Pistoff
Abonné·e de Mediapart

22 Billets

0 Édition

Billet de blog 6 févr. 2015

Atteinte aux libertés

Pistoff
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Alerte sur les lanceurs d’alerte



C’est la petite histoire qui se cache derrière le grand récit. A l’ombre de la grande messe présidentielle, jeudi 05 février, s’est déroulé sur les bancs quasi-déserts de l’hémicycle du Palais Bourbon un vote bien moins médiatisé mais dont la caisse de résonance fait immédiatement écho à l’actualité de ces dernières semaines.

De quoi s’agit-il ? D’une proposition de loi UMP adoptée hier, malgré l’opposition des députés écologistes, bien seuls pour dénoncer ses réelles intentions. Cette proposition prévoit en effet d’alourdir les sanctions pour intrusion sur un site nucléaire, avec notamment la création – pour l’occasion- d’un délit pénal sur le sujet.

Sans complexe, elle vise directement les citoyens, militants, lanceurs d’alerte anti-nucléaires qui par leurs actions coup de poings démontrent avec courage la très grande vulnérabilité de nos centrales nucléaires. Absolument pacifiques, ces opérations sont destinées à alerter les responsables politiques d’une situation particulièrement dangereuse pour la sécurité et la santé de nos concitoyens.

Si la sécurité des centrales est pour les écologistes un sujet fondamental, cette proposition de loi ne règle en rien celle-ci ; elle ne fait même que l’aggraver, tant les militants de Greenpeace, pour ne citer qu’eux, concourent à l’expression démocratique et représentent un thermomètre très utile pour révéler nos failles actuelles.

Ce n’est pas la première fois ces dernières semaines que les lanceurs d’alerte subissent une attaque en règle. Récemment, le projet de loi d’Emmanuel Macron envisageait l’introduction d’une notion -désormais caduque face à la levée de boucliers- de «secret des affaires» dans laquelle toute information susceptible de nuire aux intérêts d’une entreprise serait pénalement répréhensible. Une pression terrible afin de dissuader la révélation d’informations compromettantes pour un grand groupe, alors même que leurs activités présenteraient des risques sanitaires et environnementaux. Exposition aux ondes électromagnétiques, amiante, Médiator : les exemples de scandales ne manquent pas.

Ces deux épisodes illustrent l’importance de la mobilisation citoyenne et écologiste afin d’éviter une dérive dangereuse vers laquelle nous nous engageons. Le statut des lanceurs d’alerte doit être protégé, la législation doit évoluer ; mieux, leur rôle doit être reconnu et sanctuarisé pour que puisse s’exprimer une démocratie saine, apaisée, et vivante.

Les lanceurs d’alerte représentent un symbole de la République : celui de la liberté d’expression si chèrement défendue le 11 janvier dernier.

Bienvenue dans le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte

À la Une de Mediapart

Journal
Des titres de séjour suspendus aux « principes de la République » 
Le ministre de l’intérieur veut priver de titre de séjour les personnes étrangères qui manifestent un « rejet des principes de la République ». Cette mesure, déjà intégrée à la loi « séparatisme » de 2021 mais déclarée inconstitutionnelle, resurgit dans le texte qui doit être examiné d’ici la fin de l’année. 
par Camille Polloni
Journal
Le gouvernement rate l’épreuve du feu
Le début du second quinquennat Macron n’aura même pas fait illusion sur ses intentions écologiques. Depuis le début de cet été catastrophique – canicules, feux, sécheresse –, les ministres s’en tiennent à des déclarations superficielles, évitant de s’attaquer aux causes premières des dérèglements climatiques et de l’assèchement des sols.
par Mickaël Correia et Amélie Poinssot
Journal — États-Unis
L’auteur britannique Salman Rushdie poignardé
Salman Rushdie était hospitalisé vendredi après avoir été poignardé, alors qu’il s’apprêtait à prendre la parole sur une scène de l’État de New York.
par La rédaction de Mediapart
Journal — Conjoncture
Le nouveau plein emploi n’est pas le paradis des travailleurs
De l’emploi, mais des revenus en berne et une activité au ralenti. La situation est complexe. Pour essayer de la comprendre, Mediapart propose une série de deux articles. Aujourd’hui : pourquoi le nouveau plein emploi ne renforce pas la position des salariés.
par Romaric Godin

La sélection du Club

Billet de blog
« Les Crimes du futur » de David Cronenberg : faut-il digérer l'avenir ?
Voici mes réflexions sur le dernier film de David Cronenberg dont l'ambition anthropologique prend des allures introspectives. Le cinéaste rejoint ici la démarche de Friedrich Nietzsche qui confesse, dans sa "généalogie de la morale", une part de cécité : "Nous, chercheurs de la connaissance, nous sommes pour nous-mêmes des inconnus, pour la bonne raison que nous ne nous sommes jamais cherchés…"
par marianneacqua
Billet de blog
DragRace France : une autre télévision est possible ?
Ce billet, co-écrit avec Mathis Aubert Brielle, est une critique politique de l'émission DragRace France. Il présente la façon dont cette émission s'approprie les codes de la téléréalité pour s'éloigner du genre en matière de contenu et de vision du monde promue.
par Antoine SallesPapou
Billet d’édition
Entretien avec Leonardo Medel, réalisateur de « La Verónica »
Après une sélection au festival de Biarritz et au festival international du nouveau cinéma latino-américain de La Havane où il reçut le Prix FIPRESCI de la critique internationale, « La Verónica » sortira officiellement dans les salles en France à partir du 17 août 2022. L'opportunité de découvrir un cinéaste audacieux autour d'une critique sans concession des excès des influenceurs sur le Net.
par Cédric Lépine
Billet de blog
33e Festival de Fameck - Mounia Meddour, Présidente du jury et l'Algérie, pays invité
L’édition 2022 du Festival du Film Arabe de Fameck - Val de Fensch (qui se tiendra du 6 au 16 octobre) proposera sur onze jours une programmation de 30 films. La manifestation mettra à l’honneur l’Algérie comme pays invité. Le jury longs-métrages du festival sera présidé par la cinéaste Mounia Meddour.
par Festival du Film Arabe de Fameck