"Denys l’aréopagite et le nom de Dieu" et "Moi, Jean-Jacques Rousseau" : deux petits chefs-d'œuvre de la littérature jeunesse !

Introduire les enfants à l'histoire de la philosophie… En voilà une idée ! C’est pourtant le pari qu’ont brillamment relevé les éditions Les petits Platons, qui publient ces jours-ci le malicieux Moi, Jean-Jacques Rousseau et un autre petit volume aussi mystérieux qu'extraordinaire, Denys l’aréopagite et le nom de Dieu

Fêtant à leur manière le tricentenaire de sa naissance du philosophe de Genève, Les petits Platons offrent tout d'abord avec Moi, Jean-Jacques Rousseau une bien jolie aventure philosophique sous la plume d'Edwige Chirouter et le pinceau de Mayumi Otero. Grâce à leurs talents conjugués, le philosophe se met à nu ! Dans un procédé ludique, Rousseau s’adresse au jeune lecteur, sollicite son concours et le convie à assister à son ultime chef-œuvre ; un opéra magistral qui salue ses idées novatrices et son génie sans précédent. 

Original ? Résolument ! Audacieux ? À n'en point douter ! Tendrement satirique, Moi, Jean-Jacques Rousseau initie le jeune lecteur à la pensée rousseauiste, car cet opéra mordant se veut également une leçon de philosophie. Le lecteur est introduit aux concepts de liberté, d’éducation, de contrat social. On y redécouvre aussi le Rousseau musicien – auteur de plusieurs opéras – ou encore le Rousseau botaniste. 

Illustre figure des Lumières, intellectuel de génie, Rousseau n’en demeure pas moins homme, avec ses petitesses. Attachant, le personnage est aussi gentiment raillé par son auteur : despote misogyne, il vilipende Hobbes, Diderot, Humes, Voltaire et tyrannise son entourage jusqu’à s’attirer les foudres de tous, y compris du jeune lecteur philosophe en herbe. 

Les illustrations de Mayumi Otero sont quant à elles d’une grande finesse. Entre texte et dessin, la symbiose est totale et le dialogue opère.

Drôle, intelligente, cette plongée incisive dans la vie de Jean-Jacques Rousseau fera le bonheur des enfants mais aussi des adultes. Savamment conté, élégamment illustré, ce nouveau titre des petits Platons bénéfice également de la nouvelle maquette de la collection, élégante comme une boîte de macarons !

Moi, Jean-Jacques Rousseau

Deuxième titre arrivant en même temps en librairie, Denys l’aréopagite et le nom de Dieu est probablement une des plus belles réussites de la collection. Après avoir enchanté les jeunes lecteurs avec La Mort du divin Socrate, Le Malin génie de Monsieur Descartes, La Folle journée du professeur Kant, Leibniz et le meilleur des mondes possibles ou La Confession de Saint Augustin, Jean Paul Mongin signe un récit audacieux, qui permet de découvrir à la fois la patristique grecque et la théologie néoplatonicienne.  

Un jeune héros à la recherche de l'imprononçable nom divin, des compagnons de route attachants – du vieux rabbin Philon à l'académicienne Damaris, de magnifiques illustrations en parfaite symbiose avec le texte, une bonne dose d’humour… La magie opère ! 

Ghislaine Herbéra, illustratrice de talent remarquée au Salon du Livre jeunesse de Montreuil (prix du premier album 2010) et à la foire du livre de Bologne (prix de l'illustration en 2011), peint avec une grande finesse ces paysages oniriques et personnages touchants. Difficile de ne pas verser une larme à la fin !

Denys l'Aréopagite et le nom de Dieu

 

 

 

 

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