Pierro Juillot

Technicien dessinateur/ Chômeur. Dit aussi Pierro Sanslalune.

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Billet de blog 14 novembre 2013

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Fiscalité sur les sociétés : la double schizophrénie d'un duel.

Pierro Juillot

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Je reprends mes esprits..., emportés par un torrent de fureur..., et avec l'aide de ma plume..., en la voulant critique dans la raison..., je veux essayer d''en refroidir, temporiser ses ardeurs. Deux sujets font monter cette indignation retenue. Le premier est comme on pourrait dire dans l'air d'un temps d'un certain "raz le bol" diffus..., et comme par hasard il concerne et amalgame la fiscalité... Quant au second..., il est non moins à minimiser..., bien au contraire... Car il en est et la raison embrouillée, une sorte de schizophrénie dans ce ressentiment de "raz le bol"..., et son..., non..., ses moyens d'expressions..., qui ne sont que sommes de mensonges répondant à d'autres. Mais c'est sur la finalité de sa communication multiple, comme bien trop souvent..., qu'il existe des confusions, des ambiguïtés qui propagent de plus en plus une impression illégitime quant à la raison réelle de ce "raz le bol" généralisé sous l'aspect "fiscalité des sociétés".

C'est en écoutant, comme tout les matins, le journal de l'économie d'une chaîne d'information continue (BFM TV vidéo pas encore disponible), loin d'être préférée par la gouvernance "socialiste"..., que l'embrouille m'est apparue. Consternante..., elle m'a laissé pantois. Notons que cette antipathie politique à l'encontre de ce média est en rapport  à une concurrence "déchaînée" dans l'exploitation de l'information, sur fon d'idéologie politique et économique divergente. Alors que cette chaîne est classée première selon un score, une course à l'Audimat, première aussi dans la critique de cette gouvernance, les politiques "socialistes" semblent y préférer la seconde (ITELE). Mais ça on le verra après. L'information fut donnée par un de ces cumulards de la notoriété..., comme quoi l'impôt sur les sociétés dans notre pays serait en hausse, trop élevé par rapport à d'autres pays européens, soit-disant en bonne santé. Comme par exemple, ces médias et politiques ne disent jamais, ou trop rarement, que la bonne santé de l'économie Allemande, pris comme exemplaire même, se fait au détriment d'un état de santé social plutôt moribond. Puis il m'est revenu à l'esprit un excellent article de M. Laurent Mauduit, "L'impôt sur les sociétés implose, la taxe à 75% aussi", qui nous annonçait tout le contraire concernant la hausse de la fiscalité sur les sociétés en France. Et ce contraire est plus que conséquent puisque cet impôt se voit passer, tomber même..., de 50 milliards d'euros pour les années précédentes, à 36 milliards d'euros..., pour 2014. C'est un cadeaux phénoménal de 14 milliards d'euros accordés qu'aux entreprises (12 milliards d'euros selon un article du Monde, qui précise que le texte de loi à été adopté, voté en première lecture et doit passer à la moulinette du Sénat) qui est autant de solidarité nationale - de prestations sociales - en moins..., un devoir constitutionnel manquant cruellement de respect, à apporter aux plus pauvres, aux chômeurs-euses, aux précaires.

Pire encore..., sur fond d'impopularité de notre chef d’État, du gouvernement..., de grogne fiscal d'un patronat divers..., d'opposants politiques droitisés, de pseudos experts economico-politiques ultralibéraux..., se plaignant tous d'un sur-poids d'imposition sur les sociétés, donc sur l'emploi à les croire, "obésité fiscale" qui deviendrait "insupportable"..., c'est un mensonge qui s'institutionnalise... En réalité ce même impôt a commencé à baisser en 2013... Des soit-disant "pigeons" et autres pseudonymes sous des corporatismes patronaux faisant du chantage à l'emploi leur arme principale, ne cherchant qu'à susciter l’empathie auprès de l'opinion publique - avec l'aide des caméras - pour se faire apprécier et tenter de légitimer leur mouvements de menteurs, n'ont eu de cesse de "matraquer" dans les médias, les consciences, des messages tout aussi trompeurs. Ces même messages se retrouvent malheureusement dans les rares débats, émissions politiques, bouches de certains élus-es "socialistes", dans les médias publics. Concurrence "oblige"... Vraiment..?

