Le chômage : Cette lente mort sociale.

Un nouveau sommet social, devant reconduire des négociations sur la problématique de l'assurance chômage s'ouvre dans un contexte et tendu, et suspicieux... C'est ici entre autre, que l'état suspect d'une possible mort cérébrale de notre société, et du débat politique comme économique en France, peut être constaté. Et ce n'est pas cette autre suspicion que certains-es médias de masse, les chaînes d'info/intox en continu entre autres, veulent faire planer sur ce voyeurisme que l'on voudrait vous voir cultiver, sur fond de la vie privée et publique d'un personnage politique et son entourage..., voyeurisme qui n'est que le fantasme inavoué de quelques autres personnages laissant plus parler leur second cerveaux, celui en dessous de la ceinture, plutôt qu'au dessus..., qui va atténuer, voir effacer par son artifice..., la première ... 

Tendu il est assurément le contexte et depuis longtemps même...  Car le nombre de chômeur-euse en France ne cesse de progresser, au sens large du terme. Et contrairement à un engagement politique, à une prévision présidentielle..., qui n'a fait que bouger des marges de manœuvres... Car le tripatouillage des changements de catégories, les radiations automatisées, les contrats aidés et autres (qui ne sont que provisoires puisque sur 2, voir 3 ans), etc..., ne font qu'effacer, maquiller, voir reporter à plus tard cette réalité des faits, en pèriode d'austérité soutenue. Tendues ces négociations le sont aussi parce que les prévisions de l'OFCE, les plus pessimistes à croire certains-es ayant le verre plus qu'à moitié plein, et voulant le conserver (mais des prévisions qui ont toujours été plus exactes dans les faits) annoncent la hausse du chômage de masse pour l'année 2014.

Puis la tension fait naître un climat de suspicion qui se légitime dans le creusement incessant du déficit de l'UNEDIC et concomitamment de sa gestion paritaire... Déficit qui conduit certains-es, avançant masquer, à vouloir rétrécir le champ de ces négociations sociales, sur une vision à court terme d'une insolvabilité d'un système. Mais elle est inscrite dans la continuité (de politiques économico-sociales de l'alternance) de son insupportable et irresponsable gestion paritaire..., qui voudrait être rejetée, dévoyée quoi..., pour sa faute..., son erreur..., sur la baisse du montant des prestations et la durée d'indemnisation des chômeurs-euses...?

Si suspicion il y a..., c'est donc tant sur les causes réelles de ces déficits que certains-es veulent escamoter du débat public et politique (fraudes aux cotisations sociales patronales de 20 milliards d'euros par an, alors que les entreprise touchent des exonérations pour ces même cotisations sur les bas salaires, puis les aides publiques situées entre 110 et 200 milliards d'euros/ans, et encore les 20 milliards d'euros du CICE pesant pour moitié par une hausse de la TVA, tout ça à mettre en perceptive avec toutes les baisses d'impôt tant sur les sociétés pour 2014sur les fortunes, sur le capital - inexistant - , etc)..., causes qui n'ont jamais endigués un chômage dit structurel (pour autres causes ici et )..., que sur le poids des conséquences que les politiques (néolibérales et "socio"-libérales), le patronat (ce tout dans le gloubiboulga de médias de masse privés embrouillant l'actualité), veulent faire porter... La stigmatisation, la discrimination des demandeurs-euses d'emploi existe dans notre pays depuis belle lurette et ont toujours servi à rejeter certaines culpabilités politiques et patronales sur les plus faibles, taiseux, et non représentés démocratiquement. Mais certains syndicats de salariés-es ne sont pas en reste quand à prendre.., à se découvrir une posture de défenseur des chômeurs-euses..., quand de l'autre main (invisible) d'autres négociations (l'accord l'ANI, celui sur les retraites, etc) les ont conduit à précariser un peu plus la vie des travailleurs-euses, des ouvriers-ères, des salariés-es, des employés-es et autres... Car un-e employé-e, etc..., pour plus de 50% des actifs de notre pays, qui sont non-imposables pour cause de trop bas salaire (dit autrement c'est des salaires de moins de 1630 euros/mois), est autant un chômeur-euse potentiel aujourd'hui. Puis dans la logique de "crise".., il-elle est aussi, après une longue durée, un de ces nouveaux pauvres que la France et pas que..., accumule... Quand à l'autre bout de l'échelle sociale..., en regardant les inégalités sociales et fiscales, ces même politiques et patrons cajolent ces nouveaux riches, en tout indécence, en toute impunité même...

