En réponse à l'interview du ministre de l'emploi entre autres cumuls..., entendu et vu ce matin dans l'émission Bourdin direct..., un chômeur et rien d'autre..., que le cumul d'une situation de fin de droit, sans ressource donc..., et co-responsable d'une famille..., comme tant d'autres, désire exprimer la somme de ses sentiments. Ceux là sont issus à la fois d'une anticipation et interprétation lucide des décisions politico-économiques de ce gouvernement..., qu'ils veulent dire aussi à celui ci et ses satellites que leurs sommes de mensonges n'ont que trop longtemps durées... !
On ne reprendra pas les sommes « comptabilisées » et celles non enregistrées des différentes catégories et territoires de chômeurs-euses en France. Cela ne ferait que rajouter de la complexité à la complexité méticuleusement entrevue dans ce domaine. Pour rentrer dans le vif du sujet..., parlons donc de cette « intention » d'inverser la courbe du chômage que le chef de l'Etat de notre pays s'est dit vouloir être jugé dessus avant tout.
Regardons d'abord l'aspect purement « comptable » de la problématique du chômage chez nous d'abord. A partir de 4 minutes de cet entretien, ce Ministre déclare en substance aboutir en fin d'année 2013 à la création de quelques 100 milles « emplois d'avenir »..., prioritairement pour des jeunes sans qualifications ni diplômes. C'est indispensable en effet de les sauver. Puis à 6..., c'est près de 100 milles « emplois de génération » qui sont mis en avant..., pour des raisons tout aussi louables. Seulement..., en terme purement « comptable », ces deux sommes additionnées ne représentent que 200 milles emplois créés pour cette année. Et comme on peut le lire sur ce compte rendu d'une réunion à l'Assemblé Nationale du 13 février 2013..., M. Pierre Moscovici ministre du l'économie répondait ainsi à la question de M. Laurent Grandguillaume.
Question « Aussi, monsieur le ministre, pouvez-vous nous faire un point d’étape sur la mise en œuvre de la Banque publique d’investissement dont le premier conseil d’administration se tiendra à Dijon, et du crédit d’impôt compétitivité-emploi ? »
Réponse « Quatrièmement, ce crédit d’impôt compétitivité-emploi va permettre de créer massivement des emplois. Les plus pessimistes disent 150 000, les plus optimistes 300 000 : il y a là une mesure qui est extrêmement efficace. »
Il n'est pas précisé dans cette réponse que ces estimations sont sur la totalité du quinquennat, et un petit calcul rapide nous permet de prendre, dans le cadre de l'optimisme apparent de M. Sapin, soit le chiffre de 300 milles/5 ans, l’hypothèse qu'il pourrait être créé que moins de 50 milles emplois issus de ces mesures fin 2013. C'est la plus crédible en tout cas compte tenu d'une fourchette basse malgré l'optimiste ambiant qui est simplement du au fait que pour le lancement de ce « crédit d'impôt compétitivité-emploi», ce sont 13 milliards d’euros qui auront été injectés/ponctionnés fin 2013... ! Cela nous donnera un total approximatif de 250 milles emplois crées pour une prévision plutôt optimiste de 300 milles nouveaux demandeurs d'emploi pour la même année. Soit une destruction de 166 milles emplois (chiffre de l'OFCE de novembre 2012) et l'entrée sur le marché d'un travail non créateur dans une économie en quasi récession de 150 milles jeunes diplômés ou non.
Et donc..., on comprend mieux les « incantations solennelles » de ce responsable, répétées trois fois..., pour convaincre qui..(?), à partir de 6,43 min., implorant donc le « dieu néolibéral » de ce monde de spéculateur, son souhait de fait, par ses agissements, gesticulations, élucubrations d'une « inversion de la courbe du chômage ». Parce que le résultat est loin d'être probable comme le semble indiquer le plus optimiste des membres de ce gouvernement Arnaud Montebourd et son "portefeuille", ce dimanche dans « Le Grand rendez-vous ». Celui ci ne parlait que d'"interrompre la hausse du chômage...", (c'est à 24,11 minutes du début de l'émission).
Et pour se convaincre du bien fondé des « intentions et agissements » d'autres déclarations de ce ministre de l'emploi, comme celle située à 7,06... du premier lien reprenant l'adage des fervents défenseurs du néolibéralisme..., cela ne suscitera pas plus d’adhésions et de compréhensions à ces propos d'un peuple dont on manipule l'esprit... :
« ...et demain de faire en sorte que les employeurs embauchent plus facilement qu'il n'embauchent aujourd'hui... »
"Les licenciements d'aujourd'hui sont les emplois de demain" ça vous dit quelque chose non... ? Mais ces mêmes « employeurs » qui sont tant choyés sont autant responsables de la quasi récession actuelle en France et en Europe comme ailleurs en licenciant massivement..., et donc le sont aussi concernant le manque de financement des caisses de l'UNEDIC apportant l'aide pécuniaire à ces chômeurs-euses..., de même qu'ils n'investissent pas (alors qu'un maquis de 100 milliards d'aides publiques cache leur attribution de l'an dernier)..., et contribuent à entretenir ce climat de méfiance envers eux, la consommation (scandale du bœuf hennissant), l'économie et indirectement la politique.
