La croissance n'est plus que l'antinomie de la confiance.

"La confiance ça ne s'accorde pas ça se mérite"... C'est sur cette phrase que j'ai été éduqué, et que je cherche à transmettre à mes enfants..., en tant que valeur, que repère. Et souvent l’aîné, rentrant dans adolescence, me répond à juste titre, par une autre question simple... "Mais comment juger du mérite d'une personne, pour lui faire confiance ou pas, quand on ne la connaît...?" Et là..., j'avoue que je me perds le plus souvent en conjoncture plutôt qu'en affirmation, en convictions et autres dictons... J'essaie au moins de lui faire comprendre qu'elle est un  bien si "précieux"..., qu'on ne peut l'accorder à un-e inconnu-e..., qu'après avoir mûrement réfléchi à tous les tenants et les aboutissants de ce que ce geste, pouvant influer sur sa propre "liberté", en quelque sorte, peut et pourra avoir comme conséquences en cas de défaut. Comme une sensation de honte, de trahison par exemple.

  Car cette question là est essentielle. Elle est d'autant plus dans un monde ou entre les être humains, défiance rime avec méfiance. Ou dans nos sociétés comme en politique division rime avec diversion... Quand les deux premières rimes sont une suite logique, une déclinaison de causes signifiant une perte d'écoute de l'autre, de dégradation de compréhension mutuelle conduisant à plus d'appréhensions..., dans l'entente de la parole de l'autre..., aux regards de ses actes..., les deux secondes, quant à elles, en expliquent tant les mécanismes que leurs conséquences. Bien sûr je schématise...

Mais mon sujet n'est pas directement l'éducation de mes enfants ici..., mais il y est lié intrinsèquement, sur un long terme. Comme il n'est pas non plus d'approfondir dans l'absolue une philosophie de l'être et de la morale... Quoi-que de les lier on pourrait aussi. Non.. Dans l'instant ce n'est pas tout ça... Mais dans le temps les liens sont et seront apparents. Mon sujet est ce "pacte de confiance" pour les uns-es.., ayant tant et tant de pouvoir politique que financier..., et ce "pacte de responsabilité" pour les autres ayant tant et tant de pouvoir politique et de contrôle sur nos vies de citoyens-es.

Mais il, ce "pacte" ne peut être compris, abordé, jugé..., sans le contextualiser tant dans une politique de rigueur pour certains-es, plus complexés-es d'avouer leurs intentions à long terme, d'austérité pour d'autres tentant de prévoir celles ci, cachées, que celui des "politiques économiques de l'offre " inefficaces, des recettes fiscales en bernes (fraudes, fuites de capitaux, optimisations fiscales en croissance) et des déficits publics abyssaux (de l'UNEDIC, la SÉCURITÉ SOCIALE, etc)..., corrélé à un crack financier antérieur (2007/8), des "crises" successives, de l'explosion de la dette publique, d'une croissance "poussive" et son pendant, un chômage de masse extraordinairement élevé, avec un patronat voulant diminuer tant les montants que la durée des prestations de leurs victimes, puis enfin des inégalités sociales (voir ici l'avis de l'observatoire des inégalités) et fiscales croissantes elles..., et leurs conséquences traduites par un nombre de pauvre en constante croissance, eux aussi, puis aussi une paupérisation de la population dite modeste... Le sujet est complexe... Je vous l'accorde... D'autant qu'il est articulé autour d'un seul vecteur principal influençant soit vers le pire, soit vers une petite amélioration, et reliant dans le temps et l'espace, à différentes échelles.., les uns et les autres. Cela ce nomme la croissance, et est devenu une croyance absolutiste, dans une recherche effréné à un maximum, tant pour les libéraux que les néolibéraux... Mais elle est aussi inscrite dans ce que ces derniers ont coutume d'appeler la "mondialisation" et la "compétitivité"..., qui elles se traduisent par une course proportionnelle à la vitesse de la première citée, vers le moins disant social et fiscal... La est donc le contexte globalisé, du moins simplifié puisque c'est à la mode...

