Encore un petit tour

Quelle bonne surprise de trouver ce matin dans ma boîte à lettres en me levant vers 14h, un magnifique tract de l’UMP.  J’en ai les yeux qui pétillent, empressé de découvrir les nouvelles frasques de ce cher « mouvement populaire », je déplie le torchon sans vraiment regarder la 1ere page. J'y reviens :  encore une tête de député dégarni que je me dis. Mais non !  Que vois-je ? La trogne de mon cher Président. Ça y est, aurait-il dévoilé son vrai visage ? Aurait-il enfin retourné sa veste officiellement ? Ou plutôt révélé enfin qui il est vraiment à ceux qui, encore, lui ont fait confiance. Mais non, même pas. Comme d’habitude, rien d’intéressant. François ne fait décidément jamais rien dans le bon sens. Et c’est avec une gueule dépitée sous la pluie, grâce à un grossier montage soit dit en passant, que le président apparaît : « L’échec » écrit aussi gros que possible entre les deux épaules.

Mais François n’a pas peur de la pluie. C’est le capitaine de notre bateau, et que ça tangue, et que ça prend l’eau. François, lui, il va tout droit. Du moins c’est ce qu’il croit. Car François se fait balader de courant en courant, de tempête en tempête. Un naufrage ? Aucun risque. La terre est bien loin. Le matelot que je suis le sait bien. Mais le capitaine décide et François va tout droit. Tandis que les politicards véreux du mouvement populaire lui jettent des  pierres, nous, on continue de ramer d’un seul côté. Les riches en cabine, les pauvres en cabane. Pourquoi voudriez-vous que ça change ? François est sur le pont. Sarko prend le soleil. Marine est aux tambours, Mélenchon aux fers. Et pendant que les fonctionnaires nettoient le pont, BHL pisse par terre.

Et moi j'observe en riant, parfois, tristement. J'me dis qu'j'sais où elle est, la terre. Que j’ai mal d’un côté à force de tourner en rond.

Que je volerais bien un canot, pour laisser ma volonté ramer. En espérant rallier la terre ou alors toucher le fond.

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