Cette indécence politicienne et patronale est au summum de l’hypocrisie, qui rajoute une autre lourde suspicion. Quelle intention, quelle ambition politique sincère, réellement "socialiste", sur le long terme, peut avoir un projet de discussion mélangeant le fait de vouloir diminuer les prestations des chômeurs-euses, désiré par le patronat et la droite droitisée depuis des décennies, avec ce que ces même politiques, ou presque, s'apprêtent à renouveler , soit distribuer encore plus d'argent public sous un "pacte de responsabilité", sans qu'il, le patronat accepte de contrepartie, de contrôle...? Car vouloir ouvrir, en même temps que ce sommet social, que certains des plus libéraux du gouvernement et autres voudraient voir aboutir à une confiscation, suppression progressive de droit constitutionnel du aux victimes d'un patronat, vanté comme "exemplaire", "talentueux" (et non mandaté. Qu'en pensent les autres syndicats des petits patrons et autres...?) patronat plus enclin à choyer l’actionnariat, les banques et les marchés financiers donc (banques qui ont pourtant restreint les crédits en leur faveur, pour les petites entreprises, et ne sont jamais remises en cause, y compris pour le crack financier de 2007/8, et le coût de la socialisation de leurs pertes faramineuses et frauduleuses. Voir les profits de la bourse de Paris 2013 en hausse de 17%), que les licenciés-es enfermés-es dans des tombes sociales..., vouloir ouvrir donc d'autres négociations nommé "pacte de responsabilité", consistant à déterminer sous quelles formes l’État, soit nous, devrons distribuer des énièmes cadeaux, devrons s’amputer encore plus de recettes, creuser encore plus de déficit, pour un patronat et ses marges d'abord..., pour que soit-disant..., il réintègre..., il ressuscite les morts sociales qu'il a provoqué, est quelque peu cynique...

Car d'une négociation à l'autre, les deux intimement liées par leur focalisation à court-terme tant des déficits cumulées, des marges d'entreprises soit-disant en souffrance, qu'au accord nommé ANI ayant cassé certains droits du travail (flexibilisé le marché du travail dit on), qu'au risque d'aggravation de la situation sociale, les acteurs ont été et sont toujours les mêmes, ou presque. L’alternance politique est juste l'illusion d'un "jeu démocratique" devant trouver des solutions, qui ici cherche à en masquer leurs conséquences à long terme. D'une part..., le poids, des suspicions, son carcan n'est que la garantie d'un consensus mou, consistant et à neutraliser les partenaires sociaux et économiques puis politiques, voulant renverser la table en dénonçant les supercheries, les fraudes (entre 60 et 80 milliards d'euros par ans, dont celles à la TVA en France s'élevant à plus de 32,2 milliards d'euros/an), etc..., et à pérenniser la mécanique du système néolibéral (les même solutions relookées, renommées, remaniées) en dégradant toujours plus le rôle de l’État providence, de l’État arbitre et régulateur, par le chantage perpétuel à l'emploi de plus en plus vers le moins disant social et fiscal ou au chômage moins payé, par ces soit-disant embauches (sans conditionnement, sans loi donc...? Mais alors sans foi, sans confiance.)..., au regard de l'aggravation des urgences sociales. Celles si sont individualisées, autant qu'elles ont été soigneusement segmenté..., divisé... Et ce depuis des décennies. Le faible taux de syndicalisation des salariés-es, etc...., quand l'industrie en France est soit délocalisée massivement, soit qu'elle a fuit le territoire, elle a été abandonné par les politiques et autres, en sont autant des causes, qu'il sont aussi une preuve que l'abandon de la lutte des classes (et des fraudes fiscales aussi, la France étant au 24e rang sur 35 en matière de lutte contre les fraudes, avec son verrou de Bercy) des politiques soit disant "socialistes", en signe l’épitaphe de la représentativité du corps social des plus faibles (ces 50% cité plus haut) dans cette illusion "démocratique"...

