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Billet de blog 18 nov. 2010

SARKOME ET VIEUX CANCERS

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Le titre est une "dame blanche", pour attirer l'attention. Je ne m'en cache pas, je prends pour la première et dernière fois la posture bien connue des utilisateurs de ce site, l'occupation du terrain, sans le moindre respect pour les autres qui n'ont, évidemment, pas des choses aussi intéressantes à dire.

Première remarque: quand des gens jettent sur le blog dix articles par jour, ils savent, ou ne savent pas, les pauvres innocents, qu'ils cassent le fil de tant de gens qui ont, c'est indubitable, des choses à dire; des choses poétiques, des choses décalées, des choses "à contre-courant", des choses "naïves". Pour moi c'est au minimum dégueulasse, au pire une méthode fasciste de claquer la tronche à des gens intéressants mais qui ne pensent pas comme ces "bons-penseurs".

Deuxième remarque: parler avec la rédaction, et avec Plénel en particulier, est un art sophistiqué auquel je ne suis jamais parvenu à accéder. Je pense, en particulier, à une proposition faite il y a des mois, d'axer la politique éditoriale vers le soutien du seul pouvoir qui, par ses marges, reste libre, celui de la justice.

Troisième remarque: la notion de participativité n'est pas ici très cohérente, tant la force d' attraction d'images cardinales agit sur le choix des lecteurs, des lectures et des commentaires. J'ai, pour moi-même, constaté à quel point le signataire, au bout d'un moment, avait plus de force que l'hypothétique contenu d'un billet.

Quatrième remarque: l'"aguichance des signifiants-titres" réduit ce media inédit au stade peu glorieux de promotion de l'avidité la plus basale; dites "Sarkozi, Bettencourt, Israël, retraites, Karachi, et vous êtes lus; pourquoi pas, il en faut... Il existe sur ce site tant d'autres choses, qui passent aux pertes et profit de la frénésie scripturale, que pour un rien je porterais ostensiblement le deuil de tant d'articles et de billets prometteurs et proposant sur le monde tant d'ouvertures inédites.

Cinquième remarque: il n'existe pas vraiment ici, car, il ne faut pas se le cacher, ce "monde est tout petit", une porte ouverte en grand à des multitudes de témoignages sur ce que font des gens, dans leur coin, en résistance contre l'accablement de la pensée unique, de la norme, voire des conflits finement orchestrés entre "gens du même monde" au sujet de questions qui n'intéressent qu'eux.

"Je voudrais du Fred Astaire, revoir un Latécoère..." Il y a, dieu merci, ici, des gens qui parlent d'autre chose que des sujets convenus; ils sont peu nombreux, mais, comme on dit, ce qui est rare est cher. Il y a des strates d'humour, où on a l'impression d'un espace de jeu phénoménal. Il y a, comme on dit, de l'affect qui passe, des ébauches de liens entre les scripteurs, et c'est bon. Mais si peu, à côté de tant de gens qui se prennent au sérieux, stigmatisent qui ne pense pas comme eux.

La charte n'est pas respectée, qui devrait en appeler à l'éthique du respect, de l'écoute, de la remise en question de nos positions vis à vis de l'autre qui écrit, et qui a de plein droit le bénéfice du doute, voire le droit au malentendu qui fonde nos rapports langagiers.

Pour ce qui me concerne, en sursis de désabonnement, j'aimerais témoigner que ma présence ici fut agréable et furibarde à la fois, attentive aux immenses variétés des discours et des thèmes et scandalisée par des acharnements "multicartes", rigolarde et sérieuse, en complicité avec bien des gens que j'ai appris à apprécier, même après des débuts houleux; j'ai appris ainsi le temps qu'il faut pour se parler et se comprendre par clavier interposé, ce qui devrait donner "manne céleste" aux anthropologues sur ce genre de medias.

Je suis psychiatre; non, ce n'est pas une tare, ni une raison pour me classer dans les illisibles ou ceux qui menacent votre intégrité. Je vis tous les jours avec des gens qui, catalogués fous, apportent à la grande marmite de la pensée humaine des tas de choses inédites et précieuses. La douleur d'avoir près de soi un patient schizophrène est compréhensible; pourtant cette douleur n'est faite, du moins en partie, que du fait des images que notre société en renvoie: la honte, l'échec, la peur, l'incompréhension; comme ce qu'au siècle dernier on appelait les maladies honteuses, du diabète (eh oui!) à la tuberculose, en passant par le SIDA, bien entendu, et toutes les maladies vénériennes. Je les appelle mes amis, car ils le sont, et sont aussi souvent mes enseignants, à leur psyché défendant le plus souvent.

Aucune autre cause, vu la limite de mes compétences, ne saurait justifier le jeu que j'ai voulu jouer sur ce site, même si je me suis risqué à questionner d'autres champs de notre vie sociale. Yves Gigou, Guy Baillon, Paul Machto, JoHa, Gaulthier Roux, Gillis, Antonella Santacroce, Heitor de Macedo, Sophie Dufau, et j'en passe, se sont fait ch..r à produire des articles de haut de gamme sur les problèmes liés à la maladie mentale et ce que l'Etat normatif veut en faire; les retours qu'on en a, ce sont des "bottages en touche", des "je ne suis pas spécialiste", et le lectorat "dialectorat" sur le sujet reste marginal.

Pourtant, lorsque vous débattez allègrement de tant de questions sociales et politiques, lequel d'entre vous songe à interroger la "sagesse du fou, folie du sage"?

Si j'étais compétent, je remettrais ce message, cette bouteille à la mer, en boucle; mais voilà, je ne sais pas faire; pourtant l'envie de ne pas vous laisser dormir tranquilles sur vos étroits centres d'intérêt me titille. Ch'suis comme ça, un espèce de prurit me tient, d'agacer tout ce qui forme institution fixée.

Bien à tous

JCD

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