Plis
Abonné·e de Mediapart

21 Billets

0 Édition

Billet de blog 14 juin 2021

STOP à la séquestration du corps de Lamine Bangoura

Une prise d’otage contre la dignité et la justice. Par Comité Justice Pour Lamine Bangoura.

Plis
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Lamine Bangoura a été tué par la police le 07 mai 2018. Trois ans plus tard, Lamine n’a toujours pas été enterré. Son corps est toujours détenu dans un frigo d’une entreprise de pompes funèbres située dans la commune de Molenbeek, à Bruxelles. Trois ans plus tard, sa famille n’a toujours pas pu effectuer son deuil.

Le sort réservé au corps de Lamine Bangoura n’est pas une suite malheureuse survenant inopinément à la suite de son meurtre. La séquestration du corps de Lamine témoigne de la déshumanisation du sujet noir jusque dans l’après-la-mort. Ce texte nous enjoint urgemment, toutes et tous, à revendiquer la libération du corps de Lamine. Pour rendre compte des responsabilités institutionnelles et privées dans cette prise d’otage post mortem, le texte retrace les différents actes ayant fait et continuant à faire entrave à cette libération ; actes constitutifs d’un recel institutionnel. Ce type d’actes a ses acteurs : des policiers à une entreprise bien connue de pompes funèbres de Molenbeek, en passant par des juges, magistrats et procureurs. 

Ce texte est un cri et un appel à ce que cette injustice inique cesse !

Voici la chronologie d’une séquestration continuée.

Premier acte. Mettre la famille à distance (policière) du corps.

Après la mort de Lamine, la famille Bangoura n’a jamais pu voir son corps entièrement. Le corps de Lamine est à l’hôpital, à Bruges. Père, mère, frères, sœurs s’y rendent une première fois : le corps de Lamine est dans un sac. Ils n’en voient que le visage. Des égratignures sur le front, le menton, un peu partout. Du sang coule. Une larme est encore visible. La famille est interdite de toucher le corps. Elle ne peut ni l’embrasser, ni le laver, ni l’habiller comme il se doit en pareille circonstance. Aux dires du responsable des pompes funèbres, quelques ablutions ont été effectuées. Mais quoi qu’il en soit le corps de Lamine est dans un sac, sous scellés. Lamine est toujours vêtu du même short qu’il portait le jour où les policiers se sont rendus à son domicile et qu’ils l’ont tué.  Sur la route pour se rendre à l’hôpital, la famille reçoit un coup de téléphone de la police. Celle-ci cherche à se renseigner sur leur nombre. Combien de personnes viendront se recueillir auprès de Lamine ? Ce jour-là, l’encadrement policier n’est présent, à l’hôpital, que pour tenter d’annihiler les forces de cette famille. Et pour ce faire, ils usent de la même négrophobie que celle qui a tué Lamine :  lorsque Jean-Pierre Bangoura, le père de Lamine, signale à un des policiers en civil présent à l’hôpital qu’il ira se renseigner auprès des voisins de Lamine pour savoir ce qu’il s’est réellement passé le matin du 07 mai 2018, le policier lui répond « On n’est pas en Afrique ici ! ».

Tenir la famille à distance semble faire partie d’un dispositif plus large mis en place pour organiser la confiscation étatique du corps de Lamine. Comment peut-on comprendre autrement que des policiers en uniforme demandent à une mère qui vient de perdre son fils dans des conditions effroyables, de décliner sa pièce d’identité pour voir son fils, cela dans l’enceinte même de l’hôpital ? Lors de la deuxième visite à l’hôpital, la sœur et la mère de Lamine n’ont pas vu la dépouille de Lamine. Elles refusent de céder à l’injonction indigne d’avoir à décliner carte d’identité et âge pour voir leur frère, leur fils. Ce deuxième jour, le service des pompes funèbres est présent pour récupérer le corps. La famille est sommée de quitter les lieux. Par contre, face au corps mort de Lamine, le dispositif policier est, lui, massif. Les policiers sont présents en nombre. L’entrepreneur des pompes funèbres nous confiera lui-même que c’est du jamais vu,  il n’a jamais vu autant de policiers entourant le corps d’un défunt. C’est escorté par la police que le corps de Lamine est rapatrié à Bruxelles, dans un funérarium molenbeekois. Même mort, Lamine semble continuer de représenter un danger. Il s’agit de séparer son corps-défunt de tout ce qu’il le rattache au vivant, de le renvoyer à la mort-macabre, à la mort-crue. La subtilisation du corps de Lamine Bangoura ressemble étrangement à la dissolution du corps de Patrice Lumumba, en 1962, dans de l’acide ; deux corps morts qui, pour l’establishment, représentent encore des dangers. 