Certains-es au gouvernement ont beau jeu de prétendre vouloir défendre les protections sociales des chômeurs-euses, maintenant..., quand de leurs actions ont peut en deviner certains futurs mensonges..., certaines dégradations de leurs droits aux vraies victimes...(comme ici et ).  Certains-es se voulant incarner l'idéal entrepreneuriat français (celui qui en toute impunité et dans la plus grande indécence s'est augmenter son pouvoir de plus de 25%, pour certains-es, et en moyenne de 7% pendant que les sacrifices de l'austérité faisaient tant de victimes, que les salaires ont augmentés de seulement 2%, et le pouvoir d'achat des plus pauvres, de ces chômeurs-euses ciblés-es aujourd'hui a chuté) se victimisant, ont beau jeu de se faire soit-disant magnanime et compassionnel, tout en étant inflexible eux-elles...,  envers les chômeurs-euses, le pays..., quand ils savent très bien que de ces sempiternels cadeaux qu'ils veulent encore extorquer de nos poches publiques maintenant..., privées demains, sans nous garantir par la loi quelques ruissellements que ce soit..., ce seront autant de socialisation de la solidarité nationale en moins, à long terme qui ne pourront plus aider leurs victimes..., et celles qu'ils laisseront sur le coté.

Car pour conclure... Qui peut croire que les emplois proposaient à hauteur d'un million, seront que des CDI, bien rémunérés, et donc des salaires, différés, socialisés pour le long terme, pour notre bien vivre et être ensemble, au regard des pratiques patronales actuelles en matière de comportement de masse (80% des embauches sont des CDD...)...? Qui peut croire que les emplois précaires en temps partiels, des CCD d'un mois majoritaires actuellement, moins bien rémunérés, mois bien protégés (voir l'accord l'ANI) toujours plus exonérés de cotisations sociales patronales (aujourd'hui c'est donc la branche famille en moins mais aussi la part patronale d'augmentation des cotisations pour financer les retraites, qui devait pourtant être transféré sur la branche famille), vont permettre de ; et combler les déficits cumulés qui vont augmenter (parce que la hausse du chômage et/ou de la pauvreté continuera) ; et combler voir juste satisfaire la vie des familles (celles qui resteront exclues de ce petit million d'embauches hypothéqués) plongées dans la misère et des multitudes d'urgences sociales quotidiennes, hebdomadaires, mensuelles, irrésolues, qui vont s'accroitre par la chute de leur pouvoir d'achat et la hausse des prix partout, de la TVA, etc...? Puis enfin... Qui peut croire que ceux et celles qui accepteront ce marché de dupe..., tant par leur prochains votes, que par la signature de ces nouveaux contrats de travail précaire (sans conditions alors sans loi quoi, sans protections pour l'à venir alors sans foi quoi, payé par leur propre sacrifice, leur propre denier public en plus), et se contenteront des miettes d'un salaire toujours plus bas, d'un pouvoir démocratique toujours plus réduit et d'inégalités toujours plus injustes, derrière l'artifice d'une "mondialisation" et compétitivité" soit-disant bienveillante (comme ici et peut être...?) ...? Puis, ou est la logique, l'honnêteté intellectuelle, et quelle confiance peut être accordée, que de vouloir diminuer maintenant, dans l'immédiat, les prestations chômage pour tous-tes dans un but incitatif de retrouver un emploi..., quand de l'autre coté le patronat ne veut pas, non seulement s'engager fermement à créer des emplois de manière chiffrée (et les politiques abonderaient dans ce sens), parle de création d'emploi sur un terme long de 5 ans..., mais continu de licencier..., sans être inquiété..., dans un marché du travail ou il y aurait au mieux, aux meilleurs moments,  300 000 milles offres d'emplois, pour plus de 5 millions de demandeurs-euses d'emploi...?

