Vers une crise de la téléphonie mobile ?

Free mobile nous a été présenté en janvier dernier par un Xavier Niel triomphant. Depuis, le petit nouveau à conquis son public. Bouygues parle même de plus de deux millions d'abonnés pour son concurrent qui ne souhaite pas s'exprimer avant la publication des chiffres officiels. Avec des tarifs allant de 2 à 19,99 euros, on comprend qu'il ait du succès.

Orange, le plus gros opérateur français, et SFR ont perdu 200 000 abonnés chacun depuis le lancement de Free mobile. Bouygues annonce une perte de 160 000 clients dont 134 000 au profit de Free. L'effet positif de cette perte a été de les a pousser à réagir en proposant des offres moins chères. C'est le cas de SFR avec ses forfaits RED. Tout cela devrait faire le bonheur des abonnés, mais il y a un mais.

Le problème que pose Free mobile, c'est la concurrence presque déloyale qu'il représente. En étant si peu cher, il déséquilibre le marché. Pour pouvoir suivre le mouvement et baisser leurs prix, les trois grands de la téléphonie mobile française vont devoir, eux aussi, proposer de plus en plus d'offres par internet comme B&You de Bouygues, lancé peu avant l'arrivée de Free mobile. La conséquence de cette baisse, c'est un gel des salaires et des embauches chez les concurrents.

Et ce n'est pas le groupe de Xavier Niel qui va compenser ce déficit puisque sa plateforme tourne grâce à quelques centaines d'employés contre plusieurs milliers chez les autres opérateurs. En effet, il n'y a pas de boutiques Free mobile et les centres d'appels sont presque tous basés à l'étranger.

Si l'on peut prévoir l'impact que Free mobile peut avoir sur l'emploi, c'est que la situation s'est déjà présentée à l'étranger. Un exemple au Danemark : un concurrent à bas prix s'installe, les clients affluent... Pour stopper cela, le principal opérateur danois, TDC, rachète l'entreprise. La conséquence de ce séisme à été une baisse des prix généralisée mais aussi le licenciement d'un millier de personnes.

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