A..., quelle est belle la mode du soi...

A ce qu'il parait qu'en réponse au phénomène d'alcoolisation rapide, abusivement médiatisé, et tellement massif qu'il est dangereusement inquiétant quant il "séduit" plus les jeunes, des ados "idiocratisés" (et en quête de sens, de repères) par les médias de "messe", les programmes de télé-réalité, les "youtube" et autres..., phénomène appelée "neknomination", façon "Américanisation" des esprits dans la novlangue, tout à fait dans l'air du temps néolibéral (accord transatlantique, politique économique de l'offre made in USA, etc), il aurait été créé la "smart-nomination"... C'est ce qui a été essayé d'être démontré, et encensé en ce soir du 16 février dans le pseudo journal de M6.

Cette dernière, la "smart-nomination" qui émanerait, selon les dires des même médias "main-stream", à l'origine, de Bordeaux..., serait à opposer à la première qui aussi "débile" quelle soit dans la prise d'une toxine (à forte dose, etc) "légale" le plus rapidement possible, soulève l'autodestructrice de l'individu et d'une société dans l'absolue (qui "cultive" la tradition de l'alcoolémie "modérée", et tolère ses excès), et les avilissants tous deux dans le pire aspect de l'individualisme médiatisé, dans ce coté de l'être humain enivré jusqu'à plus soif (dans tous les sens du terme) de l'admiration de "soi" dans la contre-culture de "l'exploit", et du besoin de reconnaissance publique de cet ego sur-dimensionné, démesurément excité.

Même si en apparence l'opposition entre l’égoïsme d'une "concurrence", de la sur-enchère à la  "jouissance" auto-destructive, narcissique, demandant de "consommer" le maximum d'alcool, donc d'avoir les moyens, et celui, l'égoïsme "intéressé" de mettre ces moyens à disposition "d'autrui" à travers la distribution de produit de première nécessité en faveur des plus pauvres, peut paraître en effet percutante, plus "morale", et "bienveillante" en superficialité, au premier abord quoi..., cela soulève autant de questionnement que ces même médias n'ont cure de présenter au public...

En effet. L'opposition ici n'est en fait que dans le mode d''action qui passe de l'autodestruction du soi..., sur-médiatisée...,  à l'autosatisfaction du même "soi"..., sur-affiché au regard des autres, par un acte de "générosité calculée" envers autrui (sur quel critère de sélections...?)..., tout autant sur-médiatisé... Dans les deux cas..., la sur-médiation du "moi" reste prédominante, et se veut être le vecteur principal de la com. que chaque individu veut et peut  transmettre à travers une action. En bref l'individualisme est aussi présent dans un cas que dans l'autre..., ou seul le rôle, le jeu d'acteur-trice, du-de la "héros"-"héroïne" et de "l'antihéros"-"l'antihéroïne" fait la différence... Quand l'un se détruit, incite les autres à en faire de même, l'autre fait soit-disant une bonne action, qui fait en apparence abnégation du "soi", dans le même mode de contagion. Le geste altruiste devient tellement "subalterne" dans l'action, autant secondaire que seul compte l'image de "soi" du donneur, qu'il n'existe qu'en opposition à une course à l’individualisme autodestructeur, introverti, et à la manière de le communiquer sur la toile pour faire exister ce trop de "sur-moi".

Il serait alors intéressant, d'autant que ces médias de "messe" ne s'y intéressent pas plus pour des raisons biens connues du favoritisme de l'individualisme (contre l’État providence), de savoir quels sentiments ont ces jeunes au sujet de l’impôt, de la contribution à la solidarité nationale par son biais fiscal (quel que soit les politiques de droite ou de la pseudo "gauche"), devant aider prioritairement ces pauvres, et au rôle de l’État, des politiques dans l’assistance sociale qu'ils-elles doivent à ces gens, ces pauvres, dont ils-elles (jeunes et politiques, médias, etc) usent et abusent en terme d'appropriation de leur image, de leur misère, de détournement de celle-ci, dans un geste 'occasionnel", en tant que seul faire valoir à leur seul "sur-moi"..., et à cette course à l'autosatisfaction/l'autodestruction à court-terme, aussi volatile que la mode...

Parce qu'en bref et pour le dire autrement..., la question de l'impôt, de la contribution fiscale à la solidarité sociale de tous-tes, en toute circonstance et à toute époque (aujourd'hui et encore plus demain), cette solidarité étant la condition sinequanone au bien vivre et être tous-tes ensemble est à poser ici en terme d'acte individualiste, soit-disant "héroïque", soit-disant "a-politisé"..., quand cet acte du don personnalité, personnifié, "sur-médiatisé", éloigne d'autant le-a téléspectateur-euse, le-a lecteur-euse de la réalité du nombre de pauvre en souffrance, de SDF n'étant pas aidés, ne recevant aucune solidarité "d’État", se cachant ou étant cachés, et de la dégradation de leur état de pauvreté..., qu'en s'opposant à celle collective qui s'amenuise dangereusement (se rappeler des coupes du budget de l'UE en ce qui concerne les aides sociales, et alimentaires aux plus pauvres, et ici). Et ce qui éloigne nos consciences hébétées par cette com. du sujet du sens (des causes) sous-jacent à l'aggravation de ces états de pauvreté, de sa multiplication en nombre, c'est la "starification" d'individu voulant "surfer" sur la croissance de la misère, uniquement pour "bonifier leur seul image"..., méprisant et stigmatisant au passage l'image et l'action (même trop faible, même en baisse) de la solidarité nationale.

C'est donc l’État providence qui est aussi visé insidieusement. C'est la question de l’inefficacité avérée des politiques sociales qui ont été mené tant sous la gouvernance précédente que celle ci, tant par ce "socialisme" se "droitisant" (sur le plan économique et "sociétale), que cette droite "s'extrémisant", tant en France qu'en Europe, au regard du mode de "croissance" qui se dessine (les plans de l'offre, l'austérité, la casse des États providences, etc) dans un monde de plus en plus individualiste, égoïste au regard des écarts des inégalités se creusant, des conséquences des politiques économiques ne favorisant que la financiarisation (accroissant conséquemment la baisse des bas salaires, le chômage de masse et le travail précaire - temps partiel contraint, "flexibilisation et mobilité" salariale délitant et détruisant les tissus familiaux modestes - , qui conduit à la pauvreté après être tombé dans la spirale de la "fin de droit", et vers l’extrême pauvreté de plus en plus gens de familles avec enfants, etc) qui en sous-entendu, n'est nullement posée.

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