Paris, la rue nous appartient

Voilà l’horreur au pas de nos portes. Voilà la guerre qui nous guettait. Voilà la pire violence de l’humanité. Les rues de Paris sont tachés du sang de nos frères, tombés inutilement, à cause d’une guerre à laquelle ils n’ont jamais voulu prendre part. Ils étaient l’insouciance de Paris, ils étaient l’innocence de Paris, ils étaient l'humanité. Ils sont maintenant martyrs involontaire, symbole d’une pensée universelle, détenteur d’une vérité, qu’aucun acte barbare ne saurait assombrir, une vérité absolue qui s’imposera malgré tout.

Cette vérité qui m’anime, aujourd’hui plus que jamais, est pourtant simple et évidente. Nous sommes tous humains, nous sommes tous frères, et c’est ensemble que nous vivrons le mieux. Que chacun de nous a le droit d’exister, de vivre et de penser. Cette vérité, la nature nous l’a imposé. Et aucun voile obscurantiste ne saurait la masqué. Car après la souffrance, la douleur, la joie et le bonheur, après la vie, après la mort, vient l’absolu vérité : nous ne sommes que des Hommes.

La rue. Notre vie s’y trouve et certains y vivent. Ces rues, jonchés de cadavres, immaculés par le sang des nôtres et de nos ennemis. Ce n’est pas la première fois que la ville de Paris se voit théâtre de scènes d’horreurs surréalistes. La dernière guerre n’est pas si loin et la prochaine peut être pire. Mais quoiqu’il en coûte ce sont dans ces rues que les batailles se sont gagnées ou perdues. Ce sont dans ces rues que nous avons obtenu cette démocratie qui nous est chère. Dans ces rues que nous imposions nos droits élémentaires, défendant corps et âme les droits de l’Homme. Dans ces rues que nous avons renversé, rois, tyrans et oppresseurs. Dans ces rues nous avons affronté nos dirigeants et ce encore aujourd’hui, pour défendre nos droits, nos principes, notre philosophie. Dans ces rues nous avons tout fait. Dans ces rues nous avons changé le monde.

Aujourd’hui la rue nous appartient. La rue m’appartient, et malgré l’angoisse, malgré la douleur jamais on ne m'enlèvera le bonheur de les arpenter. Jamais vous ne m’enlèverez la rage de les défendre.

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