Hunter S. Thompson

San Francisco au milieu des années 60 était un espace-temps très particulier où se trouver. Mais aucune explication, aucun mélange de mots, de musique ou de souvenirs, ne peut restituer la sensation de se savoir là et vivant, dans ce coin du temps et de l'univers. Quoique ça veuille dire.

Il y avait de la folie partout à tout heure. On pouvait faire naître une étincelle n'importe où. Il y avait un sentiment universel et fantastique, que tout ce qu'on faisait était bien, qu'on allait gagner. Je crois que c'était ça le moteur. Ce sentiment de la victoire inévitable sur la vieillesse et le mal. Pas dans un sens mesquin ou militaire ; nous n'en avions pas besoin. Notre énergie allait simplement l'emporter. On avait toute l'impulsion. On chevauchait la crête d'une vague haute et magnifique.

Et maintenant, moins de 5 ans après, du haut d'une colline de Las Vegas, en fixant l'Ouest avec la vision qu'il convient, vous voyez la ligne de marée haute. L'endroit où la vague finit par se briser et se retirer.

Hunter S. Thompson, Las Vegas Parano

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.