Que ses patrons se plaignent de la distorsion qui existe entre ce qu'ils payent par solidarité, et ce que les grands groupes ne payent pas, ne veulent pas payer..., puis par rapport à cette Europe monétariste, individualiste et concurrentielle à l’excès, cela est concevable. Mais cela n'est pas non plus leur revendication principale, qui est de vouloir en demander toujours plus de baisse..., surtout par rapport aux cotisations sociales patronales. Et malgré ces baisses considérables, ce manque à gagner pour notre bien vivre et être ensemble commun, quand celui ci ne fait qu'accentuer des inégalités inhumaines, réellement insupportables elles, ne créent pas plus d'emploi qu'elles améliorent les conditions de vie des employés-es, etc..., entendre et ces plaintes, ces jérémiades..., et ces mensonges a de quoi vous faire bouillir le sang... Rajoutez à cela les 110 à 200 milliards d'euros annuels d'aides publiques distribuées qu'aux entreprises, le CICE de 20 milliards d'euros dont la moitié passera par une injustice fiscale et sociale supplémentaire, pèsera encore plus sur les pauvres, les chômeurs-euses, les précaires qui devront le financer ce plan économique de "l'offre", par leur consommation, sans en voir le bout du bout de l'amélioration de leur condition de vie dans leur intérêt général (mis à part quelques chômeurs-euses embauchés-es en emplois précaires), et les exonérations de cotisations sociales patronales sur les bas salaires - au comble de la misère quoi... - déjà existante et creusant les déficits des organismes de nos protection sociales..., et vous comprenez en le mettant en perspective avec des discours droitisés, comme ceux de certains "socialistes" disant que le système de protection sociale Français coûterait trop cher..., vous comprendrez pourquoi la coupe est pleine.

Des aides massives encore distribuées aux entreprises sans contreparties, ni contrôle fiscaux pour la plupart, alors que la "crise" fait rage, dans une logique du marché de l'emploi et de l'économie "administrés", au regard du nombre des emplois détruits, des inégalités s'accroissant, de la pauvreté augmentant vertigineusement, de la paupérisation de la classe moyenne supérieure, est un des symptômes de la schizophrénie politique suscitant cette et des colères. Comme c'est aussi une vérité douloureuse à entendre, à comprendre, à faire accepter, à rendre audible et crédible aux âmes se revendiquant "socialistes". Celle de transférer..., voir de supprimer les aides sociales dues aux victimes du capitalisme spéculatif outrancier, d'une économie de marché d''assistés-es"..., dans ce contexte économique de croissance présente et durable, nulle..., de dépendance à un système bancaire et financier "chèrement sauvé" - au lieu de "ne" (le peuple soit l’État) dépendre directement que de la BCE, comme la FED aux USA, et ailleurs encore - transfert vers ces bourreaux là, suppression aux profits des patrons, des actionnaires...!  D'autant plus quand vous êtes chômeur-euse trop longue durée (avec une particularité - RQTH - dans mon cas), précaire, pauvre..., en fin de droit pour de plus en plus d'entre eux-elles. Raison de plus, quand vous êtes stigmatisé, discriminé à l'embauche et/ou dans la société dans son ensemble, ne serait-ce que par vos positionnements politiques, syndicalistes, ou pas..., par votre couleur de peau, votre poids, votre "laideur", etc..., et que vous avez décidé de non pas défendre que votre pomme, comme l'air du temps vous le suggère, mais celle de vos enfants, de vous sacrifier consciemment dans l'engagement d'un projet de société à long terme, d'un combat de longue haleine, sans chercher une "gratification" personnelle. Mais bon..., les voies de la com. sont ainsi faites que seule la marque sur le flacon compte, même si le contenant est vicié.

L'on en vient à cette schizophrénie double, ou le repli sur soi d'un gouvernement, combiné à une déconnexion complète, volontaire ou pas, médiatisée à souhait, de la réalité des vécus d'une misère inhumaine grandissante, s'affronte, se confronte à celle d'un autre repli sur soi patronal, instrumentalisé par une droite irresponsable, s'amalgamant avec et une extrême droite mortifère, et une caricature de la société vivant dans la misère des plus méprisantes, minimisée. Des deux cotés politiques de la chose malade, des mensonges sont proférés et sont dans une surenchère compétitive.