Je ne m'étendrais pas plus sur tout ce que j'ai pu déjà écrire sur ce sujet (ici, , et encore celui ) en ayant aussi essayé d'en varier leur approche et vous invite à les découvrir... J'en viendrais au fait par rapport à cette notion et de confiance et sur le même principe que mon introduction.., par des questionnements. Car dans cette société ou le-a citoyen-e est tant et tant infantilisé soit dans le domaine politique que celui de l'économie..., par l'intermédiaire de médias de masse privés et publics partiaux... c'est donc à travers cette régression feinte que j'interroge nos responsables de toutes sortes...

Quelle confiance peut-on accorder, ou pas..., à un patronat égoïste, que l'on connaît depuis des lustres maintenant, quelque soit le changement dans l'alternance d'ailleurs, que notre fisc est censé connaître encore mieux que nous..., au regard des pertes de recettes annuelles..., qui a promis tant et tant depuis si longtemps pour obtenir tant et tant d'aides publiques, d'exonérations, etc..., au vu des résultats (pas de d'études d’impacts publiques...?) et de l’efficacité de ces politiques publiques de l'offre..., quant à se saigner d'abord de 65 milliards d'euros, sur des besoins vitaux en moins à accorder aux plus démunies..., pour l'hypothèse d'un million d'emplois dans 5 ans...?

Quelle confiance peut être jugée au mérite, ou à son contraire..., au regard des arguments politiques et économiques puis sociaux présentés au peuple, à l'instant, devant faire encore confiance, individuellement, quand des 200 000 milles emplois qui résultent de ce million "promis", divisé par 5 ans..., 150 000 jeunes rentrent sur le marché du travail chaque année, et que plus de 3,2 millions de chômeurs-euses en catégorie A (et pardon pour les autres dans les autres catégories), avec des prévisions de hausse du chômage plutôt pessimistes pour 2014, sont déjà incriminés-es dans le fait d'être responsable des déficits de l'UNEDIC et de coûter trop chers-ères à notre société, et devrons se partager que 50 000 emplois, par an, de ce "pacte" qu'ils payeront bien plus cher que d'autres mieux lotis et privilégiés ...?

Quelle confiance peut être accorder, ou pas..., à un gouvernement ayant reçu un mandat sur la base d'un programme entre autre social, celui d'apporter plus de justice (et l'argument de déclarer vouloir lutter contre un adversaire sans visage, la finance fut certainement un vecteur essentiel, décisif en fin de campagne électorale, d'une victoire)..., d'endiguer les inégalités (et pas que paritaire, et autres), et d'ouvrir plus la démocratie à plus de transparence..., celui d'un intérêt général en opposition à l'individualisme rampant..., quand il est prêt à nous faire encore plus les poches, à appauvrir encore plus les plus modestes (le renoncement à réduire la TVA sur les produits de premières nécessité de 0,5%), pour offrir nos sacrifices à un patronat insatiable et bien malhonnête dans les faits (voir les fraudes)..., et accepte même, sans protester..., d'ouvrir des négociations sociales sur la diminution des prestations chômage et de leurs durées avec celui là même qui creuse le plus les déficits..., voulant et culpabiliser ses victimes, les demandeurs-euses d'emploi, et leur couper les vivres...?

Quelle confiance peut être jugé au mérite, ou pas..., d'Homme politique carriéristes, d'une famille politique favorisant le clientélisme électoraliste, de gouvernants-es..., qui n'ont de cesse depuis des décennies d'avoir tant renoncé à lutter contre les fraudes et autres délits financiers, ce fléaux fiscale asphyxiant toutes les démocraties..., ces causes de leurs échecs, ces preuves d'une corruption généralisée nommées sous l’absconse idéologie de "mondialisation" et de compétitivité" qu'ils-ont décider d'épouser...,  qu'ils-elles en ont logiquement abandonné à l'autre bout la classe du peuple "d'en bas" étant les premiers à en subir les conséquences..., en en supportant tout le poids économique et fiscal, toutes les discriminations et stigmatisions...?

Le dogmatisme de la pensée unique du "politique"(celui du bipartisme et de l'alternance, centre et fhaine compris), de "l'expert médiatico-économico-politique", du patronat, jusqu'à certains hauts fonctionnaires, et autres soutiens d'électeurs-trices d'une famille politique à la dérive vers la droite droitisée..., ne pourra vous opposer en réponse rapide, avec les invectives qu'ils-elles croient vous devoir en prime... : "C'est seul le retour de la croissance, celui aussi de la confiance..., par une plus forte politique de l'offre, d'aide à la création d'emploi, et une "rigueur" dans l'équilibre du budget, qui permettra d'améliorer la situation économique et sociale du pays, de l'Europe, et ailleurs..., durablement, à long terme".