Et donc pour éviter que le chômage ne devienne cette lente mort sociale, un débat public tronqué avec des cautions politiques culpabilisant et discriminant des victimes plutôt que leurs bourreaux... En guise de réflexion, pour ceux et celles invectivant que trop facilement leur adversaire en le caricaturant de râleur sans proposition... Il apparaît ici un lien intrinsèque et inhérent à toutes les parties du problème de l'emploi, du chômage, de la croissance, etc..., de la "crise" économico-sociale. C'est déjà rien que le mot "crise" qui usurpe le vrai fond du problème... Car par la dé-temporalité qu'il signifie par son sur-emploi, ce trouve un point commun. C'est le vice du capitalisme spéculatif qui par la financiarisation des sociétés, de l'économie réelle, de la politique et la gestion démocratique du pays même (la dette publique et les déficits en étant les catalyseurs, les points d'articulation, les leviers d'un chantage à la peur).., sous une dérégulation et déréglementation financière et sociale comme commerciale grandissante et constante, cherchant à toujours plus déresponsabiliser les vrais coupables, qui a fabriqué un monstre systémique liant les banques et leurs fraudes aux défauts et conflits d'intérêts des politiques, des démocratie corrompues. Liant en emmêlant le profit à court-terme sans état d'âme aucun..., à la déshumanisation des conséquences d'une course effréné au modernisme, à la robotisation, l'automatisation des marchés défiscalisés, des services, etc qui détruisent le tissu humain des sociétés...

Le traitement de la dette publique, comme le déficit de l'UNEDIC, sont traités ici par la peur d'un défaut public imminant..., à l'identique des marges des entreprises ayant perdu à peine 2 points..., avec la complaisance politicienne, qu'elles ces marges sont bien privées, comme leurs profits cachés (fraudés, optimisés) et les actions qui en sont en constante croissance.... Et cet antienne rengaine d'assistanat par l'argent public qu'elles veulent engranger toujours plus conséquemment ..., doit donc se substituer aux rôles des banques...? Et c'est sur un temps court et immédiat, une vision rétrécie du problème que la peur gagne sur la raison. En caricaturant on pourrait dire que le chômeurs pris à la gorge doit signer pour le même patron l'ayant viré deux ans plus tôt..., sans prime..., maintenant qu'il a moins de droits, de protections, etc... Alors que lorsqu'on regarde leurs (politiques et patronats) actions dans un temps plus long, qu'on constate qu'elles-ils ont tant licencié, ont tant laissé faire pour eux, voir en justifiant de-fois ce choix injuste, le font encore d'ailleurs, ont tant soutenu ces banques qui leurs mettaient pourtant tant de pression (voir avec l’arnaque de prêts à des taux usuriers, au regard des taux plus qu’avantageux que la BCE leur a fait), sans qu'elles-ils n'en aient protesté autrement..., l'absence des banques, de leurs rôles passés, de celui qui a toujours été d'accompagner l'économie réelle, de leur état de santé réelle (les subprime et autres dérivés toxiques courts toujours) et de leur poids dans la dette publique, dans tous ces débats semble inquiétant... Mais donc on peut aussi en déduire que de ne pas vouloir parler des banques en général, dans les débats politiques économico-sociaux..., c'est aussi un moyen d'éviter de parler de la dette publique, donc des raisons réelles d’approfondir la recherche des causes des déficits cumulés... Il nous faut déduire de fait que seul un audit indépendant et citoyen de celle ci..., sans craindre une hausse des taux d'intérêts d'emprunt d’État, si cela est fait dans le cadre d'un Bretton-Woods européen et plus..., peut éclaircir la situation et du déficit de l'UNEDIC, sans envisager de massacrer encore plus les chômeurs-euses..., que cela pourrait aussi mettre en lumière l'état réelle de l'économie des entreprises, la légitimité et la sincérité des représentants-es réclamant toujours d'aides publiques, sans contrôles, sans contreparties... Et cela ne serait qu'un commencement...

 

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