'autres infos sur 

Écologie et environnement, mythe et réalité - ecologie-illusion.fr/

et 
http://ecologieillusion.blog.lemonde.fr/ 

 

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Tous les commentaires

Mr Morvan , c'est vous qui enfumez à fortes doses.

Vous jouer au candide qui découvre que les pesticides sont une calamité (perturbateurs endocrieniens prouvés) que la FAO en 2007 a prouvé que l'on pouvait vivre avec l'agriculture bio multicultures), vous défendez les ogm alors qu'ils ne sont que le cheval de troie d'une minorité dominante qui veut s'approprier (après la monnaie) tout la bouffe mondiale.

Comme vous êtes soit très naif, soit de mauvaise foi, je ne vois pas la necessité de continuer un dialogue qui est biaisé au départ.

     

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L'auteur

Pierre Yves Morvan

Ingénieur. écolo-sensible, mais pas écolo-rêveur

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