Pour exemple..., sur cette même chaîne, citée plus haut, était invité M. Bruno Le Roux député P"S" de la première circonscription de la Seine-Saint-Denis et président du groupe socialiste à l'Assemblée nationale. Dans l'émission "Bourdin direct" l'interview commença par un recadrage de la part d'un animateur radio et autre cumulard de notoriété..., quant à l'antipathie de ce politique à l'encontre de cette chaîne, et peut être d'autres (?), chaîne comparée à "Fox News", chaîne médiatique des plus ultralibérales s'il en est qu'une. Passons sur le fait que des médias ne puissent pas supporter la critique..., et arrêtons nous sur le sujet de la grogne fiscale, du "raz le bol" fiscale de ces patrons, ces politiques irresponsables de droite ne supportant pas plus la critique quant à faire leur propre bilan... Notons aussi que la chaîne d'information "préférée", par rapport à celle décriée par ces gouvernants-es actuels-es, n'a de cesse de répéter aussi que l'impôt sur les sociétés est en hausse... Le fait-elle avec moins d'arrogance, moins de vulgarité..., ou autres raisons secrètes justifiant cette préférence...? Nul ne sait, puisque nul n'interroge ce fait....

N'est-il pas incompréhensible de constater que ni ce personnage se disant "socialiste", ni d'autres de sa famille..., ne prennent comme argument en réponse à certaines plaintes entrepreneuriales, à certaines inquiétudes patronales, illégitimes donc..., mais surtout en réponse à la somme de mensonges fiscaux médiatiques et politiques, le fait que contrairement à ces vérités propagées comme une peste de l'esprit, les impôts sur les sociétés sont dans une phase de baisse comme ils le l'ont jamais connu dans notre société...? Pour le dire autrement et plus simplement. Pourquoi donc ce gouvernement n'ayant de cesse de dire qu'il ne fait pas assez de pédagogie pour expliquer sa politique économique ne souligne-t-il pas les mensonges des uns-es et des autres, et ne vante-t-il  pas cette exceptionnelle baisse d'impôt sur les société...? Craindrait-il d'attiser une colère sociale populaire bien plus dangereuse, quand il s'est fait élire sur la la base de plus de justice fiscale et sociale, indissociable l'une de l'autre..? Cette question se pose en raison des constats successifs des reculades face aux revendications patronales, à la casse des droits du travail, de ceux judiciaires des plus démunis, et d'autres droits sociaux au travers de certaines protections en danger, comme les retraites, la santé (avec les complémentaires) etc...  C'est pourtant le contre pied de cette vérité quelque part immorale qui est pris par ce politique. Et il semble démonter qu'une empathie de ce pouvoir en place est plus grande à l'encontre d'un lobbying patronal près à mentir, se travestir, à déculpabiliser les grands groupes moins imposables qu'eux même (voir à tricher par rapport au montant de 50 à 80 milliards d'euros/ans, des fraudes, des évasions, des optimisations fiscales, dont ou/et 32 milliards d'euros/ans de fraudes à la TVA)  pour se faire entendre à titre individuel, égoïste, que cette compassion..., celle de son devoir, celui que son mandat devrait le porter à acter, dans l'intérêt général du peuple, face à la pauvreté, aux inégalités que sa politique, comme celle de ses prédécesseurs aggravent..., cette compassion disparaît.

Plus que des silences "socialistes" coupables donc, par consentement d'appréciation d'un débat médiatique et politique comme économique fait sur des contre-vérités sur la fiscalité des entreprises..., c'est aussi de fait la base d'une propagande qui ne va qu'accentuer l'impopularité de ce gouvernement et chef d’État... C'est à souligner dans cette imposture d'information du publique..., des choses de la politique économique du pays, dans l'Europe, dans la "mondialisation"... Et sans trouver d'écho politique, médiatique, dénonciateur, à son opposé donc..., sans démontrer la supercherie tant des débats, quand il y en a..., que celle des fausses vérités énoncées, des réalités silencieusement étouffées (celle de la hausse du nombre de pauvre, de précaire, des chiffres du chômage longue durée, de la baisse de leur pouvoir d'achat, quand celui des très riches explose)..., c'est donc le délitement de cette société qui va s'accentuer... Et les responsabilités politiques d'un grand nombre de parti, ceux du bipartisme en priorité, apparaissent de manière criante, à tel point d'ailleurs..., que seuls les mensonges et le dé-faussement des débats en atténue leur existence, en minimise leur conscience. L'heure est grave... Mais pour qui l'est-elle le plus...? 

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