Réparer l'esclavagisme colonial et le racisme ancestral aux États-Unis

Le meurtre de George Floyd a réveillé les vieux démons qui continuent de hanter le quotidien des Africains-Américains.Victimes de discriminations protéiformes, de violences policières et de racisme institutionnalisé, leurs conditions d'existence n'ont cessé, au fil des siècles, de tomber de Charybde en Scylla.Le moment n'est-il pas enfin venu de réparer 400 ans d'injustices qui perdurent?

Les récentes émeutes de Minneapolis, consécutives à la mort d'un Africain-Américain, déclenchant scènes de pillages et guérillas urbaines dans plusieurs métropoles américaines,viennent confirmer à la face du monde, l'abyssal fossé socio-économique séparant Blancs et Noirs aux États-Unis. Après une relative période d'amélioration d'une décennie, au lendemain de la guerre de Sécession, mais qui devait enregistrer un net recul dès le début des années 1990, les discriminations persistent encore de nos jours, avec leurs lots de pauvreté, d'indigence extrême,de criminalité et de précarité, qui s'accompagnent du développement d'une économie parallèle, véritable stratégie de survie dans les ghettos noirs.

Face aux injustices et au racisme déshumanisants, et bien avant les célèbres mouvements de revendication pour les droits civiques des années 1960,les esclaves eux-mêmes entreprirent, dès l'abolition, en 1865, de demander réparation au titre du travail gratuit fourni dans les plantations du Nouveau Monde. Formulant aujourd'hui les mêmes demandes, les Afro-descendants rappellent que c'est grâce au labeur, à la sueur et au sang de leurs ancêtres déportés d'Afrique, que l'Amérique a pu bâtir son immense richesse.

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