Où vivons-nous ? Où habitons-nous ? Vais-je devoir surveiller mes voisins ? Je n'y comprends plus rien ... Que nous apportera la déchéance de nationalité ? Un chaos indescriptible ? Une mondialisation de l'individu ? J'ai l'impression de voir une pièce où les acteurs sortent du texte, ne pensent qu'à se glorifier, "je suis le meilleur... non, c'est moi..."
A quoi peut servir une telle mesure ? A cacher nos propres erreurs, à se détourner de nos propres responsabilités. Les acteurs de la vague terroriste qui nous frappe sont bien de chez nous. Ils ont fréquenté nos crèches, nos écoles, nos terrains de sport, nos hôpitaux, certains les ont cotoyés tous les jours sans se rendre compte de leur dérive. Nous devons assumer nos fautes, donner des réponses cohérentes plutôt que de rejeter nos problèmes sur une nébuleuse, ou un "état" fantôme qui ne cesse de les accueillir dans son rang. Ils ont déjà choisi leur nationalité en partant combattre en Irak, en Syrie, en Lybie ou ailleurs, puisque le terrain de jeu ne cesse de s'agrandir.
Cette mesure s'apparente à notre société de consommation actuelle : j'achète, j'utilise, cela ne marche plus , je jette, sans tenter la moindre réparation. Les problèmes, ce qui fait marcher notre petit cerveau, ne doivent plus exister. Vive les cadences continues ! Dur de voir un fait de société traité comme un problème de consommation courante. Même nos chers penseurs ne semblent plus se focaliser que sur cette mesure : pour ou contre, telle est la réponse ... C'est pauvre, c'est attérant...
Dans notre petit pays, le terrorisme a été, il n'y a pas si longtemps synonyme de régionalisme, corse, basque, breton. La déchéance de nationalité, eux la réclamaient à pleine voix. L'état n'a pas pensé à l'époque qu'elle constituait une réponse adéquate. Les mouvements actuels en écosse, en catalogne, au pays basque espagnol nous montrent clairement que les revendications et le rêve d'émancipation de certaines communautés ne sont qu'assoupis, prêts à se réveiller à n'importe quel moment. J'attends de nos politiciens une vision lointaine des développements futurs de nos sociétés, une réflexion si ce mot existe encore. Tout est traité dans l'urgence sans perspective lointaine.
Dernier point, changer la constitution me paraît suffisamment important pour organiser un référendum. On y verra peut-être plus clair sur l'état du pays, s'il est prêt à accepter un totalitarisme forcené ou une vision plus novatrice de notre société. Les derniers organisés ont permis un temps de réflexion, de mieux comprendre les enjeux. Le résultat du dernier n'a pas été pas forcément celui que l'on attendait, le vote populaire n'a ensuite pas été respecté. Le problème de perte de repères de notre société vient peut-être de là, mais qui s'en souvient... Alors, osez, soumettez votre projet aux citoyens et respectez cette fois le résultat, sauf si votre peur de réactiver les neurones de nos consciences est plus forte que celle du terrorisme.