Le titre proposé de cette chronique parle de toutes les questions qu'on pourrait, si on en prenait le temps, essayer de décoder et surtout de décaler à l'aune ou à l'encontre des intentions de la prise de parole, qu'elle soit politique, médiatique ou "sociétale".
*A titre d'exemple, cette question des déclarations, dignes d'un loto truqué, sur la participation à une manifestation: que sous-entend ce décalage? des intérêts performants? des comptages maladroits?, des luttes d'influence? En tout cas rien qui parle en vérité, et donc qui informe.
Est-ce que des "préconçus" plus ou moins négociés tendent à avaliser des analyses ultérieures de "politologues subvertis" au nom du conditionnement de la populace dont je fais partie à leurs yeux?
Ou alors, est-ce que les enjeux de signification des mouvements sociaux n'ont, aux yeux des puissants, d'autres valeurs que quantitatives? Est-ce que le sens des choses se résume désormais à un poids, à une pondération numérique?
*Deuxième question: je suivais des yeux, dimanche dernier, une mésange charbonnière; un régal pour les yeux. En pleine activité de nidation et de couvée, elle rentrait toutes les dix minutes dans un trou du mur de mon jardin, là où son nid gît. Ce plaisir de la campagne, j'aimerais pouvoir le partager avec mes frères des grandes cités; or les murs de béton interdisent de tels "squatts".
Ne serait-il pas possible que les architectes, si fûtés en général, prévoient de laisser aux parois des immeubles des anfractuosités accueillantes pour nos compagnons ailés?
De la même façon, j'eus rêvé que, sur les pylones du viaduc de Millau, on installât des feutres et des ressauts propres à planter des végétaux tombants, grimpants ou seulement statiques, de manière à composer des jardins verticaux ornant cet ouvrage au demeurant sympathique au regard. Le monde est-il encore assez poète pour décliner les choses de la beauté de nature en lien avec ce qu'il est accoutumé d'appeler les "oeuvres d'art"?
*troisième question: la pub aussi bien que la "communication" sociale nous infligent le primat du "story telling"; les exemples en sont nombreux, il suffit d'écouter une radio ou une chaîne de télévision. Pour ceux qui en ignoreraient le sens, il s'agit, pour faire passer un message d'ordre politique et/ou vendeur, de raconter une historiette qui est supposée nous permettre de nous identifier à son contenu, et donc d'adhérer plus facilement à ses éléments sous-jacents.
N'y a t-il pas là une réelle menace, celle de nous conduire subrepticement, par identification simpliste à ce qu'on nous raconte, à refouler puis nier les différents temps de notre propre histoire, dans tout ce qu'elle a de complexe, d'irrésolu, là où on ne nous montre que du bon et bien traité, des solutions toutes faites ("affaire à saisir"! A acheter?)?
*quatrième question: retour sur la pub radiophonique; pas sur le contenu, sur le ton; waouh! on est passé sans transition de la gouaille abêtissante au débit frénétique de donzelles apparemment animées de modulations à mi-chemin entre celles de l'institutrice caricaturale et celle de la dominante SM.
Or je ne peux me départir, à cet égard, de la similitude avec un autre champ de discours, un autre personnage qui, toujours, semble vouloir nous faire saisir notre indigence mentale et, par suite, nous faire la leçon plutôt que de nous informer: y aurait-il un rapport? Est ce que tout ce qui est nommé "la comm." ne vise qu'à écraser le sens au profit d'injections prescrites de messages "uniques et éternels"? J'en appellerais bien à Georges Orwell, pour éviter de me référer à Goebels; et vous?