Climat : de COP en FLOP ? Santé, environnement : avec ou sans pesticides ? ...C'est l'affaire de tous !

Deux ou trois degrés de plus, et alors ? 

Combien de fois avons-nous eu l'occasion d'entendre cette question en forme de négation d'une réalité pourtant "cuisante" dans la bouche de responsables politiques de tous bords ? 

La COP 21 — 21ème Conférence des Parties de la Convention cadre des Nations Unies sur les changements climatiques — dispose d'une douzaine de jours pour faire mieux que les 2O précédentes éditions et pour que COP ne devienne pas synonyme de FLOP.

15O chefs d'état — mais les lobbies industriels en embuscade — tenteront une fois de plus de ne pas décevoir les attentes pour assurer le bien-être des générations à venir.  

Si rien ne change, nous nous dirigerons vers une augmentation inéluctable d'au moins 4 degrés — liée à l'activité industrielle, énergie fossile disponible oblige — de la température moyenne du globe à l'horizon 2100. Elle sera accompagnée de dérèglements climatiques nombreux, d'une montée des eaux susceptible de remodeler drastiquement la surface des terres émergées, de faire disparaître des îles, d'occasionner des déplacements dramatiques de populations en continuelle croissance. 

Le XXème siècle, depuis l'avènement de l'ère industrielle, a vu la température moyenne de la planète augmenter d'1 degré, mais aussi des migrations vers le nord d'insectes, d'animaux et de plantes, la désertification, des dégâts causés par des tempêtes de plus en plus fréquentes et violentes cependant que le niveau des océans s'élevait de 20 centimètres, offrant à l'eau salée, lors des grandes marées, des incursions chaque fois plus importantes à l'intérieur des terres.

90 entreprises (dont des sponsors de cette COP 21 !.. Cherchez l'erreur...), sont responsables des 2/3 des émissions de gaz à effet de serre accumulés dans l'atmosphère.

La symbolique de l'ours blanc amaigri dérivant sur un morceau de banquise ne suffira pas à susciter une prise de conscience universelle volontairement mise à mal par les prises de positions de climato-sceptiques en conflit d'intérêts ou désinformés.

Le défi est de parvenir à convaincre tous les pays développés et en développement de signer — et de respecter en 2020 — un accord prenant en compte la lutte contre le réchauffement climatique non comme un nécessaire "partage du fardeau" des émissions, mais également comme une promesse de créations d’emplois et de richesses, d’invention de nouveaux modes de production et de consommation. 

Un futur accord mondial sur le climat saura-t-il être universel et suffisamment contraignant pour permettre la survie de l'espèce humaine, une présence qui soit dit en passant, même si elle venait à disparaître, n'empêcherait pas la terre de continuer de tourner ?

Faudra-t-il imaginer, subir, faute d'avoir agi à temps, un brusque changement de paradigme, un Droit de la nature, une véritable Responsabilité pénale des fauteurs d'homicides et d'écocides, des sanctions implacables et liberticides, des dérives dictatoriales ?

Des citoyens, pourtant, des associations, des artistes libres, généreux, engagés, des lanceurs d'alerte courageux, se mobilisent et, malgré un état d'urgence récemment décrété chez nous à cause d'évènements terroristes douloureux, tentent de s'organiser partout à la surface du globe — car tout le monde est concerné — et de délivrer un message d'espoir à travers des "marches pour le climat", entre autres formes d'actions de sensibilisation et d'information, dans une société de consommation où l'exemplarité de l'élite est une valeur trop souvent tombée en désuétude...

La santé, un droit ou un coup de chance ? L'environnement, un truc d'écolos ? 

Notre responsabilité est d'agir pour contraindre les dirigeants à s'entendre sur les termes d'un accord crucial pour l'avenir de l'homme — celui de nos enfants — quand on sait désormais que ceux qui naissent aujourd'hui vivront moins longtemps en bonne santé, pour la première fois dans l'histoire de l'humanité, que leurs parents, dans un monde qui consomme "accessoirement" chaque année, à l'heure actuelle, une fois et demie sa part de ressources non renouvelables (https://www.endecocide.org/fr/sign/).

Il nous faut inlassablement dénoncer l'utilisation aussi irresponsable que généralisée de produits chimiques toxiques pour l'homme et pour la nature, de pesticides devenus  indispensables aux plantes GM (dont les agriculteurs doivent acheter chaque année les graines stériles brevetées), des pesticides inventés et commercialisés par des multinationales cupides sans foi ni loi avec la complicité des états, lors même que notre rôle n'est pas de remplacer les responsables politiques dans la recherche de solutions.

La disparition de la biodiversité, l'épuisement des sols (https://www.youtube.com/watch?v=mPi3wKOyvHI), la pollution de l'air, des cours d'eau et de la nappe phréatique, la contamination de la chaîne alimentaire, les dégâts sanitaires — dont le Vietnam est la vitrine historique et monstrueuse depuis les épandages d'Agent Orangepar l'armée américaine de 1961 à 1971, tout comme le devient l'Argentine, convertie depuis une vingtaine d'années à la monoculture de soja OGM et à l'usage des produits chimiques toxiques qui les accompagnent — doivent-ils être considérés comme inéluctables ?

