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Billet de blog 16 juil. 2015

Le retour de l'oncle d'Allemagne

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En visionnant un documentaire sur Arte intitulé "L'Europe des écrivains: l'Allemagne", j'ai été frappé par un parallèle du troisième type entre les propos de certains intervenants, écrivains Allemands, et l'actualité concernant ce qu'on nomme "la crise grecque". Et notamment ce passage de l'interview de Chrisoph Hein qui mentionne un fameux oncle dont il convient de ne pas nier l'existence.

Cet oncle a pris immédiatement, dans ma tête, la forme du Ministre des finances Allemand, Wolfgang Schaüble. Ou plutôt c'est de l'oncle de Schaüble qu'il s'agit là, en fait. Son neveu a l'air d'avoir oublié son existence si on se penche sur les propos et l'attitude de ce Ministre Allemand intransigeant et impitoyable. Mais son fantôme n'en a pas disparu pour autant, on dirait, et semble s'exprimer à travers lui.

Cette histoire de l'oncle Allemand pourrait-elle être de la même famille que celle de l'oncle d'Amérique que Resnais nous a présenté en 1980? Peut-être bien, si j'en juge l'étrange cousinage de la thématique sous-tendue, à savoir les comportements de domination entre les hommes.

Voilà donc la transcription de ces mots prononcés par Christoph Hein qui ont résonné (raisonné?) si curieusement en écho aux événements de ces derniers jours qu'il m'a paru nécessaire de partager la chose avec vous.

Le passage s'ouvre sur la scène du démontage du monument à Lénine à Berlin (rappelez-vous la scène de "good-bye Lenine"...)

Christophe Hein: "Le monument à Lénine n'était pas particulièrement beau mais il ne s'agit pas de cela. Il s'agit de l'éffacement des traces. Et dans ce domaine, les Allemands ont toujours fait très fort. A Paris, il y a toujours une place Stalingrad. Nous autres Allemands avons complètement effacé Stalingrad. Alors que Stalingrad est l'un des événements les plus décisifs dans l'histoire de l'Allemagne. C'était le début de la fin de la seconde guerre mondiale. Il y a eu un million de morts. Cet événement a permis une défaite qui a signifié la fin du troisième Reich et le fait d'avoir totalement fait l'impasse sur cet épisode, c'est un bel exemple de l'épuration de l'histoire contre laquelle se dresse mon travail.Cette attitude, je la trouve extrêmement fatale et ça ne peut pas fonctionner. Le méchant oncle de la famille, on ne peut pas l'exclure, il en fait partie. Il ressurgit toujours quand on ne l'attend plus et toujours à la pire occcasion. Et ce que je passe sous silence n'en devient que plus lourd à porter. Ça rejoint le paradoxe de la censure: tout ce qu'on cherche à passer sous silence acquiert d'autant plus de valeur. Ça me définit aussi. C'est l'un des malheur de l'histoire Allemande..."


Souhaitons que les Allemands dans leur majorité n'aient pas, comme Schaüble, enterré les fantômes de leurs oncles dans le cimetière de l'amnésie. Sinon, les nuits à venir risquent d'être longues et mouvementées... Car il n'y a pas qu'un oncle évoqué là, par les propos de Christoph Hein...

https://www.youtube.com/watch?v=ellDj5JK92k

© Pipo Tin

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