Deuxième acte. Empêcher que le corps n’échappe à la Justice blanche

Le lendemain du rapatriement, la famille Bangoura se rend au funérarium dans l’espoir de pouvoir se recueillir auprès du défunt. La réponse du responsable de la société des pompes funèbres est lourde de sens : « Je ne veux pas vous voir chez moi, moi », « C’est moi qui vais venir chez vous », « Je ne veux pas avoir de problèmes avec la police ». Semble s’exercer dans cette séquence, une pression juridico-policière contre la société des pompes funèbres pour qu’elle agisse en agent de l’Etat. Il lui est demandé d’enterrer Lamine sans que la famille n’ait pu voir le corps.

Le 15 mai 2018, la famille reçoit un courrier du juge d’instruction lui refusant le droit d’enterrer le corps de Lamine Bangoura en Guinée, comme souhaité. Motif : la loi prévoit que tant qu’une procédure n’est pas terminée, le corps du défunt doit rester sur le territoire belge. « Cela s’applique à toutes les familles dans cette situation » : c’est la réponse d’Unia à qui s’était adressée la famille pour interroger une éventuelle décision discriminatoire à leur encontre.  Or, nous savons aujourd’hui qu’il n’en a pas été ainsi pour Ilyes Abeddou enterré en Algérie, un autre cas de mort suspect survenue dans un commissariat bruxellois pour lequel l’instruction est toujours en cours !

L’interdiction d’une inhumation en Guinée éclaire en fait les contours d’un dispositif de mainmise judiciaire sur le corps de Lamine. En Guinée, la famille Bangoura pouvaient reprendre possession des rites funéraires qui lui auraient permis d’enterrer Lamine dans des conditions dignes. Pour leur en empêcher, des blocages judiciaires opèrent, leur confisquent le corps, pour tenter ainsi d’enterrer le crime en Belgique.  Après le refus d’inhumation en Guinée, les entraves se poursuivent. 

Le responsable du service des pompes funèbres reçoit, lui, à plusieurs reprises des appels téléphoniques de la police s’enquérant de savoir si le corps de Lamine a bien été enterré. Non ! La famille Bangoura refuse. Ils n’ont pas reçu les résultats de l’autopsie. Il aura fallu huit mois pour les recevoir les résultats de l’autopsie. Un temps anormalement long ! A cet agent de l’Etat, il est donc demandé d’enterrer Lamine précipitamment sans que la famille n’ait vu le corps dans son cercueil et sans qu’elle n’ait pu prendre connaissance des résultats de l’autopsie. Dans ces conditions, la famille ne peut dignement pas procéder à l’inhumation de leur fils.

Troisième acte. Créer les conditions d’un endettement

Il faudra également interroger le rôle des CPAS de Roulers et de Willebroek dans les rouages institutionnels qui ont contribué au maintien du corps de Lamine à la morgue. La famille Bangoura a introduit une demande d’aide financière à la sécurité sociale pour les frais de morgue.  Les CPAS se renvoient la balle. Le CPAS de Roulers (commune de domicile Lamine) au CPAS de Willebroek (commune de domiciliation des parents). En décembre 2018, il est question que le CPAS de Willebroek intervienne dans la totalité des frais de funérarium. Il faudra attendre quasiment trois mois, jusque fin février, pour apprendre que finalement le CPAS de Willebroek refuse d’intervenir dans les frais de morgue. Seul élément de contenu dans la lettre de refus : la famille peut toujours, si elle le souhaite, introduire un recours !

