L'Allemagne était, est encore, l'un des plus gros émetteurs de CO2 par personne en Europe ; elle devait, doit encore, réagir pour améliorer ce bilan écologique désastreux. Elle a fait, fait encore, des efforts vers les énergies renouvelables et l'efficacité énergétique. Bravo.

Mais les Grünen ont poussé l'Allemagne hors du nucléaire... et tous ces efforts écologiques ont été anéantis, vertement détournés pour seulement compenser la sortie du nucléaire. Le résultat écologique est que l'Allemagne pollue autant qu'avant.

Les sites écologiquement bien-pensants sont enthousiastes "L'Allemagne sort du nucléaire sans polluer davantage". Mais... n'est-ce pas la moindre des choses ? L'urgence écologique pour les pays développés pollueurs est de polluer moins – ne pas polluer davantage est une défaite, et l'Allemagne est en déroute.

Superbe victoire des Grünen... à la Pyrrhus.

L’Allemagne promet de sortir du nucléaire, avec quelques éoliennes ; mais c'est loin de suffire. Il faudra aussi – c'est en cours – construire de nouvelles centrales au gaz et au charbon – pour compenser le nucléaire, mais aussi pour servir de béquilles aux éoliennes quand il n'y a pas de vent.

Le ministre allemand de l'environnement, Peter Altmaier, déclarait dans une interview à l’hebdomadaire Die Zeit en 2012, que d’ici 2020 son pays allait produire 35% de son électricité à partir de sources renouvelables ; bravo ! Mais il faisait remarquer, avec un bon sens assez rare dans les couloirs ministériels, que cela laisse encore 65 pour cent à couvrir (Courrier international, L'adieu au nucléaire ressuscite les centrales au charbon). Quelle aubaine pour le lignite allemand, maintenant que le concurrent nucléaire a été interdit de compétition !

Les quelques arbres d'acier de la maigre forêt éolienne cachent la gigantesque forêt fossile allemande : en 2011, 60 % de l'électricité allemande provenait de combustibles fossiles. (http://donnees.banquemondiale.org/indicateur/EG.ELC.FOSL.ZS)

    Sortir du nucléaire c'est peut-être bien, sortir du charbon, c'est mieux.

Plus informations et de références sur

Écologie et environnement, mythe et réalité - ecologie-illusion.fr/

et 
http://ecologieillusion.blog.lemonde.fr/ 


Écologie, mythes et réalité http://ecologie-illusion.fr/

 Pierre Yves Morvan

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Je ne sais pas pourquoi les français s'obstinent à nier les faits concernant la part du charbon et des fossiles en Allemagne. Je vais donc répondre en chiffres :

En 1990 production charbon (lignite + houille) = 56,7 % de production brute d'électricité. Gaz = 6,5 %, soit 63,2 % pour les fossiles.

Nucléaire = 27,7 %

Fioul = 2 %

Renouvelables = 3,6 %

Divers = 3,5 %

En 2012 production charbon (lignite + houille) = 44,8 % de la production brute d'électricité. Gaz = 11,3 % soit 56,1 % pour les fossiles.

Nucléaire = 16,1 %

Renouvelables = 22,1 %

Fioul = 1,5 %

Divers = 4,2 %

La production d'électricité est passé de 549 TWh en 1990 à 617 TWh en 2012 (année de record d'exportation avec 23 TWh exportés, vers la France notamment). Malgré cette augementation de la production, la baisse du contenu carbone du kWh produit en Allemagne est de plus de 22 % :

De 744 à 576 gCO2/kWh, entre 1990 et 2012. Et ce n'est qu'un début.

Sources : 

Statistisches Bundesamt; Bundesministerium für Wirtschaft und Technologie; BDEW Bundesverband der Energie- und Wasserwirtschaft e.V.; Statistik der Kohlenwirtschaft e.V.; AG Energiebilanzen e.V.