L'État, garant de la santé publique et de la prévention, et les entreprises incriminées peuvent-ils se décharger de cette responsabilité sur le dos du contribuable à travers l'Assurance maladie ? La reconnaissance des maladies professionnelles dues aux pesticides relève trop souvent, en tout état de cause, du "parcours du combattant" ; elle est victime d'une véritable omerta, et seuls de rares cas sont portés à la connaissance du public par la médiatisation de procès intentés aux fabricants par les victimes, ou par les cris d'alarme lancés par des médecins.

Des associations comme le FaAOD, nos amis et partenaires : C.O.P Gironde, Les Artisans du Frais, ou Marchand des 4 saisons, parmi beaucoup d'autres, œuvrent, chacun à son niveau de compétence, dans l'intérêt des générations futures ; de même que des associations de victimes, telles que Phyto Victimes, non destinées toutefois à pallier aux insuffisances de l'État.

Les coupables, aujourd'hui, ne sont pas les utilisateurs, agriculteurs, viticulteurs, qui sont même parfois contraints — à l'instar d'Emmanuel Giboulot, condamné pour refus d'application préventive d'un pesticide sur ses vignes — d'utiliser aveuglément des méthodes conventionnelles qui montrent de plus en plus, partout dans le monde, leur nocivité et leurs limites —, insectes et "mauvaises herbes" apprenant en effet à résister et poussant à l'utilisation de pesticides divers et variés en quantités toujours plus importantes. Les coupables sont les industriels et les décideurs qui autorisent la mise sur le marché de produits toxiques évalués sommairement par les seuls fabricants servis par des lobyistes omniprésents.
Les néonicotinoïdes tueurs d'abeilles, que la Commission européenne tarde à interdire, mettent aujourd'hui en péril, par la disparition des pollinisateurs, une grande partie des fruits et légumes qui garnissent nos assiettes. Des fruits et des légumes, qui ont perdu, par la faute de l'agriculture conventionnelle, un grande partie de leurs éléments nutritifs.

Il appartient aux chercheurs — des chercheurs nécessairement indépendants des fabricants — et à une véritable volonté politique de prendre la mesure du danger et de mettre en œuvre un plan efficace susceptible de proposer des alternatives situées peut-être entre le retour à des pratiques ancestrales oubliées et l'élaboration de biopesticides respectueux de l'homme et la nature.

Et la question de fond est bien celle-ci : peut-on continuer d'accepter les pratiques de multinationales si puissantes qu'elles parviennent à dicter aux états, au nom de la cupidité et du seul profit de leurs actionnaires, une politique agricole mortifère aggravée par l'accaparement des terres par des sociétés d'investissement au préjudice d'agriculteurs chassés de leurs exploitations ou d'autres qui n'ont pas les moyens de s'installer ?

Attendre, c'est condamner ; demain il sera trop tard...

Le TAFTA (TTIP), un cadeau aux multinationales ?

Un autre danger nous guette, dont il faut parler tant il risque de conditionner notre mode de vie et notre environnement : la signature de traités de libre échange transatlantiques — TAFTA / TTIP négociés dans la plus grande opacité par la Commission européenne (des pétitions circulent sur le net, qu'il faut absolument signer https://www.collectifstoptafta.org/) — qui nous conduisent à marche forcée, entre autres maux, vers les OGM et la dépendance des cultures aux pesticides. Ils ont pour seul objectif, avec la réformation de la PAC (politique agricole commune), dans les volets concernant l'alimentation, de conforter l'emprise des multinationales agrochimiques-alimentaires sur notre alimentation conformément à cette phrase célèbre d'Henry Kissinger : "Qui contrôle la nourriture contrôle les peuples, qui contrôle l'énergie contrôle les nations, qui contrôle l'argent contrôle le monde."

La première partie de cet énoncé concerne le monde agricole, un secteur en crise où la présence de la population active se réduit comme peau de chagrin d'année en année, passant de 6 200 000 paysans en 1955 à 996 000 en 2010 et qui voit disparaître en France par suicide, surendetté, malade ou ruiné, 1 paysan toutes les 48 heures !

Car il faut, pour diminuer les coûts, des exploitations toujours plus grandes, toujours plus mécanisées au mépris de l'emploi, de la qualité de la production et du respect de l'environnement...

Mais ces traités impactent (https://france.attac.org/se-mobiliser/le-grand-marche-transatlantique/), hélas également, sous d'autres aspects, tous les segments de notre vie en société.

Tous concernés ?

Oui !

Ensemble on est plus forts...

Pierric Le Neveu - FaAOD - Agent Orange, armes chimiques, pesticides, OGM : Plus jamais ça !

le 1er décembre 2015.

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