Pas de réponse donc à la question du « pourquoi » les services du CPAS refusent d’intervenir dans les frais de morgue. A cette question s’ajoute l’étonnement face à la durée particulièrement longue pour obtenir coordination et réponse de la part de ces deux services. Durant ce laps de temps, les frais de morgue, conséquences du refus d’enterrement, de la possibilité de laisser voir le corps, de recevoir les résultats d’autopsie, augmentent quotidiennement à raison de 25 euros/jour. Cette situation, conséquence directe de l’impunité judicaire de ce crime policier, met la famille Bangoura en situation d’endettement, renforçant une spirale de dettes autour du corps de Lamine.

Quatrième acte. Entretenir la dette

De refus en refus, la facture du service des pompes funèbres s’élève, dans le courant de l’année 2019 à plus ou moins 8000 euros. La famille a réuni un tiers de la somme. Néanmoins, pour le solde, les pompes funèbres de Molenbeek exigent un paiement par tranches que la famille, financièrement, ne peut pas se permettre. Du reste, l’ancien avocat de la famille Bangoura va jouer un rôle de dissuasion éminemment suspect : celui-ci enjoint la famille Bangoura à ne pas payer cette facture. « Ce n’est pas à vous de payer cette facture », dit-il. L’avocat agite un risque (obligation d’avoir à prendre en charge toutes les dettes de Lamine) dont il n’a pas mesuré l’étendue réelle : « Si vous payez cette facture, juridiquement, cela signifie que vous acceptez l’héritage de Lamine et devrez alors prendre en charge toutes ses dettes ». Il adresse un courrier à l’administrateur des pompes funèbres pour lui demander de ne plus prendre contact avec la famille (menace de l’attaquer en justice). Mais pendant ce temps, les coûts de conservation du corps augmentent, ce qui constitue alors la principale dette de Lamine. L’avocat était engagé dans une autre idée de négociation : la séquence d’un chantage sur la libération corps contre l’abandon de la procédure en justice.  

Cinquième acte. Le corps-otage contre l’exigence de Justice

Quelques mois plus tard, juin 2019, ce même avocat leur annonce une bonne nouvelle : « des médiateurs vont se réunir avec vous et avec la police pour convenir des modalités de paiement des frais de funérarium ». Deux séances de médiation, l’une à Courtrai, l’autre à Malines, ont lieu. Y étaient présents la famille Bangoura, deux médiateurs et des agents judiciaires. Le dispositif mis en place semble vouloir la rencontre entre les deux parties afin d’évaluer les dommages subis et de convenir d’une indemnisation. Cette proposition, brandie comme une promesse par l’avocat, vient alors créer l’illusion que les policiers engagent leur responsabilité dans la mort de Lamine :  concernant les frais de stockage du corps, les policiers prendraient en charge les frais de morgue à partir du décès de Lamine jusqu’à la clôture du dossier tandis que la famille Bangoura paierait le reste (frais de stockage). De leur côté, les CPAS de Roulers et de Willebroek sont d’accord de couvrir les frais de funérailles à condition que Lamine soit enterré sur l’un des territoires des communes que couvrent ces deux services sociaux.       

Ce qui semble s’être joué dans le cadre de cette étrange « médiation » a tout du chantage, d’une tentative d’arrangement à l’amiable :  un arrangement destiné à éviter la médiatisation de l’affaire et à éviter le renvoi des policiers en correctionnelle. Fort heureusement, la famille Bangoura a contesté la validité de ce dispositif notamment parce que, à aucun moment, les huit policiers impliqués dans la mort de Lamine ne se sont présentés en personne lors des séances de médiation devant la famille. La poursuite du combat judiciaire a mis fin à la médiation et tentative d’enfouissement des actes meurtriers des policiers.

