Attention danger !!! idéologie glissante

Comparaison n’est pas raison certes; La naissance et l’évolution d’une idéologie ne sont sans doute pas comparables avec d'autres ayant déjà existées et évoluées dans un contexte différent. Pourtant nous assistons à une radicalisation systémique qui pourrait conduire à un fanatisme puis basculer dans un extrémisme. Le danger n'est pas toujours à l'extérieur...

rien.gifLa naissance et l’évolution d’une idéologie ne sont sans doute pas comparables avec d'autres ayant déjà existées et évoluées dans un contexte différent. Nous nous focalisons et on nous focalise sur des dangers venant de l'extérieur, mais à bien y réfléchir...et à y regarder à deux fois. 

Pourtant nous assistons à une radicalisation qui pourrait conduire à un fanatisme puis basculer dans un extrémisme. Si le fanatisme libéral devenait extrémiste, il se pourrait bien, à terme créer une jonction, un lien historique avec une autre doctrine dans un processus de pensées théorisées et appliquées.

La logique de la doctrine hitlérienne considérait comme "normal" le système de la solution finale des camps de concentration et d’extermination car, pour les théoriciens, dans le contexte qu’ils avaient bâti, existaient deux catégories d’êtres humains : Ceux qui devaient être asservis, dominés, humiliés, torturés et éliminés parce que de naissance et par comportement, ils étaient assimilés comme "inférieurs". Ceux qui devaient être les guides d’un nouveau monde, les dominants, les maîtres absolus régnant de fait sur le troupeau de l’ancien monde.

Ce groupe dominant avait "bonne conscience" de ses actes car il appartenait à un univers en mutation, univers isolé, imperméable et parallèle au monde antique. 
La logique d’un système conduit ainsi, par glissements successifs à modifier les valeurs, à annihiler les sentiments, le libre arbitre, pour en arriver à justifier, voire à légitimer des solutions "intermédiaires" acceptables. Progressivement, un jour, elles deviennent, elles font partie de la conscience individuelle. Une conscience devenue totalement insensible aux valeurs humaines de type humaniste, à la souffrance d’autrui, à la simple pitié, à la personne humaine.

L’homme est chosifié, devient une énergie consommable, une marchandise, un objet utile ou inutile que l’on exploite, que l’on exclue, que l’on rejette et dont, en fin de compte on cherche à se débarrasser après l’avoir évacuer de la perception de sa conscience, sans autre forme de procès.

Cela sans scrupules, sans remords, parce que c’est "logique" dans un contexte donné, admis dans un système, dans un système admis. Cela parce qu’il y a eu "évolution" d’une autre forme de normalité et qu’elle a généré des valeurs qui sont devenues fondements moraux d’individus, de groupes de personnes à l’intérieur d’une société fabriquée sur mesure. 
C’est l’émergence d’un nouveau socle, d’un référentiel fondu dans l’inconscient collectif. 
Dans ces conditions, les notions traditionnelles du bien et du mal sont bien dérisoires, aléatoires face au glissement de terrain idéologique d’un tel phénomène psychosociologique. Le danger est à ce point gravissime, quand toute bonne foi, toute une partie de population perd le sens des réalités de valeurs universelles que des siècles avait patiemment forgées. 
Si aujourd’hui il existe encore des normes au-delà desquelles le basculement social est pathologique, qu’en sera t-il demain si l’édifice de la normalité se délite et finit par s’inverser ? Je n’ose penser que ce scénario puisse devenir notre quotidien dans un avenir bien trop proche à mon goût.

PS/ A lire : Auschwitz ou l’histoire d’une solution finale. Éditions Albin Michel

Écrit Originellement à Montreuil le 21 mars 1998

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.