Affaire du piratage d'Orange : Une de ses faces cachées, du moins.

Voila une information qui a de quoi laisser dubitatif quiconque qui s'y intéresse un temps soit peu, au delà de sa si "simple" présentation sur-médiatisée... Cette présentation est faite sur une base émotionnelle..., et cherche à individualiser l'affect, pour mieux distraire la lecture réelle des faits. 800 000 abonnés-es d'Orange (Des responsables politiques aussi? Des entreprises et leurs cadres? Etc? N'a t-on pas "le droit de savoir" sur ces informations là...?), se sont vu pirater leurs données privées, entreposées sur leurs comptes personnels...  Et à en croire la communication de la direction, faite ce dimanche déjà bien mouvementé ..., celle des médias de masse cherchant à faire un "scoop" aujourd’hui, on peut en interpréter les faits ainsi. L'affaire des données personnelles "dérobées" serait grave pour chacun de ceux-celles concernés-es, mais pas désespérée pour ceux-celles a qui "on" propose d'en rire..., car les "mots de passe" n'auraient pas tété dérobés. Grave cela l'est, en tout cas pour ceux-celles ayant répondu à des faux mail d'Orange les incitant à dévoiler, ou changer leurs mots de passes. Mais ça, ces médias le taisent.

Communiquer un week-end ou d'une part, beaucoup de gens se déconnectent de l'actualité, et d'autres part, l'actualité fut focalisé sur des "colères" ambiguës, opaques, infondées pour certaines..., n'est pas anodin... On aurait voulu minimiser, neutraliser même un possible scandale d'Etat..., et/ou attiser une révulsion collective (agiter de l'agitation), qu'on aurait pas fait mieux. Puis aussi reprendre l'information le lundi..., la tourner plus de 7 fois en boucle..., d'une manière aussi "simplette" n'est pas fait pour que le public puissent mesurer la réelle ampleur, dans toutes ses dimensions, de ce que représente cette attaque. Parce qu'en dehors d'un "phishing", fait par des "pirates" informatiques, soit des "soit-disant méchants informaticiens, du genre anarchiste, etc, comme le font la plupart des clichés en la matière, cherchant à discréditer les logiciels libres par exemple, ayant possiblement obtenu suffisamment de données privées pour vous tracer, pour vous proposer des sites commerciaux et autres trucs du genre... l'affaire a en fait d'autres dimension.

Une première d'entre elles apparaît insidieusement dans l'annonce elle même faite sur cette affaire. Car en en minimisant la portée, en voulant en détourner la gravité, il est alors occulté volontairement un fait de taille. Orange s'engage dans le contrat et dans l'abonnement que paye chacun-e de ses abonnés-es à faire de la protection de toutes vos données privées, une priorité absolue... Hors dans cette affaire de données personnelles dérobées..., cette priorité , cet engagement, ce pour quoi l'abonné paye cher son coût..., a bel et bien failli... Cela est d'autant plus scandaleux que les médias n'en soulignent même pas la gravité... Pourtant rien ne garanti, à part la communication de l'entreprise (Est-ce seule "la confiance" en l'entreprise privée (?) et/ou publique (?), et un pacte ambigu...?) que des données plus sensibles aient été  dérobées... Et le problème qui se pose pour savoir de quel manière un contrat  a été rompu entre un client et un fournisseur de service..., c'est de poursuivre l'affaire devant un tribunal...

Mais alors, est-ce qu'une action collective pourrait en apprendre plus et pousser ce fournisseur d’accès internet et à la téléphonie à mieux nous protéger...?

Cette question fait apparaître une autre dimension. Elle révèle qu'Orange est encore la propriété de l’État, qui même s'il possède moins de 50% du capital, reste majoritaire. Et donc porter plainte, de manière collective, contre Orange, revient de fait à porter plainte contre l’État, contre les hauts fonctionnaires, et contre un personnel, dont beaucoup sont déjà en grande souffrance... Plus d'un dilemme est soulevé lorsqu'on y réfléchi, au moment même ou en entend certains-es dans la rue vouloir renverser cet État..., du moins ce gouvernement...

Et c'est là que plane l'ombre de la dernière dimension, qui, à mon avis, "veut" être aussi occultée. Certains-es veulent en détourner l'attention en tout cas. Ce gouvernement actuel, mais plus loin encore l’État dans son alternance.., est indissociable en ce qui concerne la guerre du numérique et autres..., qui a cour en ce moment..., à ses décisions antérieurs et actuelles, qui l'impliquent dans le projet PRISM... D'autant quand c'est un service de télécommunication de l’État qui est attaqué. Un service encore en parti public qui doit garantir à ses abonnés-es la confidentialité des données privées des utilisateurs-trices. Et cette faille, pour ne pas dire faillite..., ne peut que conduire à nous demander, qui peut se cacher réellement derrière cette attaque de l’État providence, du moins encore partiellement dans ce domaine...? Et contrairement à la "rumeur" de "méchants" informaticiens isolés, machiavéliques et cupides, etc (qui ne peuvent disposer suffisamment de "ressources" seuls pour ce genre d'opération) ces données deviennent autant d'importances qu'elles prennent une valeur non négligeable tant pour des concurrents, en matière de téléphonie et autres, que pour des cites et entreprises informatiques privées, commerciales qui vont les acheter... Sans parler du fait que la suspicion de laxisme, etc..., peut rejaillir aussi, à travers un de ses services publics, sur cette gouvernance directement, et la précédente indirectement..., donc sur l’État de droit.

 

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