Cela fait deux ans, à ce moment-là, que le corps de Lamine n’est toujours pas enterré. La facture s’élève, en juin 2020, à déjà 20.000 euros. L’interdiction de laisser voir le corps, d’enterrer Lamine en Guinée, vouloir que Lamine soit enterré sans que la famille n’ait pris connaissance des résultats de l’autopsie, l’absence d’aide financière des CPAS et ce qui semble avoir constitué un chantage judicaire pour éviter une procédure d’appel  font qu’il est clair que cette dette est à la fois illégitime et odieuse: cette somme mirobolante est une fiction édifiée par les coups de pression judiciaires pour empêcher de faire remonter les actes policiers jusqu’au tribunal correctionnel. Le montant démesuré de cette dette qui s’auto-alimente sans fin semble en effet avoir pour objet de créer la sidération et de faire en sorte que les efforts de la famille de Lamine soient concentrés sur la recherche d’une solution et d’empêcher la recherche de la vérité autour des circonstance de la mort de Lamine.

Sixième acte. La séquestration par les pompes funèbres. Le rôle de la négrophobie ordinaire.

Aujourd’hui, trois ans après la mort de Lamine, le montant pour récupérer le corps de Lamine a dépassé le seuil des 30.000 euros. Les pompes funèbres n’en démordent pas : cette somme est, disent-elles, effectivement, due par la famille.  La famille Bangoura a pourtant fini par devoir renoncer aux droits de succession, ce qui signifie, pour les membres de la famille Bangoura, qu’ils ne sont plus les héritiers légaux de Lamine. Dès lors, ils ne sont plus redevables des 30.000 euros (une somme qui, juridiquement, appartient au défunt). Néanmoins l’administrateur des pompes funèbres refuse de se retourner vers l’Etat, seule instance, à laquelle il est en droit aujourd’hui de réclamer ce « dû ».

 ***

Maillon fragile et instrumentalisé d’un rouage négrophobe, celui du meurtre et de son blanchiment, le responsable de l’entreprise des pompes funèbres en fait pourtant pleinement partie. En tant qu’homme de main placé en bout de chaine d’une machine négrophobe, menacé et mis sous pression par des agents de l’Etat, mais aussi sous l’appât du gain, il lui est devenu impossible, semble-t-il, de ne pas réclamer une somme mirobolante et de l’attribuer à la famille. Pour ce faire, il s’appuie, in fine, sur ce qu’il connaissait sans doute déjà, de la négrophobie pulsionnelle. Les propos de cet homme sont infâmes et intensément injurieux, ils prolongent la négrophobie que les instances judiciaires exhalent dans leur non-lieu, leurs demi-mots, et leur silence. Plutôt que de se tourner vers l’Etat comme le lui a conseillé le nouvel avocat de la famille Bangoura, pour récupérer ses 30.000 euros, voilà que de cet homme de main déborde toute la négrophobie dont l’étendue semble sans limite. Selon ses dires : « La famille Bangoura a abandonné son fils à la morgue, ils ne veulent pas l’enterrer, ils essaient de se faire de l’argent, ils ont attendu de recevoir un dédommagement de la police. » Voilà les arguments du litige aujourd’hui ! Sur une dette illégitime produite comme une arme de destruction des capacités d’action juridique de la famille Bangoura ! Et c’est pour cela que les pompes funèbres se sentent le droit de séquestrer le corps de Lamine, malgré les démarches entreprises et les mises en demeure envoyées.

Stop à la séquestration de Lamine Bangoura !

Soutenir la famille Bangoura dans sa lutte pour la dignité, c’est faire en sorte que les funérailles de Lamine aient LIEU, afin qu’il repose en paix et de tenter de conjurer l’effet des non-lieux. Ces démarches sont juridiques, politiques et organisationnelles. La famille a toujours besoin de votre soutien.

