Pierro Juillot

Technicien dessinateur/ Chômeur. Dit aussi Pierro Sanslalune.

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Billet de blog 26 avril 2013

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Savoir, faire savoir et faux semblant.

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Une petite fiction locale et délocalisable... Ça vous dit...?

« Sais tu qu'on n'a presque plus de dette publique... ? » Dit le mendiant à l'élu...

« Tu divagues.. T'as encore trop bu... ! » ricanât l'homme fièrement orné de sa banderole tricolore...

« si j'avais trop bu..., tu m'aurais pas cru quand même » rétorqua alors le mendiant, lui tournant le dos, en s'éloignant du cortège de convives guindés se photographiant au coté des jeunes mariés.

« T'as beau vouloir être déconsidéré en permanence..., le fait que je sois là tous les jours à parler avec toi..., te prouve que ma considération est la même pour tous mes administrés-es » enchaîna l'élu d'un ton solennel, ponctuant un petit agacement en marquant ses phrases d'une pause artificielle et appuyant précisément sur le mot déconsidéré.

« Je me déconsidère dis-tu.. ? Ça c'est fort tout de même... ! » renvoya alors le mendiant en renâclant sa colère et l'essuyant d'un revers de manche. Puis, il poursuivi... :

« Ma prétention n'est rien d'autre que ce regard que vous me renvoyez quand vous m'apercevez en changeant de trottoir... ! Mais passe encore ces prétendues intentions... ! Je te dis qu'avec les 25 000 milliards d'euros qui sont planqués dans les « paradis fiscaux »..., on n'a presque plus de dette publique, car ils représentent les trois quarts de celle ci, et de tous les pays cumulés ».

Le maire s'emporta alors dans sa gouaillerie habituelle, se croyant peut être encore en pleine campagne électorale, face à son adversaire de toujours.., et il lança... :

« Il est impossible de savoir à qui sont les comptes en banque..., combien d'argent ils détiennent... De plus..., on ne peut prendre le risque de provoquer des graves heurts, de créer un effondrement systémique de nos économies en affrontant les pays abritant ces banques et autres fonds d'investissements qui se cachent sous des identités différentes et qui sont compliquées à démasquer... C'est ça la réal-politique quand on est au pouvoir ».

« Beh..., tu sais quoi... ? T'en sais bien des choses à ce sujet... ! Plus que moi apparemment... !? Ce qui est marrant..., c'est qu'on croirait entendre l'ancien maire que t'as fait tomber en le faisant condamner pour fraude... ! » Ironisa ce mendiant se rasant le gosier avec une petite fiole qu'il sorti d'un long trench coat usé et troué de toute part.

« Ah ah..., tu vois..., je te l'avais dit..., t'as bu..., et tu racontes encore n'importe quoi ! » moqua le maire..., en retrouvant une petite étincelle dans son regard qu'il perdit..., des-lors que sa colère tentait de masquer la lividité et la fausseté de ses mots.

« Tiens... Sens... C'est que de l'eau... J'ai arrêté la picole il y a 2 mois déjà... En attendant avec ton élection t'as peut être coupé une mauvaise herbe..., mais à t'entendre..., la forêt qu'est derrière va encore prospérer... ! Et les dettes vont encore s'alourdir... ! Alors qu'elles seraient quasiment remboursées si vous vous donniez la peine de vous retrousser les manches... ! C'est ça la réalité, la politique... ! » Rangeant son bien précieux, ce contenant métallique lui rappelant tant de beuveries et hilarités passées..., c'est ainsi que répondit le mendiant en fixant ce maire désabusé et déconvenu par ces mots et son erreur de jugement.

« Mais on peut rien faire tout seul... C'est à un autre niveau que ça ce passe... Je ne suis qu'un maire..., d'un petit village... !" Susurra le maire semblant gêné et perturbé par ce sujet.

« Et t'es pas aussi président du conseil général depuis la semaine dernière... ? J'ai lu ça dans le canard... Et ça n'a pas empêché l'ancien maire de se faire piquer la main dans la caisse..., et d'y avoir pioché pendant des années pour le planquer après... ! » Riposta le mendiant. Et en tournant les talons il reprit... :

« Bon je vais bosser... ! »

« Mais tu mélanges tout... ! Tu parles des dettes publiques..., et de l'argent fraudé et planqué..., c'est pas pareil. Tu rajoutes l'histoire judiciaire de l'ancien maire, à celle de mes mandats..., en voulant les lier... ! C'est pas la même chose... » grommela le maire emboîtant le pas du mendiant. Et quelques secondes plus tard.., il percuta en rajoutant, surprit... :

« Tu travailles toi... ? Depuis quand... ? Et dans quoi... ? » s’étonnât-il.

« Cette histoire de fraude et d'élection..., la tienne..., élection..., et la fraude qui t'a fait élire..., ça m'a réveillé. J'ai compris très vite d’où venait ma détresse que j’essayais désespérément de noyer. Comme j'ai aussi appris pourquoi cette misère dans laquelle j'étais ne m'en  rendait pas plus responsable que mes copains et copines de galère... Je me suis alors remis à écrire..., à fouiller...,, à fouiner..., et j'ai commencé à publier des articles sur le canard..., il y a un mois... », répondit ainsi ce modeste homme ressentant une certaine fierté à prononcer ces mots d'une voix calme à ce frère l'ayant tant rabaissé pendant tellement d'années.

" bon..., c'est là que je tourne..., j'ai un rendez vous... ! Tu viens manger le vingt de ce mois ? C'est l’anniversaire de ta nièce. T'as pas oublié... ? » Marmonna le maire d'une voix chevrotante, soulignant son trouble et son émotion exacerbée... !

«  je t'appelle... On en reparlera quand t'auras pris connaissance d'un certain article... ! Peut être que tu ne voudras plus me voir... ? Qui sait...? » s’exclama moqueur le mendiant pressant le pas en s'éloignant vers la place de l'église...

Perturbé et barbouillé..., notre pauvre maire ne pu s'empêcher de retenir sa confusion et son inquiétude le restant de la journée... Contactant certaines personnes « redevables » et d'autres amitiés de circonstances..., il chercha à connaître le fin mot de l'histoire d'articles publiés par ce frère, le sien.... Il lui fallait savoir, mais sans faire savoir. Se demandant s'il fallait qu'il prenne au sérieux les dernières phrases de ce frère, de ce faux frère peut être...(?) qu'il a toujours cru désœuvré..., c'est la tête plombée de doutes qu'il finit sa journée, semblant comme à son habitude... !

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