Catastrophe nucléaire au Kerala.

AFP-bobard, ce jour ; catastrophe nucléaire au Kerala.Des mesures de radioactivité faites dans l'état du Kerala par une organisation indépendante font penser qu'il s'est produit un événement grave quelque part dans l'état. 1Le Kerala est un état du sud-ouest de l'Inde.

AFP-bobard, ce jour ; catastrophe nucléaire au Kerala.
Des mesures de radioactivité faites dans l'état du Kerala par une organisation indépendante font penser qu'il s'est produit un événement grave quelque part dans l'état. 1
Le Kerala est un état du sud-ouest de l'Inde.

AFP-bobard, ce jour ; catastrophe nucléaire au Kerala.
Le CSRK, "centre de surveillance de la radioactivité dans l'état du Kerala", avoue qu'il a relevé des valeurs de radioactivité très élevées, allant jusqu'à 100 mSv/an. Interrogé, le directeur du centre n'a pas trouvé d'autres excuses que de dire que c'était naturel.
Naturel ; ben voyons.

AFP-bobard, ce jour ; catastrophe nucléaire au Kerala.
Suite à la catastrophe nucléaire qui vient de toucher l'état du Kerala, les autorités, pour monter combien elles sont soucieuses de la santé de leurs électeurs, ont décidé l'évacuation de toutes les personnes qui vivent dans les zones où la radioactivité dépasse 20 mSv/an.
Cette décision s'appuie sur les recommandations de la Commission internationale de protection radiologique – CIPR (en anglais International Commission on Radological Protection ou ICRP). La CIPR formule des recommandations en matière de réglementation radiologique. Ces recommandations sont généralement suivies par les états.
Les autorités du Kerala font savoir qu'avant de prendre cette décision douloureuse, elles ont pris contact avec les autorités japonaises, qui avaient pris la même décision suite au Tsunami de Fukushima : évacuer au delà de 20 mSv par an la première année.

AFP-bobard, ce jour ; catastrophe nucléaire au Kerala.
Suite à la décision d'évacuation prise par les autorités, des manifestations ont eu lieu dans l'état du Kerala. Les manifestants refusent de quitter leurs logements, en prétendant que le niveau de radiation dans leur quartier n'a rien à voir avec un quelconque accident nucléaire, que c'est naturel.
Naturel ; ben voyons.

AFP-bobard, ce jour ;
Lors d'un congrès international sur la radioactivité, le professeur Machin du CSRK, "centre de surveillance de la radioactivité dans l'état du Kerala", prétend que la radioactivité est naturelle, partout présente, variable d'un endroit à un autre et qu'elle atteint naturellement 50 à 100 mSv/an au Kerala.
Naturellement ; ben voyons.

AFP-bobard, ce jour ;
Des membres incontrôlés d'une organisation indépendante brûlent vif le professeur Machin, lequel aurait osé affirmer que la radioactivité dans l'état du Kerala est naturelle.
Naturelle ; ben voyons.

...

 Évidemment, tout le monde aura compris qu'il s'agit d'une fiction. Aucune organisation indépendante, depuis l'inquisition, n'a brûlé de professeur ni de sorcière. Les derniers bûchers ont éclairé les nuits du siècle des lumières.

 Il y a toutefois quelques éléments de vérité dans cette fiction.
- Il est vrai que le critère d'évacuation autour de Fukushima a été d'évacuer les zones où la radioactivité était supérieure à 20 mSv/an (la première année).
- Il est vrai que c'est la limite supérieure des recommandations de l'ICPR.
- Il est vrai que la radioactivité naturelle est très variable d'une région à une autre, de Paris à la Bretagne, de la Bretagne au Kerala : 2,5 mSv par an en moyenne en France, jusqu'à 50 ou 100 mSv au Kerala.

La question est donc :
- La radioactivité naturelle au Kerala est de 50 mSv/an ou plus.
- Si donc un accident nucléaire survenait au Kerala, faudrait-il fixer la limite d'évacuation à 20 mSv ? Mais alors, pourquoi ne pas faire évacuer le Kerala tout de suite ?
Le critère d'évacuation autour de la centrale de Fukushima fut de 20 mSv.

En attendant la réponse, la variété des paysages, la beauté de certains sites, font du Kerala une destination touristique recherchée. Même si ce sont des paysages à 100 mSv/an.

 Ce texte est une illustration du fameux problème dit des faibles doses d'irradiation, et des questions qui se posent :
- En dessous de 100 mSv/an, ces irradiations sont-elles nocives ?  Cela n'a jamai été constaté.
- Sont-elles plus nocives que le stress d'une évacuation forcée de son domicile ? Après toute catastrophe, guerre ou événement grave, il a toujours été constaté une altération de la santé physique et psychique des personnes déplacées.

 Pour en savoir plus :

Pollution et dangers des énergies. Centrales au charbon, énergie nucléaire 

 Pierre Yves

1 Il est déjà arrivé que des organisations indépendantes lancent des alertes de ce genre. Voir par exemple : Radiophobie, fantasmes et réalités (http://pseudo-sciences.org/spip.php?article62 )

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.