Comité Justice Pour Lamine Bangoura.

N'oublions donc pas la collecte de fonds organisée par Justice Pour Lamine Bangoura pour soutenir la famille de Lamine Bangoura dans ses exigences de justice :

https://www.paypal.com/paypalme/JusticeForLamineBang

Famille Lamine Bangoura

BE76 0004 6033 2795

Bienvenue dans le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte

À la Une de Mediapart

Journal — Corruption
Le fils du président du Congo est soupçonné d’avoir blanchi 19 millions d’euros en France
La justice anticorruption a saisi au début de l’été, à Neuilly-sur-Seine, un hôtel particulier suspecté d’appartenir à Denis Christel Sassou Nguesso, ministre et fils du président autocrate du Congo-Brazzaville. Pour justifier cet acte, les juges ont rédigé une ordonnance pénale, dont Mediapart a pris connaissance, qui détaille des années d’enquête sur un vertigineux train de vie.
par Fabrice Arfi
Journal
L’affaire des « biens mal acquis »
Les Bongo au Gabon, les Sassou Nguesso au Congo-Brazzaville, les Obiang en Guinée équatoriale... Depuis 2007, la police et la justice enquêtent sur le patrimoine faramineux en France des familles de trois clans présidentiels africains qui règnent sans partage sur leur pays.
par La rédaction de Mediapart
Journal — Écologie
« L’urbanisation est un facteur aggravant des mégafeux en Gironde »
Si les dérèglements climatiques ont attisé les grands incendies qui ravagent les forêts des Landes cet été, l’urbanisation croissante de cette région de plus en plus attractive contribue aussi à l’intensification des mégafeux, alerte Christine Bouisset, géographe au CNRS.
par Mickaël Correia
Journal
En Inde, après l’attaque contre Rushdie, le silence éloquent des politiques
« Les Versets sataniques » ont été interdits en Inde, son pays natal, en 1988. Un an avant la fatwa prononcé par l’Iran contre Salman Rushdie, qui allait faire de sa vie un enfer. Son agression aux États-Unis en fin de semaine dernière n’a suscité aucune réaction officielle, dans un pays où les condamnations au nom du respect des croyants hindous se multiplient.
par Côme Bastin

La sélection du Club

Billet d’édition
Besoins, désirs, domination
[Rediffusion] Qu'arrive-t-il aux besoins des êtres humains sous le capitalisme ? Alors que la doxa libérale naturalise les besoins existants en en faisant des propriétés de la «nature humaine», nous sommes aujourd'hui forcé·es, à l'heure des urgences écologique, sociale et démocratique, à chercher à dévoiler et donc politiser leur construction sociale.
par Dimitris Fasfalis
Billet de blog
De quoi avons-nous vraiment besoin ?
[Rediffusion] Le choix de redéfinir collectivement ce dont nous avons besoin doit être au centre des débats à venir si l'on veut réussir la bifurcation sociale et écologique de nos sociétés, ce qui est à la fois urgent et incontournable.
par Eric Berr
Billet de blog
La sobriété, c'est maintenant ou jamais
Le bras de fer en cours avec la Russie autour des énergies fossiles est l’occasion d’entrer de plain-pied dans l’ère de la sobriété énergétique. Pourtant, nos gouvernants semblent lorgner vers une autre voie : celle qui consiste simplement à changer de fournisseur, au risque de perdre toute crédibilité morale et de manquer une occasion historique en faveur du climat.
par Sylvain BERMOND
Billet de blog
Réflexions sur le manque (1) : De la rareté sur mesure
Pour que l’exigence de qualité et de singularité de l’individu contemporain puisse être conciliée avec ses appropriations massives, il faut que soit introduit un niveau de difficulté supplémentaire. La résistance nourrit et relance l’intérêt porté au processus global. Pour tirer le meilleur parti de ces mécanismes psycho-comportementaux, nos sociétés "gamifiées" créent de la rareté sur mesure.
par clemence.kerdaffrec@gmail.com