Pour s'en convaincre encore, il suffit de regarder les résultats en terme sociétaux (chiffres du chômage, de la précarité, de la pauvreté s'aggravant) et pas économiques, par le petit bout de la lorgnette des marchés financiers, des mesures d'austérités appliquées dans les pays du sud de l'Europe. Cette méfiance est d'autant plus présente qu'en prétendant vouloir inverser la courbe du chômage..., les actions et les mots, leurs sens et leurs répétitions, ne trahissent que l'objectif réel de cette politique de l'emploi. Et c'est vérifiable dans cette autre déclaration à 10,18 minutes de l'entretien de ce ministre... :
« ...à maîtriser la montée du chômage, à maîtriser le chômage des jeunes, à maîtriser le chômage longue durée... »
Combien de fois a t-on entendu ce discours depuis plus de trente ans..., pour ne faire que suivre les variations de cette courbe et sa culmination aujourd'hui, additionnées à celles de la précarité et de la pauvreté, combinées à celle des inégalités sociales et fiscales... ?
Le vrai problème n'est il pas tant l'adhésion de ce gouvernement à la doctrine économique néolibérale de ce monde « de la finance toujours sans visage » actée par la ratification en catimini des traités Européens (le TSCG récemment, d'autres moins connus ici, le traité de Lisbonne dont les Français-es et d'autres n'ont pas voulu sous la forme du traité de Maastricht)..., que le virage le plus anti-social qu'il soit de ces gouvernants dit de « gauche » dans l'accord interprofessionnel..., dit aussi « accord made in medef »... ?
A l'examen des autres propos de ce ministre, on se rend mieux compte que la réponse est dans le positivisme d'une communication alambiquée sous une terminologie « sociale » pour masquer des décisions et appétences plus que libérales. Ainsi comprend t-on à 11,53 minutes que la polémique de la « représentativité syndicale » autour de cet « accord made in medef » du 11 janvier, sera réglée après la signature et le vote parlementaire de cette loi cassant le droit du travail... ! C'est une étrange considération des « partenaires » sociaux et de la démocratie dans le pays des droits de l'Homme... ? Et tout comme l'intervention à 13,40 minutes nous apprend « grâce à ce projet de loi..., made in gouvernement..., ce projet de loi c'est quoi... ? D'éviter aujourd'hui des licenciements... »..., et celle à 14,45 « ce texte est bon »..., on s’aperçoit que dans le simplisme d'une com., le chômage pour ce gouvernement est autant une variable d'ajustement électoraliste qu'elle est pour les employeurs celle de leurs profits.
Cela se prouve à nouveau dans ce dernier argumentaire, à 17,32..., se tournant plus vers les actionnaires, le capital donc..., quand ce ministre met en avant la seule nouvelle possibilité des salariés-es de siéger au conseil administratif des grandes entreprises..., sans aucun pouvoir réel..., si ce n'est celui d'être entendu dans les médias en cas de conflits, et « d'intéressement » de leur part... ! Nul n'ignore le pouvoir corrupteur de l'argent et d'avancement professionnel (politique même pour certains) pouvant influencer ces salariés-es quand on sait qu'il existe déjà aujourd'hui dans les entreprises et dans certains syndicats de salariés-es.
Alors pour conclure..., cette problématique du chômage pouvait être réglée par des promesses toujours pas appliquées. Là est le mécontentement. Celle de la grande réforme fiscale, cumulée à celle d'une vraie séparation des activités bancaires auraient du être ces autres priorités gouvernementales. Car elles auraient ainsi cloué le bec aux patrons pleurnicheurs et autres volatiles et rapaces..., quant à mettre sur la table l'ensemble des aides et autres subventions qu'ils nous ponctionnent déjà largement tout en mettant à mal les caisses de l’État et la solidarité à apporter en urgence aux plus pauvres... ! La chasse d'envergure aux gros des fraudes aux cotisations sociales et autres optimisations (page 22) aurait pu être induite par ces décisions immédiates et renflouer les financements et ce budget déjà obsolète. Au lieu de se concentrer sur les plus petites fraudes (qu'il faut combattre bien sûr) et de laisser certains médias (mais que fait et dit le CSA) mentir en stigmatisant le peuple dit modeste. Et c'est tout de même plus que décevant de voir le laisser faire de ce gouvernement dans ce domaine. Et comme la réforme du non cumul des mandats appliquée dès la prise de pouvoir de ce gouvernement aurait aussi évité cette méfiance grandissante envers cette politique plus libérale que « sociale » de « gauche » soit disant, la confiance n'est pas prête de revenir... !