Sauf que ce discours est plus qu'éculé... Tellement il fut promis depuis des lustres, et se pare d'une pudeur feinte avec la "main invisible" des marchés financiers, et plus de 25 000 milliards de strass et paillettes, pour cacher ses attribues immoraux. Tellement leurs inefficacités et leurs résultats aux politiques économiques de l'offre, sont les ondes de chocs sociaux que les plus démunis-es, dans les pays riches comme dans les autres, ne finissent pas de payer... Et prenant en compte la logique de ce dogmatisme néolibéral..., toujours sur le long terme..., qui est acté par la ligne économique, sociale, fiscale, de ce gouvernement au "socialisme" oublieux..., ce temps à courir vers du moins disant fiscal et social est une spirale sans fin. D'autant qu'à se "prendre au jeu", à perdre du temps sur le court-terme, c'est oublier que pendant ce temps, les conséquences sociales désastreuses que la politique de l'offre actuelle et précédente vont faire qu'aggraver la situation des plus pauvres, saccager les droits du travail (l'accord l'ANI, la réforme des retraites, et proposer que des job à 2 ou 3 euros, comme en Allemagne...? C'est ça le million d'emploi "promis"...? Le retour de la croissance avec des pouvoirs d'achats à court et long terme dans une croissante baisse...?), et en fin de course la démocratie et l’État providence. Car il y aura toujours un pays, une politique économique néolibéral pour sur-enchérir et chercher à passer devant les autres... Ce qui veut dire ; devenir le "meilleurs" des moins disant fiscal et social... En conséquence..., il y aura d'autant d'aggravation des inégalités, des déficits publics, des dettes publiques, tant entre pays riches et pauvres, riches et moins riches, pauvres et moins pauvres..., qu'au sein d'un même pays, dans nos propres sociétés, les populations les plus pauvres en payeront le prix fort.

Ce n'est certainement pas pour rien qu'ils sont accusés et rendus responsables de tous les maux de notre société, et culpabilisés par des politiques démagogues faisant parti du cercle de l'alternance. Et ces accusations, qui passent même de plus en plus souvent par de l'ironie à travers des sketchs de soit-disant "humoristes" les discriminants sans cesse, cherchent à renverser le rôle de victimes que sont les chômeurs-euses, etc... C'est une drôle de manière d'être ironique, voir de "cynisme démocratique", quand on y pense..., quand le droit à "l'humour" en France se transforme en celui de la "liberté" de mener une vie privée "à cheval" sur le domaine publique pour un chef d’État, de la liberté d'expression, concernant d'autres discriminations, plus graves certes, qui même si elles sont plus ignobles, insupportables et sans comparaison..., n'empêchent aucunes voix politiques, intellectuelles, etc..., de s'élever et s'opposer quant à dénoncer le sort réservé aux chômeurs-euses en "fin de droit", aux handicapés même, et d'autres encore..., quant à faire respecter un minimum de dignité par la voix publique, dans certains sketchs faisant la fortune de certains-es..., sur l'humiliation des plus faibles, jusqu'à faire la distraction du "primetime" du samedi soir sur une chaîne du service public...

Car c'est en banalisant ce type de comportement insultant, sur le ton de l'ironie, les victime du chômage, etc, que, comme pour les premières discriminations infâmes d'ailleurs, l'accoutumance dans l'opinion publique, dans les non-dits politiques, etc, provoquera les même ravages à terme... Et une croissance si faible soit-elle..., ne peut pas se faire avec l'appuie tacite d'une société, tout en sous-entendu, cette sorte de confiance d'apparat.., dans une démocratie digne de ce nom, dans une forme d'exutoire de discrimination de stigmatisation de bouc-émissaire taiseux, celui des plus faibles, afin de s'éviter d'autres discriminations plus polémiques. Tolérer cela, c'est perdre de son humanité. En ne la reconnaissant plus à autrui, même dans l'ironie, juste pour des raisons de gradient de valeurs morales, de degrés de souffrances physiques ou morales, passées ou présentes, c'est faire le jeu de la compétition, de la mondialisation divisant tant nos sociétés.

 

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